La hache

En admettant donc que le Tout soit Un, un être étant tout, il est obligé qu’il soit aussi en ses parties, qu’il ne soit pas séparé des êtres qui le compose.

Or, nous dans nos pensées, nos perceptions, notre existence, tout nous indique que nous sommes séparés du Tout, disons, relativement. Ce qui est un paradoxe apparent et contraire à ce que nous affirmions au préalable. C’est pourtant bien réel, cette coupure, au moins dans notre conscience.

Ce Tout, s’il n’est en rien séparé des êtres peut tout de même s’en séparer, mais pas de façon gratuite, pas par absurdité, ou par jeu, ce qui serait pour un « bon dieu » quelque peu mauvais ou radicalement hasardeux. Non, s’il se sépare d’une part de lui-même, on peut parier que c’est en vue de quelque chose de précis, comme sont précises toutes les minuteries de cette machine. S’en séparer parce que cela le ferait mourir, ou parce que des êtres s’affirmant en ont décidé ainsi, allez savoir… ou afin de mettre au monde d’autres êtres étant semblables à cette totalité consciente.  Ce qui ressemble bigrement aux hommes.

D’ailleurs cette idée de séparation, correspond à ce qui décompose les mondes et les objets du mondes et les rend vivants. Pas de Vie sans Mort.

Il n’en reste pas moins que Nous jouons un jeu plutôt trouble dans cet acharnement à faire mal. Tyrans, dictatures, tortures,  condamnations à mort, tous ces arsenaux dédiés à la mort, et à la souffrance comme si nous allions pouvoir nous réparer en nous blessant.

La Nature intacte dans son innocence et sa pureté, est immortelle même si elle emprunte des transformations qui sont négatives à nos yeux. Elle ne fait qu’obéir, sans pouvoir jamais rien transgresser de ce qu’elle est, essentiellement. 

La Nature est forcément reliée à ce qui l’a fait naître. C’est sa définition.

Mais nous (je me répète) dans nos actes nous la hachons. Un corps chimique artificiel impossible à décomposer ou alors dans des temps et conditions très éloignés des formes vivantes est un corps séparé des plans originaux, d’où le mal qu’il comporte. Il est inapproprié à la Terre.

 

Ordre intérieur

Stupéfiante vie, toujours surprenante. On reste interdit, pour peu qu’on s’y penche et qu’on ne se cramponne pas à l’apparence.

Admettons que Tout soit Dieu, et que Dieu soit en toute chose, habitant tout être. Cela nous laisse forcément perplexe, du fait évident de la contradiction qu’il y a entre le silence et le bruit, la présence et l’absence. Disons pour faire simple, qu’il y aurait Dieu et que nous ne le verrions pas ? Que nous serions inclus dans son corps comme l’enfant dans le ventre de sa mère ? et que nous n’aurions pas conscience de sa présence mais uniquement la notre et encore remplie de doute, fuyante, nous échappant, inconnu à nous-mêmes.

Étonnant donc, ce fait d’être une partie autre d’un tout qui en principe est identique à lui-même, qui serait Un puisque Tout par définition. De là, il est possible de dire que Dieu n’est pas Tout, puisqu’il ne m’apparaît pas.

Il est probable que cela fait partie du Jeu ce Dieu caché. Dieu voilé. Que vaudrait notre existence, si nous n’avions pas dans l’état où nous nous trouvons, à partir, voyager, chercher, nous enquérir de Tout ? Il est patent que nous ne sommes dans cet instant qu’une infime partie des événements du monde, ne pesant rien, mais paradoxalement nous sommes aussi toujours au bord de saisir et comprendre cette totalité, du moins y aspirant, chacun suivant sa voie.
Au fond, est-ce bien important si nous nous sentons bien, et que ce bien est véritable ? Cela veut dire que nous ne sommes jamais loin de la vie dans ces conditions. L’important n’est peut-être pas tant Dieu que l’Homme dans son déroulement.

En sens inverse, il apparaît que dieu est important parce qu’il est absent. Ce qui ne signifie pas qu’il n’est pas, mais qu’il s’est absenté en quelque sorte, nous laissant Tout. Nous ne pouvons du Tout éluder la question.

Cette totalité comprenant, incluant bien des difficultés afin d’en sortir selon nos propres ressources, nos seuls efforts. Certains diront afin de lutter contre la dégradation, la lente décomposition des corps, l’usure des choses, et au fond contre la mort.

Ici surgissent ces idées de progrès, d’avancées, de constructions qui s’imposent. Curieusement ces progrès sont toujours projetés à l’extérieur et très peu à l’intérieur. L’intérieur, la psyché restant vraiment très en friche et très chaotique dans une immense majorité des cas,  sans exception même, nous n’y coupons pas.

Comme si nous ne nous connaissions pas. Sauf dans ces moments de grâce où cette Lumière intérieure apparaît. Rendant tout limpide et tout ordonné.

Des magies noires et blanches

Un poulpe arrive à se transformer, à un mimétisme inouï. Un arbre agressé par tel insecte trouve la parade, de même que l’insecte modifie ensuite sa stratégie. Vous connaissez les orchidées, et leurs ruse pour se faire polliniser par tel bourdon. Les exemples de la vie miraculeuse ne manquent pas. Grande magicienne.

Et puis il y a les hommes et leurs histoires ; les empires et leurs seigneurs qui se croient maîtres des poulaillers et des événements, qui croient faire l’Histoire mais ignorent qu’elles se font malgré eux.

De même que la Nature, l’adaptation, l’évolution, cela ne marche pas sans Agent extérieur, qui n’a de cesse de nous envoyer des signaux. Clins d’œil à tous les coins de rue, imperceptibles,  fugitifs, juste ce qu’il faut pour nous rappeler sa présence.

De même que l’évolution nous dessine de l’homme ou de l’homme secret, ou que les desseins de l’évolution arrivent à l’Homme pour les hommes pour leur propre évolution ou pour sa chute. Il ne peut y avoir évolution s’il n’y a pas eu chute.
L’homme n’est probablement pas la seule forme possible d’Être conscient.

Quelle importance puisqu’il s’agit pour l’heure de notre existence, de notre édification ?

Nous passons tellement de temps et d’énergie à perdre notre temps dans des choses vaines et insensées, dans des esclavages et des tortures infligés, signe du mauvais cœur, ou de la perdition.

Nous aurions égaré le centre des choses.  Le cœur en tant que centre. Plus qu’une part affective, donc. Mais bafouer cette part, rend la chose impossible et infernale.

Évidemment tout cela est très périlleux.

De la haine et l’innocence

Pour pouvoir quelque chose contre la haine, encore faudrait-il savoir d’où elle vient.
Qui peut se prévaloir d’Amour pur ? Des gens assis confortablement, bercés depuis leur enfance dans des langes doux, écoutés, choyés, caressés et dispensés de peine. Vivant dans cet amour et ayant cette chance, il semble juste qu’il cherchent à se prémunir des violences du monde, et des hostilités. Repliés dans leur communauté et leur mémoire blessée, victimes certainement, et certainement pas innocents.

Personne n’étant innocent. Mais celui qui est informé et par peur se cloisonne et ne cesse de rejeter les autres, étrangers, différents, n’œuvrant que pour ceux de sa caste, ceux qu’il reconnaît comme étant digne et les autres indignes, comme dans tous ces mouvements sectaires, fait-il bien ?

Qu’est-ce que bien faire ? Comment pourrions-nous bien faire sans connaissance de notre propre culpabilité, comme un manque de reconnaissance de l’autre ? plus que de compassion, plus que de sentiment.

Il manque tellement d’écoute, d’échange, de compréhension effectives,  de considération d’un Bien commun qui nous transcende et nous donne a vivre précisément bien.

Voyez, le mal, c’est dès lors qu’on sait le mal, et qu’on n’y fait rien, et qu’on se pense au-dessus, ou sans responsabilité, ne voulant pas savoir en quoi nous aurions notre part dans ces choses et faits là. Cela revient à dire que le mal commence dès lors qu’on ne fait pas du bien à autrui et qu’on s’attribue la primeur, le mérite d’un bien.

Pris dans ces défauts de morale les existences ne peuvent que s’abîmer. Alors que la vie est Merveille, une part des hommes en est privée, tenue à l’écart, réduite à des esclavages et des conditions de chien.

La vie, la merveille serait que les actes prennent du sens, que chaque homme puisse vivre en connaissance, non pas du bien et du mal, mais des profondeurs des choses allant dans tous les horizons, toutes les directions qui sont limites, comme une exploration, un voyage, des découvertes du corps, des temps, des espaces, des images à créer, et que chacun puisse y évoluer, au lieu d’être muré dans cette mort infernale, génératrice de tous les ressentiments.

L’important de nos jours n’est pas là. Il est dans la pérennité des êtres vivants sur terre et de la relation que nous allons entretenir avec nos Origines. Avec le Verbe Originel.

Jeu X

Jeux inconnus, jeux dangereux de tout ce qui arrive. Jeux de masques, de rôles et de mots, corps engagés dans des directions fausses, et des vraies, où tout se dévoile peu à peu, de nos âmes bousculées.

Nous avions eu cette chance de saisir cette chance et ces moments pour nous recréer dans nos œuvres, nos pinceaux, stylos et ciseaux, et voilà que qu’arrivent le chaos et les formes autoritaires qui brisent tout cela, au nom d’un arbitraire stupide incompréhensible, qui voudrait faire des hommes des robots, les faire avouer leurs fautes et renoncer à vivre.

Quel mensonge anime donc ces mondes où naissent des enfants sans bras, des enfants sans père ou sans mère, sans pays pour découvrir la terre. Comme si elle se disloquait.

Pourtant jamais n’eurent manqué ces être sensibles qui surent restituer des bribes de vérités et de beautés, dans leurs créations abordant tous les champs possibles du vivant pour subjuguer notre mort.

On ne donne pas assez aux pauvres gens astreints aux basses besognes, n’ayant guère de loisirs pour ressentir en eux les fleurs des émotions subtiles, des choses délicates et merveilleuses, et qui sont toujours cantonnés aux cuisines, aux combats des bas fonds qui les abrutissent, les épuisent, ou les rendent malades, et les maintiennent dans cet état de soumission.

C’est global. Ces chaînes insensées. Là où le jeu ne pourra que nous perdre tous. Que nous manque-t-il donc pour inverser le mouvement du navire en naufrage ? Peut-être rien. Peut-être faut-il laisser aller et laisser faire les choses sans y mêler nos mots, nos opinions faussées par quelques conditionnements boiteux ? incomplets, hasardeux ?

Non, je ne crois pas qu’il ne faille rien faire. Nous sommes acteurs des transformations du monde, dans nos moindres actes, humeurs, pensées, amours, dans nos peurs nos rejets et nos faiblesses, tout s’y joue, peu importe beaucoup.

Le théâtre, de quelle opération ? De l’âme thématique. des X  Y et quelques Z erratiques.

Humain déchet

On nous fit croire que le mariage allait nous unir alors qu’il ne fit que nous enfermer dans son carcan comme si l’amour se réglait sur un contrat définitif écrit quelque part. Nous ne pouvons vivre séparés individu isolé nous ne pourrions même pas exister, alors vivre, n’y pensons pas. Nous n’aurions que la mort comme consolation, ou le plaisir, fugitif et illusoire dans nos solitudes désarmées. Certains trouvent jouissance dans le crime, ils s’abreuvent d’adrénaline, qui stimulent leur ennui, d’autres dans le sexe jusqu’à plus soif, et nous sommes en masse pullulant sur cette terre bondée, jamais satisfaits des objets qui nous encombrent, de déchets qui sont produits,

et deviendrions des déchets à notre tour.

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