Trois E

Église, assemblée des hommes, de la Terre et du Ciel. Universelle. Spirituelle. + féminin
État, administration des biens, des maux, des justices, des forces. Temporel. + masculin

S’il n’y a plus d’État, il n’y a plus d’Église, et réciproquement. Il y a des causes à cela, à cette désagrégation des deux. Dans l’incurie, le désordre, la négation, l’hostilité, la rupture. Le système est avant toutes choses, cette construction de l’église et de l’état, système qui incorpore à sa tête des volontés singulières de pouvoir, dans l’un ou l’autre corps. C’est un système Robot. Nul homme n’y est indispensable, il n’y a que des fonctions.
Qu’elles sont ces fonctions ? Ou ses outils. L’argent, les lois, les sciences, au sens large et très général. De la matière, de l’esprit et de la science, impossibles à confondre, mais qui se croisent dans leurs fonctions respectives. Il n’y a pas de science ni de recherche sans moyens pour le faire. Il n’y a pas de lois justes si on perd l’esprit des lois. Pourquoi n’ y a -t-il plus d’argent ? Alors qu’il y a surabondance des biens ?
Peut-être parce qu’il n’y a plus de lien entre église et état, ou que leur conflit les aurait détruits tous les deux ? Comme l’homme ou la femme se disputent et finissent par divorcer.
C’est évidemment schématique de réduire l’Église au féminin et l’État au masculin, mais pas totalement faux : les armes du langage et de la raison ou les armes du théâtre et du terrain ne sont pas tout à fait les mêmes, n’ont pas les mêmes orientations, l’un vers l’orient, l’autre l’occident. L’un lunaire, l’autre solaire. Mais peu importe.
Tout cela est structuré hiérarchisé exigeant de la part des postulants aux Pouvoirs de l’un ou de l’autre une soif intense de puissance, un orgueil immense, une férocité implacable et sans faille, car rien ne sera pardonné à celui qui veut gouverner. Régir les esprits ou les corps.
Normalement, ces deux pouvoirs sont pour les peuples, pour le salut des corps et des âmes. Si ce n’est pas ainsi, c’est littéralement absurde.
Les peuples, dans les conditions des civilisations héritées, soumis aux travaux de force n’ont pas le loisir de savoir, de cultiver autant que les puissants, ces mécanismes compliqués mondiaux, stratégiques, ces langues étrangères, ces données incalculables. Tout est entre des mains spécialistes, initiées, savantes, et diaboliquement malignes.
Ceci sur toute la terre, différente partout, mais semblable en ses principes des états et des assemblées.
C’est bien entendu que ces deux institutions sont un carcan, une cage pour les peuples, à la fois pour les protéger et pour les obliger, faire en sorte que la Masse fournisse l’Énergie.

Voilà nos trois E. Trois œufs.
Les églises dans leur incurie se servaient pour eux mêmes et encore, ce n’est pas sûr qu’ils vivaient leur dieu en esprit… éventuellement servaient les princes avant les peuples, s’ils servaient. Ces églises avaient un côté quasiment politique, mais pas exclusivement sinon se seraient effondrées dès leurs débuts. Il fallut s’asseoir sur du sacré.
Les états passent leurs temps dans des guerres, et des discours. Les églises à guerroyer par les mots, et des non-dits.
Au fond, et entre eux sont-ils en guerre ou associés comme le clergé et la noblesse, dont on sait qu’ils ne se faisaient pas de cadeau, lutte féroce pour les postes de cardinaux, et pour les châteaux, ce qui de nos jours empruntent des formes différentes mais les conflits de pouvoir sont les mêmes.
Et les populations victimes de cela. Parce que plus innocentes, moins informées, plus simples. N’ayant pas les mêmes ambitions, ni cette volonté de puissance, ni les moyens d’y accéder.

Mais ce qui est terrible c’est de faire payer aux peuples le prix de tous ces désordres. On risque gros.

Bonne journée.

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