Les cathédrales du Chaos

Les puissants pour ne pas perdre la main, leur emprise sur le monde, produisent des chefs-d’œuvre de désordre et de séparation des hommes entre eux, des races entre elles, des sexes, des hommes et de la nature, et fin du fin, des hommes avec leur psyché, comme on fabrique des fous paranoïaques, des schizophrènes, et des gens ayant tout oublié, des temps dans lesquels nous nous tenons, des lieux, et des noms de lieux, des orientions instinctives dans l’espace, désormais sous contrôle du gps.
Ces cloisonnements nous privent de toute réponse valable et de pouvoir ne serait-ce que nous insurger, ou construire un autre monde, doué de sagesse vivant de bon sens, ou de vérité. Quelque part les peuples sont knock-out pour notre bien par la machine globale, source d’effroi par la souffrance ou la peur de la mort dont nous sommes otages dans ce noir profond.
Ce n’est pas la communication par téléphone ordiphone et lettres écrites comme on parle, mais d’où ne sortent nulle voix, nul ton et en réalité nulle poésie, qui vont nous faire communier, au sens de se sentir dans un esprit commun, ou dans cette lumière intuitive qui nous rassemble. Tétanisés d’angoisses et de solitudes, envoûtés par des chiffres qui nous mettent à terre sans réponse possible, parce qu’ils sont objectifs, absolument indiscutables, n’ayant en eux-mêmes nulle vérité qu’eux-mêmes, ils nous enferment dans cette boucle de quasi néant.
Nous ne sommes que des chiffres, des séquences de génomes, et des robots fonctionnant par les nombres, et les bits d’information. Une fois le courant coupé vous n’existez plus.
Voyez le tableau.
Dans ces conditions là, les forêts peuvent être rasées, les animaux périr, les mers vidées, les gens en prison ou tués, cela n’a aucune importance. Puisque la machine savante et puissante peut continuer son œuvre de mort visant ni plus ni moins qu’à saisir le savoir ultime et initial, l’alpha et l’oméga de la création et donc se substituer à Dieu maître de la mort, et de la métamorphose du vivant. Les masses, les corps n’étant que des objets, des outils plus ou moins utiles à ces projets déments.
Puisque vous allez mourir, vous pouvez donc livrer votre corps, qui n’a nulle importance, nul destin, il doit servir les plans avant votre anéantissement. On vous épargnera tout de même une trop grande souffrance, on vous administrera des drogues, dures ou douces, des alcools ou des opium, de la morphine dans les cas extrêmes, mais vous serez des cobayes des laboratoires, et vous servirez les bases de données, les datas dans le cloud hors de la portée du moindre quidam.

Les plans de cette cathédrale du Chaos peuvent ils se confondre avec les plans de Dieu ?

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