Chute

Si ton esprit était encore au lieu de l’Esprit

Ton corps servirait à quel fantôme errant ?

Quel serait le sens de ton existence ici bas ?

Que rapporterais-tu en ces lieux élevés spirituels

comme trésor qui ravirait tous les esprits vivants si ton esprit était resté* dans ce paradis des vérités et des pures merveilles ?

(*Resté, ton esprit sans doute l’est-il encore mais il est alors divisé en lui-même. séparé, soit par la chute et le rejet des cieux, soit par mission, mais là c’est exceptionnel, et Christique)

Non, cela ne se peut, notre voyage existentiel, c’est comme celui d’un explorateur, d’un anthropologue, qui dût partir, de gré ou de force, pour s’enquérir de ce qui se passe dans les temps et la matière, dans ces espaces infinis de la dispersion.

Volontaire, involontaire, comment savoir et juger ?

Mettons que notre esprit soit pour l’éternité commun avec l’Esprit, mais alors comme celui d’un être mis en sommeil, afin de laisser au corps la possibilité de son expérience dans le bien et le mal. Dans cette division en poussière.

Pour élever la poussière au rang de la divinité ? Difficile d’admettre cette chose là.

Non, celle qui me semble la plus plausible, relève d’un autre plan : nous venons en ces corps pour chercher l’être qui nous manque et qui nous rend notre unité d’être, sans lequel nous ne sommes que poussière.  Celui ou celle qui nous autorise à nous souvenir de tout, dans la multiplicité des Êtres.

Et ce qui est le plus vraisemblable, c’est que cet être que nous venons recueillir ici bas, c’est nous-mêmes.

C’est pourquoi, la Nature est cruciale en ce lieu. Comme Mère protectrice et salvatrice.

Mais voyez, nous continuons nos efforts de destruction, et d’errances, ou d’erreurs, sans pardon, qui accentuent notre chute.

Bon, j’exagère le trait, les hommes désormais aspirent à se sauver et retrouver les cieux, la beauté et l’harmonie, l’apaisement et la sérénité. Ce qui ne se peut pas si les conditions sont trop mauvaises.

Et puis, tous ces mots sont très approximatifs. Ils ne parlent pas de l’Esprit, qui par force ne parle pas, et néanmoins signifie beaucoup.

 

 

%d blogueurs aiment cette page :