Si nous savions

Si nous savions nous ne pourrions rien supporter. Nous serions écrasés par le poids fantastique des mondes. Et de leurs forces. Nous ne pouvons commencer à savoir quelque chose que progressivement. Comme on apprend et découvre peu à peu l’ampleur des phénomènes, comme on débute par la connaissance de soi, de son corps, puis de tout ce qui nous habite, ce qui nous traverse, et nous pose dans cette relation au monde, dans l’effroi, dans la joie, l’émerveillement, la souffrance, la somme fabuleuse des émotions négatives ou positives, les courants profonds et les flux dans lesquels nous nous perdons ou bien nous nous retrouvons. Tout nous sert de miroir où nous pouvons non pas nous admirer mais admirer et être saisi et rester stupéfaits, mais vivants.

Les philosophes, les spiritualités ne firent que cela, essayer de décrypter le signifiant des choses et nous le rendre structurant, afin que nous soyons maîtres de nous-mêmes,  prenions notre âme en main, retrouvions le lieu de notre âme.

Il n’y a pas de science en dehors de  cela, en dehors du sujet qui nous habite et nous met en relation dans cet Univers absolu. Par delà notre corps par delà notre mort. Dans ces conditions précises nous devenons acteurs et joueurs. Créateurs et porteur des pouvoirs oubliés, facteurs de vie, de découvertes sans fins, voyageurs des univers.

Eh bien nous en sommes assez loin pour le moment. Nous serions plutôt rendus à l’état de moribond dans des corps maladifs et drogués. Corps soumis aux impératifs terribles des machines et systèmes qui ne nous laissent aucun choix. Esprits prisonniers des codes et règlements, des dictatures, des machines mise en place, des morales qui ne donnent guère de lumière mais perpétuent un certain ordre très assassin.

Celui qui justifie le meurtre de l’homme après celui de dieu, et fit croire au salut par la mort.

Entre les notions perverties de propriété, et de pouvoir, notre liberté est plus que mince, parce que nous ignorons encore d’où nous provenons, d’où provient la vie. Forcément nous allons n’importe où dans ces conditions, nous nous emmurons et emmenons les autres dans ces gouffres si nous ne réagissons pas..
C’est une chaîne totale.

Bon mettons que ceci soit faux et que les hommes ont encore en eux cet instinct de survie. Mais il est évident qu’il ne faut rien attendre des pouvoirs, des marchés, des organismes parce qu’ils sont fondés sur des sables mouvants, sur les arbitraires des dominations insensées. Comme une épreuve pour nous. Pour que dans cette boue mentale, cette opacité des choses nous nous en sortions selon nos propres forces. intérieures et extérieures.

Chacun se veut libre, mais cette liberté est sans doute mal comprise. Elle est nulle sans sagesse et sans les enseignements des maîtres, non seulement par ce qu’ils disent mais aussi par les signes qu’ils portent et émettent en dehors des mots, par la connaissance qu’ils sont censés transmettre, qui nous imposèrent ces travaux d’Hercule, par ces épreuves donc, non pour nous faire souffrir, mais pour que nous sortions vainqueurs de celles-ci précisément.

Sans idée exacte de la chute, nous ne savons rien. Chute ou séparation de l’unité originelle, séparation créatrice des manques, qui nous mit dans ce corps sexué et conscient de lui. Si tout n’était que matière, cela n’irait dans aucun sens, nous ne serions qu’une chose insignifiante, nous n’aurions jamais eu eu la moindre velléité de devenir sujet conscient. Ni de chercher quoique ce soit. L’Amour même serait nul. Nous pourrions à la fois dire il n’y a rien, et nous ne pourrions non plus le dire puisqu’il n’y aurait rien.

Aucune œuvre d’art n’aurait de sens, aucun chant, dans ce monde sans espoir ni désespoir, totalement indifférent.

Mais voyez, ce n’est pas ainsi. Nous avons ici, tout à faire.

Omar

Omar c’est la grenouille du bassin. Il est dodu et frustré, prisonnier dans la mare de notre jardin clos. Avec ces chaleurs, celle de l’atmosphère, hein, pas les siennes, nous l’entendons fenêtre grande ouverte passer sa nuit à coasser, jusqu’à l’aube, à l’heure où quelques passereaux prennent le relais, ce qui nous fait un sommeil en pointillé très léger. Mais remarquez que si la première nuit nous plongea dans un drôle d’état, douloureux, il faut le reconnaître, du fait que son chant sacrément grinçant ne cesse de nous tenir en alerte, les nuits suivantes prennent une autre tournure, cela devient beau. nocturne, rassurant, présent. C’est toujours mieux que le silence pesant de toute son absence, ou que le vrombissement des machines qui explosent.

de l’eau , de la lumière

Depuis que nous sommes tombés sur terre dans ces corps de boue et d’os, qu’est-ce qui va bien pouvoir faire en sorte que nous nous retrouvions dans une même lumière, simple et apaisée ? sûrement pas ces morts et non plus les mots.

Il faudrait un océan , au point où nous en sommes. Ou des armées entières de dieux et d’anges,  pour nous sortir de là.

Nous ne pouvons rien demander à quiconque si nous ne sommes pas en mesure de le faire et de l’être nous-mêmes. Tout commence par soi. C’est pourquoi, parfois, je me dis qu’il n’y a grand chose à dire, juste à vivre. ce que nous pouvons dire, ce serait de l’ordre d’une explication sur ses choix ? sur ce qu’on croit aussi.

La rationalité est insuffisante, déficiente sans une bonne foi, une lumière spirituelle sur notre esprit.

 

reflets

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Suite à diverses manœuvres plus ou moins réussies, il se trouve qu’ils ne voient plus ma page voyage d’un papillon  

le mieux serait donc de s’y rendre et de renouveler l’abonnement, bien sûr pour les personnes intéressées. Voilà 🙂

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