Oubli des fautes grammairiennes

Fragile mémoire

Fil tendu qui se brise

Et vide notre vie

Ainsi que notre vue.

Nous retombons dans le gouffre stupide de l’erreur

Précipités dans ce chaos de roches muettes

Jusqu’à perdre notre nom.

Pourtant vous saviez

Vous aviez le temps d’entendre les oiseaux qui enchantaient vos désirs

Bercés par la flamme douce sur ces îles tranquilles.

Mémoire et innocence sont liées.

Mots inutiles dès lors que disparaît la lumière de tes yeux.

De l’Un à deux

Je songeais à l’homme et à la femme, à leur union. Je me disais que l’homme et la femme sont très étrangers en fait. Je les voyais comme étant deux voies séparées et respectives d’un même être, deux voies qui ne se fondent pas en un seul corps dans ces deux corps, mais deux voies qui cherchent et trouvent peut-être un chemin commun. Le problème tient plus à ce chemin qu’à l’identité qui en découle.

Quel est ce Même  ? Que nous donne-t-il ? Que nous fait-il faire et dire ou penser ?

Voilà, hommes et femmes sont porteurs de voies plus que d’identité. C’est pour cette raison, que l’union du même sexe a quelque chose d’étrange, du fait que les hommes ont la même identité, de même que les femmes ont la leur, et de cela il en découle que chacun s’entend mieux d’emblée avec celui de son sexe, et que l’épreuve du couple est la plus rude. Celle où existe une tension plus forte. Où naissent les plus grands tourments, et les drames. Mais aussi le vivant.

Le plus anormal est le couple homme-femme, du fait de cette fusion des voies divergentes. Comme une dimension supérieure de l’être, séparé en deux voies, non identiques. 

Ceci pose comme postulat que l’Un n’est pas normal. Dans le sens de normé, borné. etc.

Toutefois, la vie doit être normale, sage et calme, sans excès ni transgression qui aggrave notre cas. Comme se reproduire indûment, artificiellement.

Je songeais aussi que l’enfant est une grâce, une chance que nous ne pouvons en aucun cas forcer. L’enfant nous renvoyant à notre amour au sein du couple, à notre vécu propre.  Nous ne sommes pas propriétaires de nos enfants.

La vie n’est pas un objet , même bio.

Âme en Vérité — Méditations

1. La vérité doit être simple. Ceci est lourd de sens. Le dire simple est difficile tel un nœud à démêler. Quand la vérité est dite elle devient évidente. Non dite la vérité est pesante. Une pensée légère relève de la même vérité exprimée. Au cœur des vérités contraires nous demeurons interdits. La vérité unique […]

via Âme en Vérité — Méditations

Si nous savions

Si nous savions nous ne pourrions rien supporter. Nous serions écrasés par le poids fantastique des mondes. Et de leurs forces. Nous ne pouvons commencer à savoir quelque chose que progressivement. Comme on apprend et découvre peu à peu l’ampleur des phénomènes, comme on débute par la connaissance de soi, de son corps, puis de tout ce qui nous habite, ce qui nous traverse, et nous pose dans cette relation au monde, dans l’effroi, dans la joie, l’émerveillement, la souffrance, la somme fabuleuse des émotions négatives ou positives, les courants profonds et les flux dans lesquels nous nous perdons ou bien nous nous retrouvons. Tout nous sert de miroir où nous pouvons non pas nous admirer mais admirer et être saisi et rester stupéfaits, mais vivants.

Les philosophes, les spiritualités ne firent que cela, essayer de décrypter le signifiant des choses et nous le rendre structurant, afin que nous soyons maîtres de nous-mêmes,  prenions notre âme en main, retrouvions le lieu de notre âme.

Il n’y a pas de science en dehors de  cela, en dehors du sujet qui nous habite et nous met en relation dans cet Univers absolu. Par delà notre corps par delà notre mort. Dans ces conditions précises nous devenons acteurs et joueurs. Créateurs et porteur des pouvoirs oubliés, facteurs de vie, de découvertes sans fins, voyageurs des univers.

Eh bien nous en sommes assez loin pour le moment. Nous serions plutôt rendus à l’état de moribond dans des corps maladifs et drogués. Corps soumis aux impératifs terribles des machines et systèmes qui ne nous laissent aucun choix. Esprits prisonniers des codes et règlements, des dictatures, des machines mise en place, des morales qui ne donnent guère de lumière mais perpétuent un certain ordre très assassin.

Celui qui justifie le meurtre de l’homme après celui de dieu, et fit croire au salut par la mort.

Entre les notions perverties de propriété, et de pouvoir, notre liberté est plus que mince, parce que nous ignorons encore d’où nous provenons, d’où provient la vie. Forcément nous allons n’importe où dans ces conditions, nous nous emmurons et emmenons les autres dans ces gouffres si nous ne réagissons pas..
C’est une chaîne totale.

Bon mettons que ceci soit faux et que les hommes ont encore en eux cet instinct de survie. Mais il est évident qu’il ne faut rien attendre des pouvoirs, des marchés, des organismes parce qu’ils sont fondés sur des sables mouvants, sur les arbitraires des dominations insensées. Comme une épreuve pour nous. Pour que dans cette boue mentale, cette opacité des choses nous nous en sortions selon nos propres forces. intérieures et extérieures.

Chacun se veut libre, mais cette liberté est sans doute mal comprise. Elle est nulle sans sagesse et sans les enseignements des maîtres, non seulement par ce qu’ils disent mais aussi par les signes qu’ils portent et émettent en dehors des mots, par la connaissance qu’ils sont censés transmettre, qui nous imposèrent ces travaux d’Hercule, par ces épreuves donc, non pour nous faire souffrir, mais pour que nous sortions vainqueurs de celles-ci précisément.

Sans idée exacte de la chute, nous ne savons rien. Chute ou séparation de l’unité originelle, séparation créatrice des manques, qui nous mit dans ce corps sexué et conscient de lui. Si tout n’était que matière, cela n’irait dans aucun sens, nous ne serions qu’une chose insignifiante, nous n’aurions jamais eu eu la moindre velléité de devenir sujet conscient. Ni de chercher quoique ce soit. L’Amour même serait nul. Nous pourrions à la fois dire il n’y a rien, et nous ne pourrions non plus le dire puisqu’il n’y aurait rien.

Aucune œuvre d’art n’aurait de sens, aucun chant, dans ce monde sans espoir ni désespoir, totalement indifférent.

Mais voyez, ce n’est pas ainsi. Nous avons ici, tout à faire.

Omar

Omar c’est la grenouille du bassin. Il est dodu et frustré, prisonnier dans la mare de notre jardin clos. Avec ces chaleurs, celle de l’atmosphère, hein, pas les siennes, nous l’entendons fenêtre grande ouverte passer sa nuit à coasser, jusqu’à l’aube, à l’heure où quelques passereaux prennent le relais, ce qui nous fait un sommeil en pointillé très léger. Mais remarquez que si la première nuit nous plongea dans un drôle d’état, douloureux, il faut le reconnaître, du fait que son chant sacrément grinçant ne cesse de nous tenir en alerte, les nuits suivantes prennent une autre tournure, cela devient beau. nocturne, rassurant, présent. C’est toujours mieux que le silence pesant de toute son absence, ou que le vrombissement des machines qui explosent.

%d blogueurs aiment cette page :