quel bal

Je songe à ceux qui se moquent des naïfs croyant que la terre est plate tandis qu’ils sont persuadés de la tranquillité des vents, de la lenteur des chemins de terre, alors que celle-ci poursuit une course folle au rythme des univers tourbillonnant. Ce ne sont que des images que nous avons sous les yeux, relatives au mouvement qui nous emporte. Où est le haut, où est le bas, quand tout n’est qu’un film, une pellicule qui se pose sur les membranes de nos sens, suscitant une impression. Ça s’imprime.

Ces représentations ne sont guère importantes au regard des choses qui nous émeuvent et nous fondent en humanité, là où nous sommes capables de transfuser nos amours aux êtres qui appellent la vie, plongés dans les glaces de l’indifférence ou du mépris. Humiliés, paralysés par les peurs, l’enjeu ne se situe nullement dans les schémas savants, ceux-ci ne tenant aucun compte des souffrances qui nous retiennent de vivre. Nous devons nous terrer dans les limites de notre corps sans jamais déborder, enfermés dans notre solipsisme.  Comme si la seule loi valable n’était que de moi appliqué à tout autre.

On nous autorise cependant à transgresser pour mieux nous piéger par l’envie, la convoitise, la pulsion du jeu, du gain ou de la perte comme on mise sur un cheval, et cela nous fait secréter toutes sortes de toxiques stimulant la vision des images. Comme si l’invisible devenait visible. Sorte de magie. Jeu dangereux. Jeu obligé. Il faut que le réel naisse, telle une écume émerge perceptible par tous et partout, audible partout. Comme une révélation, une mise à nu du réel. C’est à dire de nos profondeurs. Là, c’est sans image. Juste une Présence.

Mouvement, chaleur, repos, douceur…

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