Vacance

Par où commencer ? C’est à dire franchir le mur qui sépare toutes choses les unes des autres, le mort du vivant, le bon du mauvais, la gauche de la droite, le privé du publique, etc. et que nous puissions rassembler les morceaux épars dans notre esprit ? Tout ne tient qu’à un fil, langagier, verbal, énoncés rendant du sens ou de la confusion, clarifiant ou troublant. Le perspectivisme ne suffit pas, parce que cela part d’un point de vue, omettant volontairement ou non les autres points de vue et forcément il est connoté, teinté d’opinions, empreint de relativité, il n’est pas objectivement vrai, il cache ou masque ses intentions ou son jeu. Peut-être parce que le jeu lui échappe dans son sens, il force le jeu allant dans le sens auquel il croit.
Partir de la soit-disant vérité objective, scientifique, relève autant de la croyance que n’importe quelle croyance, malgré les preuves et une certaine efficience des faits scientifiquement observés.
Nul n’ayant jamais observé un esprit, il est facile d’en déduire qu’il n’est qu’intime, subjectif, sujet à caution, douteux, et n’existe que dans l’esprit ou le cerveau de l’observateur. En quelque sorte qu’il n’y a que cette matérialité des faits, et cette universalité qui sert de preuve et de projet valable, à n’importe quel niveau des décisions. Bref, c’est la sphère politique et législative qui doit l’emporter sur les sphères morales relevant de l’intime, n’ayant rien à redire dans le débat public.
Chacun défend son pré, ses pré-jugés, finalement pour commencer.
Avec un consensus assez énorme quelques soient les groupes ou ensembles actifs et causeurs : Dieu est en vacance.
De là, tout semble autorisé, il suffirait d’occuper la place vide. Cette occupation des locaux sera la seule détermination des productions ou des œuvres ayant valeur effective. Celui qui ne dit rien, qui ne fait rien, n’existe pas. Les hommes qui comptent sont ceux qui sont capables d’envoyer des fusées sur Mars, approuvées par quelques milliards de badauds esbaudis et contributeurs de ces projets pharamineux. Ainsi les hommes gardent l’espoir de se délivrer de la planète où ils se sentent désormais à l’étroit, et dont la grande majorité garde un souvenir douloureux par toutes ces bestioles ennuyeuses, ces labours, ces masures et misères des anciens. Ce qui est loin d’être faux, sachant la pesanteur des temps passés, quand les hommes devaient servir les seigneurs ou livrer leurs femmes au bon plaisir des maîtres.
De même, dans ce tout possible, certains pensent pouvoir manipuler le vivant à leurs guise. C’est ce qui se passe. On bidouille les gênes, les atomes, les milieux naturels, les climats avec des corps chimiques, on manipule les informations, et oriente la pensée des foules. On fait croire ceci ou cela. La politique est une forme déguisée de théologie. C’est la sphère intime de certains influenceurs qui s’impose dans le domaine public. Comme quoi, entre ces deux mondes il n’y a de séparation que mensongère ou presque.
La vérité cependant passe toujours inaperçue. Ce qui n’est pas tout à fait juste. Mais comme celle-ci ne s’énonce pas, ne se dit pas, mais seulement nous effleure de temps à autre, elle ne peut se transmettre que lors de rares moments, propices et simples, dépouillés des encombrants bagages de nos opinions et préjugés, toujours vecteurs d’errements. Ceux-ci sont tout de même instructifs, si on s’y penche en essayant d’en comprendre les signes.
Difficile de savoir à qui ou quoi nous pourrions faire référence pour nous orienter dans ce monde, si nul ne nous l’enseigne. Nous nous voudrions libres dans tout ce que nous entreprenons, mais oublions que cette liberté se paie au prix fort d’une certaine obéissance à quelque chose.
On ne brise pas les chaînes de vie impunément. De même celles des génomes.
Il y a tellement d’éléments qui nous trompent dans la chaîne des causalités, que ceci perturbe ses vacances.

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