On dira, quelle nuit ! On dira quelle nuit de notre âme se trouve là. Imagine dans le très lointain un homme-événement assez improbable, inquiet, grain de poussière dans ces univers, homme aussi infime qu’un virus en errance dans des corpuscules, ayant la prétention de régenter les mondes, les temps, et la matière noire. À peine prononce-t-il le moindre mot que déjà le passé l’engloutit dans un oubli profond. Sauf s’il se souvient, et encore est-ce sûr ? Il rêve de prolonger son temps d’existence au plus loin qu’il lui soit permis, en s’y prenant si mal. Avec son corps boiteux et ses blessures qu’il transporte comme des médailles honorifiques. Non quelque chose nous échappe de façon inouïe dans ce Jeu Mystérieux, comme si nous avions chacun un fil à soutenir et suivre, fil qui loin de nous enlacer et nous aliéner, pouvait nous rendre la mémoire de ce que nous sommes en vérité. C’est à dire un œil, dans ces univers, observant les mondes. Mais cet œil d’où nous sommes n’est pas pour nous rendre aveugle et imposer sa puissante lumière.
Si nous demeurons ici dans cet unique instant présent, autant dire rien. Malgré ces fils d’histoire qui s’emmêlent les uns aux autres et se nouent dans le bien et le mal, nous paralysant d’effroi.
Même si nous ne sommes qu’une illusion d’être, dans cette illusion naît un réel qui coïncide avec le notre présent, vous n’êtes pas seulement homme poussière, vous êtes hommes dieux. Ayant quelque chose à vous dans cet infini, et tous les êtres à aimer, soutenir, faire vivre en vous. Ceci ne ne faisant pas n’importe comment, selon n’importe quelle condition malheureuse et bancale. En disant n’importe quoi et faisant mal.

Voyez donc l’importance de dire mieux. De dire bien sans faire semblant.

Ce n’est pas là-haut que vous avez le vertige de l’abîme, c’est dans le fond que vous avez celui des cimes. Sisyphe essaie-t-il encore de gravir sa montagne avec sa pierre ?

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