Lieux commun

Avec le temps on perçoit combien nous sommes fragiles face aux éléments, une marche longue sous le vent, la chaleur écrasante, les froids, la moindre pierre pèse plus que lors de notre jeunesse, où nous rendions à peine compte de son poids. Les aliments même ou les alcools se digèrent avec plus de difficulté, le corps s’amenuise, devient comme une plume qu’un léger souffle bouscule, presqu’ arrivé à son terme. Nous pouvions penser plus vigoureusement, du moins nous étions traversés par ces nombreux feux animant notre cerveau enflammé de tous ces mots, concepts, logiques, correspondances juste comme on danse sur les eaux du verbe. Le combat est perdu d’avance pour ce qui est de cette dimension terrestre des choses. Reste-t-il un peu de mémoire, non de celle des objets, ni même des événements, mais celle qui s’inscrit entre les lignes de nos sangs rendus blêmes et maladifs ? Peut-être s’agit-il ne plus résister à  tout ce qui nous emporte au-delà et fait corps avec lui, comme si cela allait être notre seconde peau ?  Disons évanescente, où nous allons naître.

Rien n’est grave si nous ne perdons pas en chemin prisonnier des néants, de nulle part. Si les machines non plus ne nous achèvent avant la nature. Parce que celle-ci ne nous broie pas, elle nous fait vivre où que nous allions.

Ce n’est pas la même chose avec ces perversions issues des enfers, lieux communs détestables.

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