écho

Qu’avons-nous perdu ou oublié, de la douceur ou de la bonté, de la chaleur qui sort de la terre comme notre mère, baignée de son océan et des vents paisibles de notre enfance, ces moments calmes où nous nous promenions sans peine le long des rives de l’été ?

Serions nous devenus des sortes de galériens ne saisissant plus rien de ces amas de roches qui nous meurtrissent les chairs au cours de nos naufrages successifs, broyés par le chaos des propos voilant la mémoire et la sensibilité effective de la chair ?

C’est pourtant cela seul qui ouvre la porte lumineuse et tendre, où nulle violence opère sous la peau, où celle-ci se fait totalement oublier, et ne reste qu’une danse transparente dans un temps adorable.

Qui sait d’où cette douceur nous revient pour redonner envie de vivre, et qui sait si cela ne suffit pas à faire naître des anges sur la terre ? Qu’enfin nous puissions pénétrer le sens contenu dans tous les mots et les intentions cachées que nous entretenons parfois accrochés à ces cailloux qui s’agitent en tous sens sous nos os et frappent nos oreilles à nous rendre sourds.

Nous serions tombés sous le coup de la loi des enfers, réduits à l’impuissance face à ces murs.  Comme si n’existait plus aucune dimension supérieure éthérée nous acceptant en son sein de miel et de lait.

Qu’ils sont pitoyables ceux qui veulent décréter le paradis à coup de textes de loi, et n’osent pas briser les tables absurdes des règlements de propriété, de frontières, terreurs entretenues par les marchands de mort et d’armes, ces malades cyniques et paranoïaques, pervertis par leurs désirs morbides qui tétanisent les foules sous leur joug menaçant. Ils obligent au mutisme sous peine de prison. Ils rendent sourd le monde et seuls parfois des enfants sont encore réveillés.

Enfance, lieu où naît cette sensibilité et souvenance des paradis par écho location. Les univers lointains émettant des ondes que seules des oreilles pures peuvent entendre…

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