Du devoir léger

Il n’y a aucune raison valable de devoir souffrir sauf si nous devions impérativement puiser dans cette souffrance quelque chose d’essentiel, de transcendant, des perles ou des trésors engloutis dans le fond des océans, ou notre âme, si toutefois il s‘avérait qu’elle y gît. La vie, telle qu’elle est dans les conditions existentielles, dans ces temps, sur cette terre, dans ce monde, en ce sens n’est pas normale. Ce qui serait normal serait simplement d’être heureux, accomplissant les jours et les peines, sans sombrer dans des excès furieux, imposés par des fous. Ceux là qui précisément pensent que les hommes ne sont rien s’ils n’obéissent pas à des principes, des lois donc, des textes ou des dogmes, des écritures qu’ils prennent à la lettre sans savoir, et font des humains des matériaux pour des obscures fins. Ces finalités ne sont en vérité que leurs projections scabreuses et leurs hantises de souffrir, et imputent aux autres les charges qu’ils seraient bien en peine de supporter. La vie normale terrienne est légère. Comme le pachyderme de Dali sur ses pattes fines. Celui qui n’est plus normal, celui qui aspire à une sortie de ce monde, ou qui transgresse les limites sans que cela ait un prix terrifiant pour les autres, mais qui œuvre en lui ces éléments, et ces images, ou ces reflets d’un autre monde, sans être atteint de vertige, celui là n’impose rien à personne et surtout pas qu’on le suive sur sa pente ou ses sommets glacés.
En quelque sorte le pire est d’imposer un bien. Un bien inatteignable s’il n’est pas déjà là, déjà présent en soi. Et qu’il ne resterait qu’à accomplir en fait, qu’à rendre effectif. Mais alors ce bien sera toujours informulé, puisque c’est une voie discrète, intérieure, un chemin de lumière. Singulière. L’amitié peut peut-être en dessiner les contours, sans jamais outrepasser les imites de l’autre et de sa détermination. Juste faire écho et silence.
Ce monde déraille affreusement par tous ceux qui se croient détenteurs des biens qu’ils imposent et pour lesquels ils se battent comme des vulgaires chiffonniers, des abominables menteurs prêts à tous les crimes.
Les gens savent bien quels sont leurs devoirs pour peu qu’on leur laisse le choix, qu’on ne force pas leur goût, ne bride pas leurs moyens par des jougs honteux, des projets inutiles, des propagandes de bandits. Il suffit de voir combien ils prennent soin les uns des autres malgré ces maux qui les accablent et les épuisent. Possible aussi que les gens ne soient pas des saints, mais cela ne leur est nullement demandé, sauf par ces démons qui pèchent par orgueil et veulent absolument avoir raison de tout et ne pardonnent rien.

Oui ?

Je n’ai jamais pu me décider à écrire une livre, un objet ayant une unité. Ce n’est pas l’addition de textes épars qui fait un ouvrage, textes écrits jours après jours, selon les idées, les événements, les faits divers qui me traversent, ou selon la lecture plus ou moins approfondie des histoires de ce monde. Ce que j’écris ressemble plus à un journal, sans chronologie particulière, par conséquent c’est assez chaotique. Certains peuvent croire que c’est sans queue ni tête, le fruit d’une inconstance n’apportant pas grand-chose au lecteur. Ce qui est possible, et qui doit sérieusement l’ennuyer. Le laisser sur sa faim, n’apportant aucune réponse, ne trouvant aucun écho aux questions qu’il se pose.

Ce monde est monstrueux. Tous les temps historiques ne prouvent que cette monstruosité, des suites ininterrompues de souffrances. Avec bien de peu de joie. Plus de maux que de bienfaits. Plus de nuits dans les cœurs que de lumière véritable. Cela nous laisse sans voix, comme si nous n’avions rien à dire, ne pouvant rien refuser de cet ordre qui paraît immuable, et devant accepter l’horreur comme unique destin collectif. Le seul critère valable étant mesurable à la puissance des organisations qui s’imposent et dictent tout aux hommes, livrés comme du bétail dans un train suicidaire mortel. Sidération d’une course folle, d’où nul ne peut désormais s’échapper, puisque la prison semble être une perfection. Comme ces geôles effectives où agonisent les hommes, se cognant la tête contre les murs. Ou se battant les uns contre les autres pensant trouver une issue en supprimant ou asservissant leurs prochains. En ce sens nous sommes enfermés dans une impasse existentielle. Comme si ici était le tout de notre condition. Sans rémission possible, sauf la mort, si on veut bien te l’accorder.

Nous aurions rompu avec l’essence de nous-mêmes. Comme des âmes damnées. Où comme si notre âme ne pouvait plus faire la jonction entre ces dimensions respectives, de l’essence et de l’existence, du siècle ou de l’éternité, du mortel ou de l’immortel. Du Je et du Nous.

On en perd le fil qui relie le tout à la partie, on se laisse aller à n’importe quoi, en espérant survivre ou s’en sortir. Mais ce n’est plus possible. C’est tout ou rien. Tout le monde ou personne. Le vide sidéral n’offre aucune issue. Les hommes, dans leurs capacités et mémoires subconscientes sont porteurs des pires pouvoirs de destructions envisageables. Comme si nous étions des dieux mais des dieux devenus maléfiques, en eux-mêmes, dans cette absolue négation. Alors les effets en sont que nous mangeons la terre tels des vampires assoiffés de sang, sans rendre à la terre la vie qu’elle nous donne. Et forcément tout ne peut dans cet ordre des choses que s’effondrer sur lui-même et nous y engloutir. Comme dans un incendie brutal, des tsunamis ou des inondations.

Les gens simples du passé savaient qu’ils devaient rendre à la terre ce qu’ils lui prenaient. Et renouveler à l’identique les espaces, les générations dans lesquels ils évoluaient. Tout pouvait être pérenne. Mais les malins ne leurs laissent jamais trop de latitude, les forçant à devoir toujours faire plus, à leur faire rendre toujours davantage sous des contraintes de plus en plus compliquées, des labyrinthes d’où il est difficile de s’extraire, sauf à ruiner sa santé, vivre sous la terreur des menaces de mort, et des chantages à la misère. C’est peu de dire combien la machine est diaboliquement perverse, complètement vicieuse et donc viciée. Souillée partout. Plongée dans les immondices que nous fabriquons, esclaves de nos faiblesses, et incapables en vérité de nous passer de ce qui en est la cause. Cependant tous les signaux d’alarmes sont là, et les pouvoirs dans leur férocité enferment et tuent ces gens qui crient et alertent sur les menaces qui se précisent. C’est tout de même stupéfiant de penser que certains hommes servent ces puissances maléfiques. Tout en arrivant à passer pour bons, ou méritant ou dignes de confiance, alors qu’ils conduisent le monde à sa perte.

Et que des jeunes gens informés se battent pour endiguer les flots sinistres qui ne peuvent manquer de nous emporter tous.

La seule issue que j’entrevis se trouve dans le roc qui se fonde en nous-mêmes, et qui fut posé bien malgré moi. Avec bien entendu ma volonté, pas contre moi. Je savais ce qui pouvait m’en coûter.

Le monde n’est pas divisé en bien et mal, il est soit l’un soit l’autre. Étant entendu qu’il y a une progression de l’un vers l’autre, que ce n’est pas tranché d’un coup. Que nous glissons progressivement vers l’un ou remontons lentement vers l’autre. Le mal ne conduisant nulle part, nous succomberions dans une sorte de néant et de disparition douloureuse. Que certains considèrent cela comme une délivrance des nausées existentielles, mais dont nous ne pouvons en aucun cas présumer des issues définitives, sauf que cela se paierait à un prix exorbitant pour ceux qui assisteraient à ces agonies d’eux-mêmes et de ceux avec lesquels ils sont liés. Le néant étant un absolu, il paraît insurmontable, ou impossible de pouvoir s’y abîmer franchement. Impasse absolue.

Il reste l’autre Voie. Ce n’est pas un mur. C’est une ouverture. Plus nous nous élevons, plus l’ouverture grandit en nous, et nous fonde.

De l’ordure à l’or d’où.

Sacrée fortune, sacrée crèche en or et argent.
Que ne ferait-on pas pour la fortune, ou la chance, comme si celle-ci nous plaçait sur le sommet de la montagne. Pratiquement divinisé. Rendu à l’état de figure transcendante. État sublime. Ou toute puissance du fortuné.
Sans doute faut-il voir que l’argent n’est qu’une parole. Rien d’autre. Tout va à l’argent. Tout le sert. Comme entité indépassable. Arts, sciences, techniques, productions de biens, d’armes, de feux, malgré toutes les catastrophes qui ne seraient que des destructions créatrices prometteuses d’un ordre supérieur en cours d’élaboration. Incontournable selon la raison et selon l’irrationnel. Donc absolument imparable. Infaillible.
Évidemment on peut en douter. Mais déconstruire l’ensemble construit et caparaçonné à mort, cela a un coût, celui de notre vie engagée. Autant dire celui de notre âme. Que nous sommes seuls à affirmer, qui ne se prouve nullement dans le monde, mais demeure pour toujours dans sa profonde tombe.
L’art aussi n’est que parole, signification éphémère de l’éternel. Renouvellement permanent des discours qui nous fondent ou nous soutiennent dans la certitude ou la foi, comme des images sacrées, pures. C’est comme un bloc de béton, un mur inébranlable, sur lequel viennent se buter nos doutes, craintes, hésitations, divisions existentielles, incapacité formelle à transcender la force objective mise en place, et que nous amplifions dès lors que nous nous soumettons à ses diktats.
Ce qui achève le relatif humain, le naturel, le faillible, l’imparfait et l’altéré.
Tandis que le temps est éternel. Immortel. Comme l’or, imputrescible symbole.
C’est probablement pourquoi les hommes sont fascinés par ce métal. Et y croient.
Ce n’est pas par consensus qu’ils y croient. Mais par atavisme. Cela provient de la nuit des temps. Et ceux qui se sont opposés à cette icône furent très mal vus du monde. Exclus, bannis, maudits.

S’il y a du vrai dans l’or, c’est uniquement dans l’Age d’Or.
Par opposition à l’âge des brutes, des bêtes, des démons, des larves et des possessions. Des corruptions, l’age de nos morts assoiffés d’or.

Voyez, l’âme humaine n’est pas en ordure, mais en or d’où ?

Allez mon doudou…

 

Ce monde mauvais

Ce monde est passablement écœurant. Comme si nous n’avions rien à y faire. Pourtant nous n’avions pas manqué de nous démener pour agir en tous sens, nous consacrer à toutes sortes d’activités créatrices, mais dont le monde s’en moque ou ne considère que ces basses questions d’abondances matérielles littéralement nuisibles et qu’on propulse comme étant le summum des possibilités, envoyer des fusées pour visiter quelques cailloux paumés dans des systèmes extérieurs, alors que cela achève de brûler la terre. Projet comme des feux de paille qui sont imposés aux populations afin qu’ils se tiennent médusés et subjugués par la puissance des artificiers. Comme ces masses d’armements plus facile en fin de compte que la moindre manifestation d’amour, ou la bonté. Derrière tout cela se cache le mauvais. Ces ombres sournoises et promptes à écraser, ces tréfonds pitoyables que chaque homme peine à résorber et pire, entretient comme nourriture secrète. ces espèces de larves et de démons comme des entités qui donnent à ceux qui les entretiennent le sentiment de leur puissance, alors que ce n’est que possession, au sens d’êtres possédés.

Les effets délétères en sont visibles. Tout le monde y est pris. Nous sommes comme ces animaux sauvages  coincés dans des impasses, dans ces systèmes mis en place et que plus personne ne peut vraiment modifier sous peine d’un effondrement.

Il faudrait pourtant revenir à une vie plus simple et naturelle, vivre au rythme de la terre pour pouvoir s’élever, exactement comme un corps malade peut recouvrer la santé en éliminant les poisons. Mais le monde s’est habitué à ses drogues et faux besoins, sachant que cela ne nous conduit qu’à la mort. À part quelques contemplatifs considérés comme des doux rêveurs et des inutiles, le monde s’engouffre dans la consommation de ces objets qu’il leur faut produire pour les acquérir et personne ou presque ne voit que cela ne profite qu’à un pincée de parasites.

les hommes vivent sur terre comme un moment de distraction. Ils ont tout oublié. Et qu’on ne parle pas du devoir de mémoire. Si nous ne savons de quoi nous devrions nous souvenir puisque cela ne se situe pas à proprement dit sur terre mais dans le mystère, bien présent. Le mystère est la source de toutes les créations, comme des aspirations et des hantises, mais qui ne peut manquer sa cible.

Tandis que les rois et leurs ministres sont comme des Ubus stupides, tyrans et satrapes. Gras, pourvus de tout, satisfaits et gavés, beaux parleurs, mais creux. Bien entendu ils ont un rôle, ils occupent les premiers rangs, mais sont les derniers.

Lassant de répéter ces choses là. Si cela sert à réveiller les gens humbles qui furent depuis toujours victimes, hélas consentantes…

Quel âne archie !

Anarchie, cela veut dire qu’il n’y a pas d’arche qui relie le ciel et la terre, effectivement. Ou qu’il n’y a pas d’au-delà. Que toute notre vie se situe ici. La terre et les terriens sont ou seraient donc exclusivement limités à leur corps, à cette existence, n’ayant qu’une cause fortuite, accidentelle, qui n’a a priori aucun sens sauf celui de se tenir dans le présent, et d’aller vers un futur a terme inexorable, une fatalité connue d’avance. Nous serions donc enfermés dans une drôle de boite. On comprends mieux dès lors cet impératif de ne pas souffrir ou de vivre selon le principe de plaisir uniquement. Et si cela s’avère impossible, de se supprimer ou supprimer tout ce qui entrave ce besoin de bien exclusif. Il n’y a de bien que s’il n’y a pas de maux. Les maux sont des réalités à éliminer. Ce sont des obstacles à la jouissance, comme si dans cette jouissance nous puisions une dimension infinie et suffisante. Mais cette capacité à jouir s’étiole avec le temps. On essaie de surseoir à l’usure et aux échéances ultimes.
Si certains sont persuadés de cette vérité, d’autres pensent exactement le contraire. Que le bien se situe au-delà, qu’il n’y a ici bas que souffrance et mort, que se mortifier peut seul nous ouvrir les portes. Dans un sens, c’est une sorte d’anarchie inversée. Le ciel n’ayant pas grand-chose à voir avec la terre. Qu’ici ne règne que le mal.
Tout cela est binaire, comme image. Et légèrement simpliste.
Il n’y a pas de dieu au sens où nous pourrions l’entendre, dieu étant un mot qui échappe à toutes nos définitions. Encore heureux qu’il en soit ainsi, sinon cela voudrait dire qu’on pourrait enfermer l’homme ou n’importe quoi dans des limites objectives, que tout serait par conséquent enclos dans cette sphère relative ou strictement contingente, hasardeuse ou littéralement absurde. En quelque sorte, toute chose ne serait rien, et a fortiori nous ne serions rien.
Si c’était le cas pourquoi ce néant d’être pourrait nous faire souffrir autant ? On en revient toujours à imputer aux autres la cause de nos maux. Et obligatoirement à la majorité, au monde, à la collectivité, la masse. Ou encore aux absurdités du passé reposant sur des idées troubles et des montagnes d’erreurs. Bref, puisque le mal existe il n’y a que la révolte qui pourrait changer les choses. Mais sommes nous bien sûrs de savoir contre quoi ou contre qui notre révolte doit se tourner ?
Depuis le temps que l’humanité vit dans le noir profond, et que les quelques lueurs qui ont été jetées sur terre sont à peu de choses près restées lettre morte, ou carcans invisibles nous retenant de faire trop mal et de nous achever les uns et les autres. Ces quelques lueurs peuvent provenir des ténèbres profondes, comme un noir lumineux. Dans tous les cas elles se situent hors des limites normales de notre existence ordinaire, comme sorties de la banalité des faits. Comme sorties de l’au delà. Supra ou infra.
C’est peut-être une explication à cette soif de transgression qui anime les hommes ? Besoin d’expérimenter tout ce qu’il nous est possible, afin de satisfaire cette curiosité, cette envie de savoir malgré tout, ce qui se tient par delà notre mort, ce qui préside à l’origine de la vie et des métamorphoses, à la fois dans le registre du mouvement qui s’oppose à l’immobilité apparente des pierres et du temps.

Se sauver tout seul est une absurdité sans nom. Ne pas se sauver également. Mais pour se sauver face à ces dangers qui nous anéantissent, il faut probablement savoir où et comment ? Ce n’est pas n’importe comment ni au gré de nos envies si nous en ignorons les sources et les nécessités. Si nous ne sommes que des fétus de paille sur l’océan. Alors que tout nous indique que ce n’est pas la nature des hommes d’être des morts en puissance. Que la vie qui se déroule en chacun d’entre nous est comme une immense promesse. Mais que nous avons à tenir.
Même les animaux nous connaissent bien mieux que nous nous connaissons nous-mêmes. C’est pour cela que nous les effrayons et qu’en sens inverse dès lors qu’ils ont confiance ils attendent de nous une vraie reconnaissance et gratitude.
Après tout, relativement à l’homme, la nature sauvage est un au-delà. Infra ou supra, là aussi. Par essence la nature est sauvage. Elle n’est pas connue. Disons qu’elle est méconnue. Cette méconnaissance pourrait être la cause de notre aliénation.

 

Nous avons tellement perdu.

Au début de l’homme il y eut une nature simple et sauvage, nature crue et nous étions là, devant lutter pour vivre sans pouvoir discuter. Je ne sais si les éléments étaient hostiles, ou non. Possible que les premiers hommes d’emblée avaient une connaissance comme un instinct, une intuition des choses, des êtres vivants, sinon ils n’auraient pas survécu. Ils durent effectuer un tri entre ces forces positives et celles qui leur paraissaient négatives, comme les aliments, bons ou mauvais. Les animaux hostiles ou amicaux, nuisibles ou utiles. Ce n’est pas un hasard si les entités qui constituent le monde naturel à leurs yeux étaient des esprits. Des entités autant spirituelles que matérielles, il n’y avait sûrement nulle distinction, nulle dichotomie. Ce qui apparaissait ne pouvait être que des formes remplies de forces, ou des signes, des expressions de quelque chose situé en arrière, au delà du visible. La manifestation se confondait avec ce qui la produisait. Puis nous avons transformé les milieux, rendant le milieu invivable, les conditions progressivement difficiles, plus terribles qu’au début. C’est un raccourci fulgurant dans les temps très long de l’existence humaine, certes, un saut du début à la fin sur cette terre. Nous sommes rendus dans ce moment où la nature n’a quasiment plus d’existence, soumise aux schémas et plans des hommes. À tous les niveaux, habitats, nourritures, échanges. Nous avons tout artificialisé et tout hiérarchisé. Et partout nous persistons dans cette voie, en misant sur les sciences, les techniques, les systèmes et organisations sociales, les puissances armées pour imposer ce modèle unique. Comme le strict inverse du modèle naturel. Une perte de vitalité, de liberté qui se met en place du début à la fin.
Qu’on n’invoque pas les messagers qui traversèrent les peuples et civilisations, les prophéties des temps passés n’ont plus cours aujourd’hui, elles ne semblent pas en mesure de résoudre les problèmes ou d’apporter des réponses. Elles servent juste de support provisoire pour quelques uns pour tenir dans le naufrage, mais ne modifient rien du naufrage en cours, qui atteint des sommets. Un tsunami de pollutions et de perturbations des corps et des consciences. Qui s’accentuent avec ces progrès des intelligences et des recherches, des investissements dans ces machines de guerre « absurdes». Telles que cette volonté de percer la matière à jour, objectivement. Comme si cela se pouvait sans subjectivité, sans les sujets conscients, sans l’acteur ou l’auteur de la pièce, ou dans un décor totalement amorphe. Comme si la vie était un décor.
En quelque sorte, en résumé, les hommes sont en train de perdre leur vie mais s’en rendent plus ou moins compte. Entre autres signes de la fin des temps est celui de la globalisation des échanges et des productions parcourant la terre dans un déploiement dément des mouvement des masses, dévorant les énergies, comme dans une combustion de la planète qui se consume.
Non seulement les hommes ne sont pas raisonnables, mais la raison est faussée. Le rêve, l’idéal, l’aspiration à la douceur sont battus en bêche par ces violences des appareils. Comme si dans le bruit infernal du monde nulle voix bonne ne pouvait plus percer et se faire entendre pour recomposer un monde gravement affecté. Voyez, cette voix, est cependant incluse en chacun d’entre nous, et elle nous parle.
Maintenant il faut savoir si nous en tenons compte ou non. Ou si nous persistons à n’entendre que ces résonances des enfers… et les suivre.
Dans ce cas, c’est notre Maître.

Ce monde qui se croit supérieurement intelligent et détenteur des sciences n’est qu’un masque des vérités qui nous touchent de près. Bien entendu nous sommes poussière mais de cette poussière ou de ces quantum qui composent notre corps il en ressort un être issu de quelque part et qui ne relève pas de cette poussière, ne serait-ce que le Je conscient, souffrant, aimant, voulant, éprouvant toutes choses. en quête de lui-même et de sa réalité. La notre en propre n’est pas dans les ordinateurs, ni dans ces véhicules, ni même dans nos corps qu’on sait éphémères et transformables.

C’est comme si nous étions au-delà de tout cela mais avions besoin de ce qui se passe ici pour nous révéler.

De toute façon, il ne suffit pas de dire pour modifier le cours de l’histoire. Mais sans le dire cela ne bouge guère non plus…

La carte

Le but de la manœuvre est de cartographier l’humanité, tout comme on le fait avec les mouvements d’avions, de bateaux, de nuages et des vents, des virus, des météores, des masses de poissons, des flux monétaires, et des indices afin de savoir et maîtriser les éléments et faire en sorte que les turbulences humaines restent sous contrôle, par conséquent les réseaux sont un paysage en temps réel des opinions, motivations, mises sous carte, scannées et informatisées, numérisées, et bien entendu tout y est désormais identifié. C’est dément. Parce que cela échappe totalement à tout le monde, même à ceux qui se pensent investis de pouvoirs, c’est comme un super ordinateur dont la programmation ne peut que poursuivre le but qu’on lui a assigné, mais qui se voulant par leurs concepteurs avoir un sens, une logique, est prise dans les propres pièges de sa conception initiale à sens unique.ou vérité unique, n’ayant par définition aucun sens verbalement.

L’un rejoignant le zéro en ses extrémités. Tandis qu’il contient l’infini en restant dans ses limites. Il demeure un point irréductible dans l’âme, inaliénable.

Nous sommes comme un infime être dans une immensité vacante, mais cet être infime envahit toute cette vacuité. Si nous l’effectuons avec rien que des vanités, comment allons nous trouver une demeure stable et pérenne en nous-mêmes et la moindre faculté créatrice ?

Dernière bulle

Que de bruits et de mots pour ne rien dire.

Ah au moins, quand il y a de la beauté ou du style, de l’élégance et de la tenue, des sourires, et que nous nous regardons sans l’ombre d’un doute ou d’une suspicion. C’est comme si nous étions dans le même bain tranquille, au lieu de se sentir pris dans la désolation, et l’amertume, tremblant de froid.

Tout ça pour des os que les hommes se disputent, des lambeaux de tissu, des vanités effroyables, parcourant les réseaux comme des trames de mensonges, cousus de fils qui ne voient même pas leur imposture, et aggravent les malheurs du monde sous des costumes gris et empesés d’autorités fausses.

Chacun pour soi est la loi, quand le donnant-donnant n’a plus aucun sens.

Tout est vol. Vol des corps, des biens, toute est convoitise et méfiance, soupçon légitime à cause des masques posés sur l’amour. Du vivant il ne reste rien que des tentatives d’oubli pour tous ces jours que nous avions à mourir sans fin jusqu’au dernier parti en incinération.

L’argent, le don, le talent
quelle arnaque
créateur de bulles qui éclatent
dans ce monde dément.

Elle et lui
deux filaments de soie
se penchent l’un vers l’autre
et leurs regards qui se croisent
sont l’épée qui traverse la nuit

Où il est question de coupable parfait.

Le pouvoir, l’ordre, les deux pouvoirs exactement, temporel et spirituel. Chef d’état, roi, empereur, patron, et de l’autre côté, pasteur, pape, pope, gourou, etc., ces deux pouvoirs sont effectivement entre des mains d’hommes. Et les femmes y obéissent, et soutiennent cet ordre des choses, ayant une part active, soit par soumission, soit par intérêt. Leur rôle est loin d’être neutre. Il est plus invisible que celui des hommes mis en avant, ayant ces pouvoirs de décision. Emprunter l’habit de ces mêmes pouvoirs, conserve le système. La parité n’y change rien, c’est la même machine mise en place. Strictement la même orientation des choses décidées. Des propriétés, des droits, des morales.

La différence entre une homme et une femme, tient au fait sexuel. Et à celui de la génération. De la décision de s’accoupler, et donc d’engendrer. Ce n’est pas l’homme qui détient ce pouvoir là. On ne peut contraindre l’amour. Où alors on se trouve dans le cas du viol de la femme. L’homme outrepasse ses droits, et réduit la femme à l’objet, à rien par conséquent. Il s’ensuit que l’homme se réduit à rien du même coup. Ou à un rôle secondaire dans la génération. Il n’est que l’élément minuscule de la fécondation. La mère occupant le champ entier de l’amour, de l’innocence, de la pureté offerte, essentielle, du nouveau né. Né de la culpabilité et du désir, des amours mélangés . Né du péché, de la faute, et de l’innocence. Ou de ces ensembles qui jalonnent les existants.

Nul adulte ne pouvant prétendre être Amour pur. Ou amour parfait, sans mentir. Chacun connaissant parfaitement ses parts d’ombres, ses désirs secrets, ses envies, jalousies, ses hostilités, rejets, dégoûts, et désordres intérieurs. Bref, ce qu’on nomme fautes ou culpabilités, conservées dans le secret de son cœur.

Si on examine cette réalité de la culpabilité, c’est le lieu insoutenable de la honte. De sa propre chute qu’on ne peut que vouloir racheter d’une façon ou d’une autre. C’est le face à face avec soi-même, qui fait qu’on puisse s’accepter ou se rejeter, qui nous rend un miroir de nous mêmes supportable ou non. Nul ne peut vivre avec un sentiment de faute. La faute, c’est mortel. Cela ronge. (Pourquoi Narcisse est mort ?)

Voilà pourquoi on aime son fruit innocent. Et on aime rarement la culpabilité chez l’autre. Du même coup on ne l’aime pas avec ses fautes si visibles.

De ces réflexions à demi-vraies, il en ressort cette idée que le couple est toujours pris en défaut. Chose très difficile à racheter du fait que nous trimballons nos défauts et que nous les assemblons dans nos familles et dans nos couples en rejetant toujours la faute sur l’autre. De cela, naissent des violences. Des enfants victimes écrasées, des femmes battues, la brutalité s’exerçant comme réponse à ces désamours, comme une transmission génétique des temps originels.

Ignorant la Raison du temps. Et sa finalité.
Autrement dit : ignorant le pouvoir temporel et le pouvoir de l’esprit. Dans cette ignorance fondamentale, nous laissons la place à des puissances négatives, c’est ainsi.
Nous en constatons les deux faces négatives et oppressives, le côté diabolique des phénomènes.
Perdant de vue l’autre côté, l’autre face angélique ou d’ordre divin, le temps devient chaotique, ou très bordélique.

Voilà pourquoi, de temps en temps, se rendre sur l’autre face du monde, y déposer ses pensées, selon ce qu’on appelle ses prières, fait vraiment du Bien. Cette autre face se trouve aussi au fond du puits, l’universel acceptant les deux extrémités.
Faire du bien, c’est à dire que nous y retrouvons une part de notre pouvoir personnel ne s’exerçant que sur nous-mêmes et rayonnant. Sans contraintes.

Là, on aurait évacué la part négative. Donnant lieu à toutes ces révoltes légitimes par ailleurs, mais butant sur un mur terrible.

%d blogueurs aiment cette page :