Dernier round

Ce n’est pas l’Europe qu’il faut sauver, ni le climat, c’est la Terre. Le moment que nous vivons est grave à tous les points de vue. Que sommes-nous dans cet instant décisif ? L’humanité est une entité Une. Rien n’est fondamentalement séparé. Si un homme vit le monde vit. Si un seul meurt tout le monde meurt. La guerre semble être encore le moteur du monde. Ce n’est pas une apparence si l’on en croit les usines d’armements florissantes et les chefs d’états qui bombent le torse comme aux temps barbares. Si le chimique est un désastre pour le biologique les armes le sont davantage. Mais ces armes ne fonctionnent pas en dehors des hommes qui décident d’exterminer.
Puisque c’est crucial pour la survie de la civilisation – nous dit-on – pourquoi serions-nous tenus d’avoir des projets guerriers vis à vis de n’importe quel autre peuple du monde ? La civilisation serait un mensonge ? Elle n’aurait eu comme finalité que d’accroître sa puissance dans le monde en faisant croire aux citoyens que la guerre n’aurait plus lieu du tout en dedans, entre nous, d’une part, mais ce qui est mauvais entre peuples européens serait bon et favorisé en dehors, contre les autres.
Ce qui veut dire que l’humanité se divise en plusieurs camps au lieu de se sentir un destin unique. Pourquoi cette division d’un être Un initialement en une multitude déchirée ? La question des facteurs qui nous divisent est du même ordre que ceux qui nous rassemblent.
Le serpent est toujours tapi sous les apparences. Langue de vipère, mots hypnotiques, doucereuses paroles, insinuations, Etc. Tous les rôles se trouvent sur scène dans ce théâtre magique-religieux. Rôles ou masques. Possessions, envoûtements. Le mot n’est pas abusif. On est tous possédé par quelque chose de plus grand que nous. Un bon ou un mauvais esprit, qui est la base de la morale.
Le mal a un rôle à jouer, mais nous ne le confondons pas avec le bien. Nous n’avons pas à céder à ses injonctions en faisant mal à notre tour, en disant ou pensant mal. Ce qui peut sauver la terre par conséquent tient à cette volonté de ne plus succomber. Cela relève de toute l’humanité, et non seulement d’une tête. S’il y a une tête, c’est parce que nous l’avons voulue.
En d’autres termes, le mauvais ne tient pas à sauver la terre. Il a d’autres projets, d’autres intentions, incluant sûrement une démence. Il ne tient pas plus à sa vie qu’à celle des autres. De ce fait là, il passe inaperçu.
Nous, la seule chose en notre possession, c’est la reconnaissance. Par là, nous devenons une humanité une et vivante.
Nous pourrions jouir de tout. Ce n’est pas encore ça.
Ce monde, pourrait-on dire cette Bête, essaie de tromper son ennui en s’agitant partout, dévorant, avide pour remplir son vide, faisant croire à l’obligation de ces besoins, et des plaisirs qui en font le sel, tout cela procède d’une profonde stupeur face à l’abîme.
Ne pouvant supporter ce vertige qui s’exprime dans la puissance des éléments, et l’immensité, nous nous créons des espaces repérables, des constructions comme si nous n’étions destinés qu’à cette demeure et rien qu’à celle-ci.
Comme si le tout n’était que dans ce temps d’existence et que nous devions par conséquent multiplier les saveurs de ce temps qui nous est accordé et jouir à fond.
Les hommes sont surpuissants, enfin se pensent tels, et engendrent des monstres, des machines, des immeubles, des médias, des institutions comme des prisons, pour soumettre les êtres de la nature.
Violence et barbarie des civilisations.
Barbare, cela veut dire étranger. Nous demeurons étrangers à
la Vie et à la Vérité. C’est le mensonge qui règne et écrase tout sur
son passage.

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