paumés ou pommés ?

On veut nous imposer cette image des anciens humains comme étant inférieurs, brutes épaisses, mal dégrossis, peu raffinés, mais en réalité on ne sait strictement rien de ce qu’ils pouvaient éprouver, ressentir, souffrir et par conséquent de leur état d’âme, de leurs joies et de leurs peines. Orgueil des modernes, qui croient qu’avec leurs automobiles ou leurs smartphones, ils transcendent l’espace et le temps et sont des dieux ou pour le moins leurs égaux. Ils méprisent largement alors tout ce qui ne brille pas comme eux, sous leurs beaux habits, et le luxe qu’ils gaspillent.

Assis sur des montagnes de livres, ou des tas d’or, ils écrasent la vie humble et simple, ils pérorent sur les ondes, dans les ministères, au sommet des tours vitrifiées, imposant leur règles du jeu morbide.

Même les religieux qui passent pour si bon et pieux. Parce que, sauf preuve du contraire, nul dieu ne se présente plus parmi nous. Ne se présentent que des horreurs en masse élevées au rang de nécessité, comme des élevages en batterie de pauvres anges-poulets, simple illustration d’un modèle concentrationnaire des êtres vivants qui, dès que nous en faisons connaissance s’avèrent affectueux et bien innocents, adorables à leur échelle.

Qu’est-ce que c’est que cette saleté imprégnant donc les mentalités, fabriquant des dogmes, des obligations vestimentaires, des murs infranchissables où souffrent tant d’âmes humaines et animales, toute la terre même, ou pour préciser l’image, la Mère et par conséquent le Père, Être indissociable.

Je crois que nous sommes face à un choix. Soit nous voulons vivre, soit nous voulons mourir. Rien n’est imposé. Le mort ne rencontre que du mort, ce qui n’est pas grave. Le vivant rencontre le vivant.

Il s’y tient. Et là, il trouve ce vivant adorable et en redemande jusqu’à plus soif, même en des lieux reculés du passé. C’est sa façon de voyager…

Il y a dans l’évangile de Thomas des magnifiques énigmes. Tout comme dans de nombreux textes. Mais de ces mots nous ne pourrions en faire des religions, des objets de croyances, sans tromper grandement ceux qui avalent ces mots sans que cela suscite en eux un sentiment fabuleux du Mystère.

Alors, dans ce monde paumé, qui nous trompe énormément ?

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