Être à l’heure du jour et de la nuit.

Nous avons de la chance. Nous ne sommes pas seuls nous tenant encore ensemble pour passer ces temps très spéciaux de désordre et de pauvreté, cette déroute mondiale à de nombreux niveaux. Nous ne sommes pas emportés par des torrents de boue ou des tsunamis, par des bombardements liés à ces guerres fratricides démentielles qui obligent les peuples à des migrations, ou à prendre les armes pour essayer de sauver quelque chose de leurs pays, nous pouvons encore voir de temps en temps nos enfants malgré l’éloignement, et ceux-ci arrivent à vivre de façon tout à fait correctement et digne, en correspondance avec leurs idéaux. Ce qui n’occasionne pas de conflits entre eux et nous. Nous n’avons pas perdu, ni perverti notre art pour gagner de l’argent, nous avons conservé la ligne de nos sentiments et de nos idées sans concéder à des modes ou à des tendances qui nous sont étrangères, ce qui nous semblerait trahir l’esprit créateur qui nous anime, pour obéir à des diktats de la pensée extérieure à la notre. Nous aurions été dépossédés de nous-mêmes si nous avions concédé à cela, pour nous inscrire dans les courants officiels. Bien sûr le revers est que nous nous retrouvons en marge ou laissés sur la touche, n’existant pratiquement pas, si exister veut dire exister aux yeux du monde.

À ce rythme, nombre de grands passèrent inaperçus. Et leurs mots ou leur œuvres de même. La pratique de l’art ayant une mission de catharsis qui nous concerne sans devoir passer par des approbations  douteuses. Tout ceci importe peu, si nous arrivons à être reconnus par nos proches, famille ou amis, et que nul lien n’est brisé, que notre cœur ne l’est pas ou notre tête non plus.

Les orages et les tempêtes nous montrent ce déchaînement possible des éléments. La terre étant prisonnière de son passé, de ces bêtises et monstruosités des actes humains et de leurs pensées interdites. Cela ne coule pas de source, si les eaux sont devenues souillées.

Entre la nature et l’homme il y a des gouffres qui nous séparent. Et de ce fait divisent les hommes entre eux, les hommes des femmes, les générations et les langues, et même au sein des groupes censés être des mêmes opinions, il y a des schismes. Et de nombreuses tueries pour avoir raison.

À ce compte la raison est folle. Le monde gagné par la folie se retire dans son cocon et devient malade sous l’emprise des peurs et des angoisses. Tout se ferme. Tout devient incompréhensible. Le bon sens même n’est pas entendu.

C’est l’impuissance généralisée d’une humanité livrée à des démons. Puissance du Chaos. Trouble.

Ce qui veut dire ce que ça veut dire, les lumières ne passent pas dans l’épaisseur de ces eaux boueuses. On croit pouvoir y échapper, mais on ne fait que compliquer les phénomènes en rajoutant des techniques, des sommes d’argent, des constructions, ou des décrets et autres obligations coercitives. Rien de tout cela ne peut faire surgir la lumière des ténèbres. Ce qui est assez conforme à la vérité disant que seule la lumière est lumière et la nuit noire. Les deux ayant leur nécessité d’être respectivement sans se nuire nulle part.

Blanc et noir ne se mélangent pas, ils s’unissent sans griser, sans faire des rideaux de fumée qui égarent.

En supposant que nous puissions voir, là nous avons encore une chance.

Voir c’est se tenir dans la lumière. Vous savez bien de qui provient toute lumière, de même que la nuit.

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