De proche en proche

Afin de voir ou entrevoir en quels lieux nous peinons pour nous comprendre, un exemple. Nous avons une idée de la cellule. Nous la voyons comme entité unie et vivante, ce qu’elle est dans un sens. Dès qu’il y en a deux, ou plusieurs, nous pensons son aspect pluriel différent de son aspect unifié. Nous pensons la fourmi comme sujet individuel distinct de la fourmilière. Nous pensons les cellules de notre corps comme distincts de notre corps. Ce qui est assez vrai, relativement au fait que nombre de cellules de notre corps sont mortes et passent leur temps à se renouveler, alors que nous semblons toujours être le même ou à peu près le même être. Nous ne nous pensons pas comme étant une cellule. Si la cellule est une base unie, deux cellules ne forment pas une cellule. A fortiori des milliards. Il est assez limite de qualifier le corps humain dans son ensemble, de cellule. Alors ne sachant pas poser les bornes ou trouver les limites exactes de l’un ou du pluriel, nous les cherchons dans les profondeurs. Nous allons explorer avec nos microscopes les fondations de notre corps, et nous y trouvons un grouillement extraordinaire de cellules différentes selon leurs fonctions et leurs formes, le tout composant une sorte d’unité, plus ou moins chaotique. Pourtant de un à deux, il y a une sorte d’identité, qui se trouve en allant un peu plus profondément dans les gênes, même si chacune des cellules est porteuse de ses fonctions spécifiques, comme chacun de nos organes a son rôle au sein de l’ensemble.

J’abrège. Nous pouvons nous voir comme un simple être monocellulaire, porteur de sa signature ou de son identité, ce qu’on nomme bêtement individualité. Ceci est un point d’achoppement dans les échanges entre nous, cellules ou fourmis au sein d’une fourmilière.
Dans ces ensembles encore plus grands, ce n’est pas le corps enclos qui peut décider de son existence, sans tenir compte des milliards d’autres cellules, mais est-ce que nous savons ce que nous dit le corps plus grand. S’il existe ou si n’existent que des illusions, des impressions et des événements que nous devons subir.

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