la faute

Je m’interrogeais sur la notion de faute. Sur la mienne puisque je ne me sentais pas fautif. Mais si je me sondais je découvris qu’elle ne peut pas ne pas avoir eu lieu quelque part, du moins si j’avais l’honnêteté de la reconnaître. Ce qui me demandait un minimum d’effort, et de discernement. Je sais ce qu’elle est. C’est mon affaire exclusivement. Bon, cela me permet aussi de comprendre quelles formes elle emprunte de la façon la plus violente chez les autres. La trahison, l’hypocrisie, la sournoiserie, la passion négative, le poison qui circule dans les veines, tout cela nous voile la lumière, comme la haine nous aveugle et nous retient dans le noir. Nous sommes tenus dans les profondeurs obscures de notre sang, de nos mémoires dont nous avons oublié le signe.
Alors il en résulte des racismes, des sexismes, ou spécismes de toutes sortes. Nous restons enfermés dans l’amour de notre sang, notre égoïsme. Le raciste défendant sa famille, et rejetant les autres. Or ce n’est peut-être pas ce qui est en vérité.
Ce qui est, c’est la révolte secrète. Contre soi-même dans son sang, la haine secrète de sa naissance, de sa condition, de l’ignorance dans laquelle nous sommes retenus, pris dans une contradiction. Parce que nous avons aussi cette autre haine secrète de ce qui n’est pas de notre sang. Nous avons baigné dans l’amour maternel, dans sa douce lumière. Incomparable aux autres lumières, nous y étions captivés. De même celle de notre père, quoiqu’elle soit d’une autre essence.
Nous devons nous extraire de notre sang, nous désaliéner de celui-ci, tout en le gardant. Nous allons forcément devoir épouser un autre sang, parce que l’inceste est insoutenable, et tabou a proprement dit.
Concernant les races ou les familles, les cultures et les croyances, voyons-nous mieux les défauts des nôtres ou les qualités des autres qui nous font défaut ?
Le sang véhicule tellement de choses à notre insu. Nous sommes plus pris dans nos passions que délivrés par celles-ci. L’amour, le cœur, le courage, tout cela est extrême, dans le bien, ou dans le mal si nous n’y prenons garde.
La faute commune aux hommes se dévoile dans la volonté dominatrice qui s’établit. Dans le règne qui s’impose sur la faute du monde. Dans l’esclavage nous ne pouvons la percevoir. La nature échappe à l’esclavage par son innocence. Tout cela, tous ces travers sont strictement humains. Dans la souffrance la nature meurt et ne nous laisse plus que la mort. Mais dans la pureté du cœur la nature nous soutient.
Preuve s’il en est que notre faute n’est pas irrémédiable. Sauf celle que nous aurions commis en Esprit. C’est comme un dé que nous aurions jeté et dont le sort était lancé.

Dans cet ordre d’idée nous voyons bien que les mots en aucun cas ne peuvent dire la vérité de l’Esprit. Tout ce qui est notre pouvoir serait la franchise pour faire reculer hypocrisie, mensonge trahison, sournoiserie, et ces cortèges de violences, intérieures et extérieures. Nous aurions contribué à réduire nos fautes respectives, et fait reculer le mal.

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