De l’Art comme signe

L’âme est âme de dieu, et par extension l’âme de Dieu.
Nous compliquons l’âme, qui ne peut s’épanouir en nous, en étant murée. Elle se tient en retrait, distante. Elle ne nous parle plus, ne dit plus rien.
Au lieu de nous en rapprocher, nous nous attachons à ce qui nous perd, nous égare et ne cesse de produire ces chocs et ces violences. Ce n’est pas pour rien, mais pour que nous renversions notre regard. Les maux sont des signes clairs.

On peut toujours dénoncer les exactions des uns et des autres, cela ne peut se modifier si nous n’avons pas une claire conscience de cette question d’âme, de la lumière qu’elle porte, lumière sans voix, qui est à proprement dit la voix.
Nous ne sommes pas sans ressources pour voir et entendre, il y a de l’art, inclus dans la Nature. Mais, Il ne faut pas que nous rendions ou prenions la nature en artifice, en artefact factice, ou faux. La vie vraie est un artifice naturel. Et non une nature artificielle modifiable à notre guise, selon notre volonté ou notre ignorance.

Comment, par qui ce renversement de notre regard peut s’opérer, et de la nuit passer à la lumière ? C’est le Passage obligé.

Je songe au fait des parents. Nos pères et mères ne savent pas, de même que leurs pères et leurs mères. Ils sont forcément obstacles à tout cheminement vers notre âme éloignée. Ils nous retiennent auprès d’eux, de leurs conditionnements, qui font mur. Pour voir et passer, il nous faut suivre un enseignement renversant.
Nous retrouvons, une fois ce passage effectué, dans la lumière, l’âme de nos pères et mères, la même que la notre. Ce qui tout de même implique de grandes transformations avant d’atteindre cet objectif, parce que nous ne sommes pas à proprement dit nés d’eux. Si nous sommes venus sur terre par eux, nous étions avant d’être ici.
Ainsi nous étions dans l’âme de « dieu » avant tout, avant de tomber dans ce monde obscur, crépusculaire où nos parents devaient se débattre dans leurs propres zones obscures. Or, l’enfant pour s’édifier ne peut prendre que la part lumineuse, et se révolter contre la part sombre, tout cela dans les fonds subconscients.
Évidemment la pure lumière est difficilement acceptée par l’ensemble des hommes, puisqu’elle nous oblige à mettre nos parents en retrait, spirituellement.
Être parent, c’est avant tout un devoir. Une propulsion des enfants en avant vers leur lumière, vers leur inconnu, que les parents ne peuvent connaître. Et non les retenir dans nos murs.

Pour les parents, c’est à dire les enfants que nous étions, cela ne regarde qu’eux dans leur intimité, l’intime de l’âme qui nous sert de guide exclusif pour notre épanouissement.

Il est tout à fait légitime de se demander quelle relation peut-il y avoir entre l’âme et les affaires du monde.
Sortir des sentiers battus : Il est convenu que le monde n’a que ses affaires à régler, sans s’occuper d’autre chose. Le monde croit qu’en réglant ses affaires, ses problèmes strictement terre à terre est un objectif suffisant, comme de soigner ses effets et se limiter à cela, ou se borner à croire sans plus, à ce qui se produit au cours de cette existence prise entre deux néants. Comme si le fait matériel était le tout, expliqué au mieux par le fait scientifique, et à la limite par le fait spirituel mais qui demeure une affaire personnelle. Et dont on ne peut rien en dire ni tirer de conclusions.
Et encore moins de preuves. Tout juste si on peut l’exprimer par les créations artistiques. Et que celles-ci nous regardent sans offrir de moyens supplémentaires de connaissance. Comme si l’Art n’était qu’une forme de passe-temps, de loisir pour rendre nos jours agréables. Alors que cela reflète une urgence. Nous entrons dans le vif du sujet en approfondissant les contenus des arts.
Alors la question est celle justement des contenus offerts au monde. Et des formes montrées, créées. De tout ce qui est caché. Des secrets de l’âme, ce qui se joue dans cette relation à deux, et qui s’y révèle et se crée.
Il est question de l’homme et de la femme, de la puissance du désir. De cette tension ou cette force du Mystère, et de la mise à nu de notre âme. Et de ses accidents qui s’y produisent ayant des effets considérables, dans les affaires du monde. Question de pur et d’impur, d’union ou de séparation, de bien commun, ou de bien perdu, de chuter ou de se relever.
Tout est loin d’être bon à exposer. Les boues s’étalent à la face du monde, comme si c’était des lumières. Ou inversement, des pensées prétendument pures nous privent de vivre selon nos rythmes propres, notre évolution ou nos besoins. Nous sommes pris entre des puritanismes déments et des obscénités également démentes, ce qui trouble la vue des enfants.
Le sexe ne peut être que ce lieu hors de nous, hors norme, tension et fusion de féminin et de masculin, énigme de la chair double qui frôle l’Un.
L’âme se joue à deux. Mais deux étant sexuellement de l’autre sexe, se complétant. Le sexe est forcément insuffisant pour fonder une existence viable commune. Mon dieu, quelle porte ouverte…
Il y a l’amour aussi entre deux, qui doit l’emporter. Dans cet esprit là, le sexe est secondaire. Une amitié amoureuse peut se passer de copuler. Ou disons, peut rester chaste, ce qui est nettement plus sain que l’excès.
Un point important est d’être deux, au sens d’être. Il n’y a pas un être sujet et un être objet. Le monde retrouve son âme. Le voile révèle ses lumières.
Nous retrouvons nos habits originels par le truchement des chants, des dessins, des formes que nous créons et que nous pouvons contempler.

Et après ?

Une fois qu’on a dit qu’il n’y a pas de paix sans vérité vécue, que le réel n’est pas matériel exclusif ou spirituel exclusif, que notre mort contient notre âme, que la révolte est une impasse, comment arriver à voir la vérité, l’entendre, la réaliser, se décider à modifier radicalement nos choix, et que le futur s’ouvre devant nous ? Autrement dit comment allons-nous pouvoir véritablement progresser vers une vie meilleure, une ouverture en notre esprit, et une libération dans nos existences qui verraient nos relations totalement modifiée de même que nos peines, nos devoirs, tout ce qui nous pesait, et nous enchaînait.

Dans cet ordre d’idée, et impérativement de mise en pratique de ces idées simples, nous voyons les nœuds tragiques se défaire peu à peu. Nous ne serions plus esclaves de faux besoins, de désirs maladifs, de tyrans décidant pour nous du bien et du mal, nous sanctionnant ou nous gratifiant.

Cette progression ou cette évolution ne peut passer qu’en se défaisant des anciens liens néfastes, remplie des vengeances et des ressentiments, de ce qui alimente le rejet des uns et des autres. Cette libération de ces jougs sinistres ne se peut qu’en se réappropriant, en assimilant et se disciplinant à un joug « autre », mais forcément douloureux dans son processus d’épuration et de réparation de tous les maux reçus et infligés.
Nous ne sommes pas condamnés. Il n’y a pas de salut dans la mort, il n’y en a que dans l’âme qui se retrouve vivante, à la fois dans ce temps d’existence et au-delà de cette existence. Vivante et présente. Les liens rompus se reconstituent tout doucement.
Cet ange que nous étions, cette forme humaine reprend conscience des origines, de ses métamorphoses, des transformations qui s’opèrent en passant par le filtre terrien de l’existence obscure.

La terre c’est un lieu difficile, certes. Ça fait partie des plans. Des plans et intentions créatrices. Et non des intentions destructrices.
Malgré cela, nous ne saurons jamais tout à fait pour quelles causes exactes nous sommes venus vivre sur terre. Nous le saurons quand nous serons au « ciel » hors de ce corps, à condition de s’y rendre. Et de savoir comment. Bref, on n’est pas condamnés à l’ignorance.

On contribue à la connaissance par la reconnaissance.

Ça, cette reconnaissance, englobe peu et beaucoup à la fois. On reconnaît ses méfaits, on reconnaît ses frères et sœurs, on reconnaît le pur. De fait on s’ouvre le Chemin.

Qui a tué Jésus ?

Qui le tuerait encore aujourd’hui ? Ne serait-ce pas ceux qui voient leur domination s’écrouler ? Et qui sont ceux qui dominent le monde totalement, envahissant tous les espaces mentaux, tous les moments et ne laissent nulle place aux rêves et à l’espérance ? De fait le temple de l’Homme est sous le joug, la coupe ou la voûte des marchands et leurs fonds de commerces. On y vend de tout. La vérité même y est vendue. Corrompue, enrobée de tous les mensonges possibles, trahie, dévoyée, pourrissant les esprits, les cœurs, et les corps. Ils se sont immiscés dans la vérité de nos rêves innocents, par des boniments, des séductions, puis par des contraintes implacables armées.

La question n’est pas celle du capitalisme à proprement dit, puisqu’on sait qu’on ne fait rien sans un capital, de savoir, de techniques ou de temps, comme un capital de santé, de forces dont on dispose. La question tient à cet esprit des concurrences pour dominer le monde, donc à l’histoire des conflits qui nous mirent dans cette situation actuelle des marchés recouvrant toutes les possibilités. Toutes les paroles. Avec comme sanction à la clef, la privation pour les rebelles à cet « Ordre » marchand : Marche ou crève.

C’est pour ça. C’est pour cela aussi qu’ici ou là, on fait semblant d’attendre le Messie, parce qu’il redirait les mêmes choses actualisées, comme un grain de sable dans cette machine, dans ce sac de nœuds indescriptible. On ne veut pas entendre le message, dont nous pouvons tous être témoins. ( Ceci veut dire que ce n’est pas tant la figure ou le nom du messager qui importe, mais bel et bien le contenu en vérité ) 

Ainsi voit-on tous les vols avec violence s’organiser pour piller les ressources et en faire des marchandises s’imposer comme « biens » indispensables, smartphones, tablettes, missiles, kalachnikov, autos, robes et bijoux, dont le monde est absolument saturé et absolument privé.

Misère.
La Vérité ne se vend pas, elle se donne et se prend, parce que nul n’est propriétaire de la vérité, de même de la vie. Tandis que les biens s’échangent. Que les paroles s’échangent, justes et communes. Ce qui est capital c’est ce bien commun qui tend vers la vérité. Parce que la Vérité est devant nous, elle nous devance, et nous nous y rendons. Ou non.

Par défaut de cela, les formes deviennent chaotiques et catastrophiques. Qu’ils soient des torrents de boues, des tsunamis, des révolutions sanglantes et sans issues, ou des fascismes.

On arrive au bout. Avec ces ventes de gamètes, comme si nous vendions père et mère. Pour quel intérêt ?

Eros, suite

On dirait que les états entrent en guerre à cause de grandes frustrations, de manques considérables enfouis dans le passé, et insolubles. La guerre n’ayant jamais cessé, on se trouve dans les situations où toutes les actions des hommes ne visent qu’à la perpétuer, et à priver les autres de tout moyen d’existence.