Murs mûrs

Parfois, il conviendrait de remettre les pendules à l’heure, mais encore faudrait-il avoir l’heure. Savoir de quoi on parle. Ça part en tous sens, ou en vrille. Noir contre blanc, masques contre masques. Quel déchaînement, quelle lutte entre tous les mouvements qui se croient tous aussi légitimes les uns que les autres. Et nous obligent à prendre part au conflit. Impossible d’être neutre, ou de se laver les mains de tous ces morts et malheurs qui nous séparent les uns des autres. Même les sexes n’y échappent pas.
Ceci n’est pas rigoureusement vrai partout, dès lors qu’on vit dans un ensemble humain ouvert, et où les échanges et le dialogue ont lieu. Mais globalement c’est plutôt tendu et fermé.
Qu’est-ce qui est noir sinon l’âme des hommes plongée dans le noir ? Qu’est-ce qui est blanc si ce n’est l’innocence, ou une certaine candeur désarmée ? Bombes humaines face aux monstruosités des bombes atomiques. Puissances contre populations. Ordres contre aspirations à vivre simplement. Tout cela est assez schématique et sûrement réducteur. Ce qui nous échappe et passe inaperçu, ces choses invisibles, ces mots et insinuations, ces intentions jamais explicitement avouées, de même l’ignorance et la bêtise, le manque d’amour, les embrouilles verbales qui aggravent les situations, le cloisonnement des gens derrière des machines et des écrans, tout cela est facteur négatif peu propice à une sortie de crise, pire, cela nous fait sombrer encore plus. Nous butons sur un mur. Partout.
Bien malin celui qui dans ce contexte sait comment on va en sortir. Quelle politique adopter, quel programme, quelles mesures, surtout quand on constate les mensonges et les injustices, les violences et les désordres, de haut en bas et de bas en haut ?
Nous passons à côté.
Ce qui sépare le yin du yang est aussi Celui qui sait les assembler. Nous passerions à côté sans savoir ? Il est certain que si nous ne sommes pas dans la joie, c’est raté. Et très dommageable pour le monde.
Parce que si la peur est contagieuse, la joie est communicative, elle se répand. Dire qu’elle nous soigne n’est pas excessif. Le corps et l’esprit ayant chacun leur part.

Il est à peu près certain qu’on nous cache quelque chose.

%d blogueurs aiment cette page :