De la haine et l’innocence

Pour pouvoir quelque chose contre la haine, encore faudrait-il savoir d’où elle vient.
Qui peut se prévaloir d’Amour pur ? Des gens assis confortablement, bercés depuis leur enfance dans des langes doux, écoutés, choyés, caressés et dispensés de peine. Vivant dans cet amour et ayant cette chance, il semble juste qu’il cherchent à se prémunir des violences du monde, et des hostilités. Repliés dans leur communauté et leur mémoire blessée, victimes certainement, et certainement pas innocents.

Personne n’étant innocent. Mais celui qui est informé et par peur se cloisonne et ne cesse de rejeter les autres, étrangers, différents, n’œuvrant que pour ceux de sa caste, ceux qu’il reconnaît comme étant digne et les autres indignes, comme dans tous ces mouvements sectaires, fait-il bien ?

Qu’est-ce que bien faire ? Comment pourrions-nous bien faire sans connaissance de notre propre culpabilité, comme un manque de reconnaissance de l’autre ? plus que de compassion, plus que de sentiment.

Il manque tellement d’écoute, d’échange, de compréhension effectives,  de considération d’un Bien commun qui nous transcende et nous donne a vivre précisément bien.

Voyez, le mal, c’est dès lors qu’on sait le mal, et qu’on n’y fait rien, et qu’on se pense au-dessus, ou sans responsabilité, ne voulant pas savoir en quoi nous aurions notre part dans ces choses et faits là. Cela revient à dire que le mal commence dès lors qu’on ne fait pas du bien à autrui et qu’on s’attribue la primeur, le mérite d’un bien.

Pris dans ces défauts de morale les existences ne peuvent que s’abîmer. Alors que la vie est Merveille, une part des hommes en est privée, tenue à l’écart, réduite à des esclavages et des conditions de chien.

La vie, la merveille serait que les actes prennent du sens, que chaque homme puisse vivre en connaissance, non pas du bien et du mal, mais des profondeurs des choses allant dans tous les horizons, toutes les directions qui sont limites, comme une exploration, un voyage, des découvertes du corps, des temps, des espaces, des images à créer, et que chacun puisse y évoluer, au lieu d’être muré dans cette mort infernale, génératrice de tous les ressentiments.

L’important de nos jours n’est pas là. Il est dans la pérennité des êtres vivants sur terre et de la relation que nous allons entretenir avec nos Origines. Avec le Verbe Originel.

Jeu X

Jeux inconnus, jeux dangereux de tout ce qui arrive. Jeux de masques, de rôles et de mots, corps engagés dans des directions fausses, et des vraies, où tout se dévoile peu à peu, de nos âmes bousculées.

Nous avions eu cette chance de saisir cette chance et ces moments pour nous recréer dans nos œuvres, nos pinceaux, stylos et ciseaux, et voilà que qu’arrivent le chaos et les formes autoritaires qui brisent tout cela, au nom d’un arbitraire stupide incompréhensible, qui voudrait faire des hommes des robots, les faire avouer leurs fautes et renoncer à vivre.

Quel mensonge anime donc ces mondes où naissent des enfants sans bras, des enfants sans père ou sans mère, sans pays pour découvrir la terre. Comme si elle se disloquait.

Pourtant jamais n’eurent manqué ces être sensibles qui surent restituer des bribes de vérités et de beautés, dans leurs créations abordant tous les champs possibles du vivant pour subjuguer notre mort.

On ne donne pas assez aux pauvres gens astreints aux basses besognes, n’ayant guère de loisirs pour ressentir en eux les fleurs des émotions subtiles, des choses délicates et merveilleuses, et qui sont toujours cantonnés aux cuisines, aux combats des bas fonds qui les abrutissent, les épuisent, ou les rendent malades, et les maintiennent dans cet état de soumission.

C’est global. Ces chaînes insensées. Là où le jeu ne pourra que nous perdre tous. Que nous manque-t-il donc pour inverser le mouvement du navire en naufrage ? Peut-être rien. Peut-être faut-il laisser aller et laisser faire les choses sans y mêler nos mots, nos opinions faussées par quelques conditionnements boiteux ? incomplets, hasardeux ?

Non, je ne crois pas qu’il ne faille rien faire. Nous sommes acteurs des transformations du monde, dans nos moindres actes, humeurs, pensées, amours, dans nos peurs nos rejets et nos faiblesses, tout s’y joue, peu importe beaucoup.

Le théâtre, de quelle opération ? De l’âme thématique. des X  Y et quelques Z erratiques.

Humain déchet

On nous fit croire que le mariage allait nous unir alors qu’il ne fit que nous enfermer dans son carcan comme si l’amour se réglait sur un contrat définitif écrit quelque part. Nous ne pouvons vivre séparés individu isolé nous ne pourrions même pas exister, alors vivre, n’y pensons pas. Nous n’aurions que la mort comme consolation, ou le plaisir, fugitif et illusoire dans nos solitudes désarmées. Certains trouvent jouissance dans le crime, ils s’abreuvent d’adrénaline, qui stimulent leur ennui, d’autres dans le sexe jusqu’à plus soif, et nous sommes en masse pullulant sur cette terre bondée, jamais satisfaits des objets qui nous encombrent, de déchets qui sont produits,

et deviendrions des déchets à notre tour.

Pauvre Terre, où est ta lumière ?

Où est ton soleil
Et ta douceur
Où est ta flamme
intérieure
Sans laquelle
Tu meurs ?
Depuis ces âges obscurs
Qui ont chassé tes pères
Et violenté tes mères
Laissé mourir enfants
Sans leur donner de quoi
Répondre à leur angoisse
Sur cette île battue des flots amers
Inconsolés
Mondes naufragés
Hommes noyés qui gisent an fond des océans
Oubliés dans cette tombe
Qui désormais remontent à la surface
Comme des faces épouvantables
Scarface tenant des armes de vengeance.
Quelle boue dans ces billets obscènes
Extraits des mines profondes
Des corps livrés à la démence
Payant du plaisir à outrance

L’heure n’est plus décadence
Elle n’est plus.
Perdus les chants perdus la danse
les mots le sel fade
l’ivresse des événements
Comme un spectacle de boxe
des heurts des révoltes des hurlements
des carcasses en feu des tués dans les rues
Ce monde enfermé dans ses boites arrimé
à la tâche servile effrayé
et fragile monde devenu muet
malgré le bruit et les cris sur écrans géants
amplifié assourdissant son pour des hommes rendus sourds
loin des papillons
Et du sacré.

Qui est là ?

Poésie

La poésie, est lumière vive,
ourlée de traits sombres dessinés
filaments qui se voudraient discrets
pour ne pas heurter les ondes.
Elle est chant, naviguant
sur les vocables frêles de nos mots
dans leur langue mémorielle
évocation songe souffle des mers.

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