Savez-vous pourquoi

Savez pourquoi vos jugements ne valent pas grand-chose, et sont très relatifs ? Eh bien, c’est parce que nous sommes dans un temps de confusion, où tout fusionne ou se mélange, et que dans la masse des informations il est quasiment impossible d’extraire un élément ayant valeur de vérité, distincte du faux. Il faudrait pour savoir faire la distinction pouvoir se sortir de tous les systèmes, être extérieur au système, autant dire faire le mort. Sinon, pris dedans par force, nous sommes partisans et excluant. Ce qui a pour effets de priver le camp adverse de ses éventuelles vérités, de même que le votre de vos vérités, et de leurs vies. La Vérité, pour nous rassembler aurait-elle besoin de cette lutte pour émerger ? De tous ces chocs entres les opinions et les intérêts divergents, le déploiement des forces en présence sur le théâtre où se jouent un nombre incalculable de drames ? À ce rythme là, c’est le monde qui fera le mort, si ce n’est pas déjà fait. Mort ou paralysé, sourd agrippé à ses conceptions, à ses idées d’un bien, et d’une fin de l’histoire personnelle ou commune, les flux vivant ne nous traversent pas. Nous nous accrochons à cette idée de progrès pour ne pas passer pour un réactionnaire, ou un vieil attardé attaché à des traditions poussiéreuses n’ayant plus aucune validité, de même que d’autres s’accrochent à leurs propriétés, à leurs biens en toute bonne conscience, ce qui achève de vitrifier le monde.
Ainsi tout bien se perd parce qu’il n’est pas juste. Le seul juste, ou seul savant, n’est pas de ce monde. C’est en quelque sorte cette idée d’un jugement dernier qui nous rend justice. Mais dans ce jeu là, puisqu’il n’est pas visible de façon évidente, nous pouvons subir l’effroyable révolte des démons qui mutent comme des serpents effectuent leurs mues, et doivent changer de peau, ce qui est très douloureux pour tout le monde.

Vous me demanderez, d’où je tiens ceci. Peut-être de ce simple fait d’avoir changé de peau, c’est à dire comme le dit Paul Eluard ce plus profond ?

Ceci dit, si vous constatez de l’injustice dans le monde, vous ne pouvez avoir tort. Vous êtes comme le médecin qui constate des effets négatifs et qui sans nécessairement connaître les causes veut réduire ou éliminer les effets, ce qui a pour effet de masquer un peu plus les causes. Celles-ci nous enfermant les uns les autres dans une boucle sans fin.

Ça va être difficile d’en sortir dans ces conditions sans faire appel à quelque chose de plus grand. Là, toutes les options sont possibles, le pire comme le meilleur. Selon ce que nous en faisons.

Voyez, ce grand est à la fois extérieur et intérieur.

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