Porte

Eh bien voyez vous, tout n’est qu’affaire de porte. Ce mot d’ailleurs dit aussi autre chose qu’une ouverture, il dit ce qui porte ou supporte. Si la porte est fermée, que pouvons nous espérer ? Nous ne sommes pas capables d’ouvrir une porte si nous n’avons pas les clefs.
Or tout dans ce monde par les systèmes pernicieux qui ont étés mis en place nous enferme. Prenez ces objets ordinaires auxquels nous sommes confrontés. Une simple serrure d’automobile. Quand il n’y avait nul voleur, il n’y avait nul besoin de clef. Nous pouvions laisser tout ouvert sans craindre aucune intrusion. Mais les circonstances font que tout se complique et tout se verrouille, compliquant la tâche des voleurs, et des volés. Ceux-ci devant concevoir des systèmes de fermeture de plus en plus hermétiques secrets.
Dans le domaine prosaïque des coffres, cela ne porte pas à conséquence. Notre vie n’est tout de même pas en jeu. Mais il est loin d’être insignifiant, il correspond à quelque chose de plus important. Ou à un schéma général des systèmes et des logiques, ou des plans de fabrication. Dans un monde immoral, tout le monde cherchant à se prémunir des voleurs et des effets néfastes de ces prédations, de même que les voleurs cherchent à ouvrir les portes des coffres de plus en plus compliqués, parce que c’est la seule perspective qui s’ouvre à leur yeux, pris dans leurs systèmes de pensée. Entre parenthèses, ces secrets industriels n’existent pas par hasard. C’est bien parce que les hommes se volent les uns les autres que chaque groupe se défend comme il peut face aux autres groupes, dans cette espèce de lutte absurde appauvrissant le monde par la complication des réponses à tous ces maux. Chaque entreprise gardant ses plans et secrets industriels, chacun espionnant son rival.
Bon, tout cela n’est guère élevé, et ne nous enseigne pas sur ces plans mystiques, ou au niveau de notre être essentiel, ni même existentiel, humain, sensible, vivant, des relations et du bonheur de se sentir délivré de certains poids. Si bien que dans cette pesanteur existentielle nous sommes plus malheureux qu’heureux, plus enfermés que libérés. Certains, selon la méthode Coué se persuadent du positif absolu mais sont néanmoins pris dans leur boucle d’impuissance et de désolation. D’autres plus méchants mordent croyant pouvoir s’en sortir de cette façon. Mais ces morsures se retournent contre eux. Tôt ou tard.
Le Ciel bizarrement reste clos, et la Terre continue à vivre dans son enfermement céleste. Jusqu’à ce qu’elle en meure, dans cette boule de putréfaction et surtout de très grand désordre au sein de tous les ensembles censés être harmonieux pour pouvoir subsister. Alors il manque de tout partout, tout s’appauvrit et périt, la nature même étant la proie des flammes, nous ne pourrons pas survivre dans ces conditions.
Disons que « Dieu » nous enferme par le « Diable ». De même que des ingénieurs fabriquent des portes verrouillées qu’eux seuls connaissent et se gardent bien d’en livrer leurs secrets de fabrication. C’est de bonne guerre. Dans cet ordre d’idée, les hommes ont depuis des siècles fermé leur porte à ces dimensions supérieures, ces êtres extras ordinaires qu’ils prirent pour des voleurs et que systématiquement ils jetèrent dans le feu. C’est l’histoire des boucs émissaires, des innocents accusés de tous les maux, et des méchants mordeurs qui ne veulent pas démordre de leurs erreurs. C’est l’histoire des nuques raides des non repentis, des hommes imbus de leurs supériorités enfermés dans leurs certitudes ou leurs raisons. Certes, leurs raisons sont peut-être logiques, justes, exactes mathématiquement ou dialectiquement, comme sur ces échiquiers ou jeu de go, elles ne manquent pas de pertinence dans la conception ou fabrication des systèmes mondiaux qui dominent le monde, mais nulle part ces algorithmes ou ces systèmes d’informations ne sont conçus pour ouvrir la porte des hommes ou des âmes des hommes vers ces dimensions d’ordre divin. La preuve ? Si c’était ouvert le menu peuple aurait du pouvoir. Des pouvoirs. La pauvreté est sans pouvoir. Mais nous ne pouvons pas à la fois vouloir la richesse au Ciel et sur la Terre, il faut opérer un choix. Cette richesse des biens terrestres est un leurre si elle enferme les pauvres dans leur condition. De même cette richesse des biens célestes, des docteurs et des savants, des spiritualistes, si elle perpétue les conditionnements, au lieu de rendre les clefs.
Pourquoi selon vous nous ne pouvons pas régner au Ciel et sur la Terre ?

C’est tout de même assez fantastique qu’un objet aussi vide et élevé que le Ciel puisse nous enfermer, alors que rien sur terre n’est selon toute vraisemblance enfermé, rien dans la nature ne peut être fermé, tout y circule librement.

Alors peut-être faut il envisager quelque chose d’inférieur ? ou d’intérieur ne procédant ni du ciel ni de la terre.

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