Poésie

La poésie, est lumière vive,
ourlée de traits sombres dessinés
filaments qui se voudraient discrets
pour ne pas heurter les ondes.
Elle est chant, naviguant
sur les vocables frêles de nos mots
dans leur langue mémorielle
évocation songe souffle des mers.

Écrire — Un œil pour deux

N’est-ce pas crier à tous les temps, conjuguer l’imparfait du présent, le futur subjonctif, passé simple dans cet espace vacant d’une robe déchirée en lambeaux comme sont nos forêts et nos rêves ? Nous serions étrangers à ce que nous sommes, vaincus, défaits, avalant l’amertume des fiels accumulés au cours des âges engloutis disparus où […]

via Écrire — Un œil pour deux

 

j’ai rajouté un mot dans les commentaires :

je relis votre commentaire, j’ai mis du temps…
mais voyez, je me disais que toujours la plume est plus grande que la main qui la tient
bien amicalement

Tout ou presque

Tout ou presque se résume
En ces petites choses
qui s’immiscent entre nous
ces détails légers qui nous plombent
des non-dits, des défauts, des lâchetés,
plus que le manque d’amour au fond.

Ce nous qui nous manque
relève de la pesanteur terrestre
des forces en jeu
au plus profond de cet inconnu
que nous peinons à penser.

Parfois, très rare , un film, un livre
ou une toile nous illuminent et nous révèlent
En quoi consiste la substance du doute.

Alors là, nous nous voyons séparés
Mais voyant cette brisure de notre être
Nous pouvons tenter ou espérer de passer.

Nous n’empruntons plus une réflexion ordinaire
sur le sens des choses
sur la nature de notre condition
sur notre état et sur ces carcans de l’histoire
et ses habits noirs.

(Bien entendu nous sommes très nombreux à recevoir
ces lumières parce que nous sommes nombreux
à naviguer dans le noir)

micro scopies

il manque toujours
une épaule en soutien
certains se jettent d’un échafaudage
sans garde corps
ni main

drame des voix perdues
dans le lointain.

ou de l’absence
qui nous guette
de son malheureux silence
qui s’érige en pontife
boiteux.

nous ne savons pas
la provenance chauve
des mots rendus exsangues
de cette perte atroce livide
des morts qui nous hantent

tombés des chevaux
épuisés sur les rives
nocturnes de nos ruines
annoncées aux micros.

Nous pourrions élever nombre de mouches bavardes dans nos bouches édentées et putrides et nourrir les hirondelles pour les petites demoiselles pas encore nées.

 

 

d’un monde à l’autre

ça fera assez longtemps deux mondes séparés

mais la séparation n’est pas la même selon que vous vous trouviez d’un bord ou de l’autre

toute la question revenant à savoir comment se rendre sur le bord où nous serions unis avec nous-mêmes,  rien ne nous séparant.

parce l’opération n’est pas facile, l’échelle jusque là glissante, remplie de pièges et de leurres, de mots et d’images sur lesquelles nous butons, et que nous ne pouvons évacuer la souffrance et la déchéance, et ce que cela signifie comme échec, et impossibilité de monter et de se relever.

à quoi cela tient ? parfois si peu, mais du bon. pas nécessaire de se mortifier, si cela n’a pas lieu d’être, parfois se mortifier si nous sommes fautif afin de ne plus succomber plus loin.

mais tout de même, ne pas oublier que la traversée des océans, les eaux noires, et les murs  des apocalypses ne se traversent pas comme dans un couloir. C’est un peu plus difficile que ça, ne serait-ce parce que nous avons notre peau qui nous chatouille sur les bords.

Notre peau d’âme, qu’un rien brûle.

Une fois passée, elle est invulnérable.

N’empêche que la terre est très fragile, et ses habitants dans une tourmente extrême sur les bords.

Que dire des personnes naufragées et que nul ne secourt ? pire, ceux qui se croient sauvés ou ne voient pas la perdition ?

Ainsi, Matière, Esprit, ces deux objets en réunion forment un corps immortel et conscient. Un sujet qui n’est sujet de personne, mais se déroule et se développe en personne, probablement par deux. certainement plus.

Comme dans ce jeu de questions et réponses. l’œil et la lumière.

 

Bien mal en point

Bien et mal, toujours en opposition.

Nous manquons de simplicité. Par delà Bien et Mal, Il ne saurait y avoir que le Bien

Le mal, au lieu du bien, en ce lieu d’un bien ou du (seul) bien, de cette Unité d’être, le mal n’a plus lieu d’être. Il s’est dissout pour laisser place à un bien suprême. Joie, bonheur, extase, béatitude, émerveillement. et envie de vivre et de continuer. Inversement dans le mal, que nous faisons ou que nous infligeons, nous nous enfonçons, jusqu’à cet état proche du néant. Là nous voudrions que tout cesse.

Ici, les deux cohabitent, nous sommes conscients de cette dualité. Parfois nous signons un pacte avec le mal, mais au prix d’un sursis, d’un report à plus tard, d’une dette qui s’accumule. et qui ne pourra se résorber qu’en la payant, de notre vie très certainement.

Mais nous ne pourrons jamais les confondre, les fusionner en un seul objet moral.

Ou les mettre à égalité sur le plateau de la balance.  Le feu nous brûle, mais ce feu est aussi l’énergie première, alors la question serait de savoir ce qu’on fait de ce feu, comment nous l’employons, le servons, dans un sens destructeur ou créateur.

Admettons que nous voulions un mal absolu, comme définition de l’état normal des êtres et des choses. Cela ne saurait être que l’annihilation des êtres et des choses, qui dans un certain sens signe aussi la fin du mal. « Il n’y a plus rien »

Mais alors pour se rendre à cela, quel chemin terrible pour celui qui s’y consacre, adversaire de tout ce qui est. C’est le problème du nihiliste. celui qui conçoit l’être comme néant, dans sa parfaite unité de non-être.

Le chemin du Bien est aussi terrible, du fait du rapport de forces en jeu. En quelque sorte, l’universel, ou Dieu, se situe dans ces deux extrémités de l’être et du non-être, à la différence près que le lieu d’être de Dieux est lumineux merveilleux, malgré le passage douloureux pour s’y délivrer.
Ceci dit, dans les actes et faits ordinaires de notre existence, il est très très difficile de poser un jugement et de définir une morale. La seule chose en notre pouvoir serait d’examiner notre conscience, et voir.

Dieu donc, s’il est Un est aussi Deux, Trois et multiplié à l’infini dans l’être jusqu’au lieu du non-être.

Dieux. Dis Eux.

 

 

 

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