Jeu X

Jeux inconnus, jeux dangereux de tout ce qui arrive. Jeux de masques, de rôles et de mots, corps engagés dans des directions fausses, et des vraies, où tout se dévoile peu à peu, de nos âmes bousculées.

Nous avions eu cette chance de saisir cette chance et ces moments pour nous recréer dans nos œuvres, nos pinceaux, stylos et ciseaux, et voilà que qu’arrivent le chaos et les formes autoritaires qui brisent tout cela, au nom d’un arbitraire stupide incompréhensible, qui voudrait faire des hommes des robots, les faire avouer leurs fautes et renoncer à vivre.

Quel mensonge anime donc ces mondes où naissent des enfants sans bras, des enfants sans père ou sans mère, sans pays pour découvrir la terre. Comme si elle se disloquait.

Pourtant jamais n’eurent manqué ces être sensibles qui surent restituer des bribes de vérités et de beautés, dans leurs créations abordant tous les champs possibles du vivant pour subjuguer notre mort.

On ne donne pas assez aux pauvres gens astreints aux basses besognes, n’ayant guère de loisirs pour ressentir en eux les fleurs des émotions subtiles, des choses délicates et merveilleuses, et qui sont toujours cantonnés aux cuisines, aux combats des bas fonds qui les abrutissent, les épuisent, ou les rendent malades, et les maintiennent dans cet état de soumission.

C’est global. Ces chaînes insensées. Là où le jeu ne pourra que nous perdre tous. Que nous manque-t-il donc pour inverser le mouvement du navire en naufrage ? Peut-être rien. Peut-être faut-il laisser aller et laisser faire les choses sans y mêler nos mots, nos opinions faussées par quelques conditionnements boiteux ? incomplets, hasardeux ?

Non, je ne crois pas qu’il ne faille rien faire. Nous sommes acteurs des transformations du monde, dans nos moindres actes, humeurs, pensées, amours, dans nos peurs nos rejets et nos faiblesses, tout s’y joue, peu importe beaucoup.

Le théâtre, de quelle opération ? De l’âme thématique. des X  Y et quelques Z erratiques.

Humain déchet

On nous fit croire que le mariage allait nous unir alors qu’il ne fit que nous enfermer dans son carcan comme si l’amour se réglait sur un contrat définitif écrit quelque part. Nous ne pouvons vivre séparés individu isolé nous ne pourrions même pas exister, alors vivre, n’y pensons pas. Nous n’aurions que la mort comme consolation, ou le plaisir, fugitif et illusoire dans nos solitudes désarmées. Certains trouvent jouissance dans le crime, ils s’abreuvent d’adrénaline, qui stimulent leur ennui, d’autres dans le sexe jusqu’à plus soif, et nous sommes en masse pullulant sur cette terre bondée, jamais satisfaits des objets qui nous encombrent, de déchets qui sont produits,

et deviendrions des déchets à notre tour.

Pauvre Terre, où est ta lumière ?

Où est ton soleil
Et ta douceur
Où est ta flamme
intérieure
Sans laquelle
Tu meurs ?
Depuis ces âges obscurs
Qui ont chassé tes pères
Et violenté tes mères
Laissé mourir enfants
Sans leur donner de quoi
Répondre à leur angoisse
Sur cette île battue des flots amers
Inconsolés
Mondes naufragés
Hommes noyés qui gisent an fond des océans
Oubliés dans cette tombe
Qui désormais remontent à la surface
Comme des faces épouvantables
Scarface tenant des armes de vengeance.
Quelle boue dans ces billets obscènes
Extraits des mines profondes
Des corps livrés à la démence
Payant du plaisir à outrance

L’heure n’est plus décadence
Elle n’est plus.
Perdus les chants perdus la danse
les mots le sel fade
l’ivresse des événements
Comme un spectacle de boxe
des heurts des révoltes des hurlements
des carcasses en feu des tués dans les rues
Ce monde enfermé dans ses boites arrimé
à la tâche servile effrayé
et fragile monde devenu muet
malgré le bruit et les cris sur écrans géants
amplifié assourdissant son pour des hommes rendus sourds
loin des papillons
Et du sacré.

Qui est là ?

Poésie

La poésie, est lumière vive,
ourlée de traits sombres dessinés
filaments qui se voudraient discrets
pour ne pas heurter les ondes.
Elle est chant, naviguant
sur les vocables frêles de nos mots
dans leur langue mémorielle
évocation songe souffle des mers.

Écrire — Un œil pour deux

N’est-ce pas crier à tous les temps, conjuguer l’imparfait du présent, le futur subjonctif, passé simple dans cet espace vacant d’une robe déchirée en lambeaux comme sont nos forêts et nos rêves ? Nous serions étrangers à ce que nous sommes, vaincus, défaits, avalant l’amertume des fiels accumulés au cours des âges engloutis disparus où […]

via Écrire — Un œil pour deux

 

j’ai rajouté un mot dans les commentaires :

je relis votre commentaire, j’ai mis du temps…
mais voyez, je me disais que toujours la plume est plus grande que la main qui la tient
bien amicalement

Tout ou presque

Tout ou presque se résume
En ces petites choses
qui s’immiscent entre nous
ces détails légers qui nous plombent
des non-dits, des défauts, des lâchetés,
plus que le manque d’amour au fond.

Ce nous qui nous manque
relève de la pesanteur terrestre
des forces en jeu
au plus profond de cet inconnu
que nous peinons à penser.

Parfois, très rare , un film, un livre
ou une toile nous illuminent et nous révèlent
En quoi consiste la substance du doute.

Alors là, nous nous voyons séparés
Mais voyant cette brisure de notre être
Nous pouvons tenter ou espérer de passer.

Nous n’empruntons plus une réflexion ordinaire
sur le sens des choses
sur la nature de notre condition
sur notre état et sur ces carcans de l’histoire
et ses habits noirs.

(Bien entendu nous sommes très nombreux à recevoir
ces lumières parce que nous sommes nombreux
à naviguer dans le noir)

micro scopies

il manque toujours
une épaule en soutien
certains se jettent d’un échafaudage
sans garde corps
ni main

drame des voix perdues
dans le lointain.

ou de l’absence
qui nous guette
de son malheureux silence
qui s’érige en pontife
boiteux.

nous ne savons pas
la provenance chauve
des mots rendus exsangues
de cette perte atroce livide
des morts qui nous hantent

tombés des chevaux
épuisés sur les rives
nocturnes de nos ruines
annoncées aux micros.

Nous pourrions élever nombre de mouches bavardes dans nos bouches édentées et putrides et nourrir les hirondelles pour les petites demoiselles pas encore nées.

 

 

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