De l’ordure à l’or d’où.

Sacrée fortune, sacrée crèche en or et argent.
Que ne ferait-on pas pour la fortune, ou la chance, comme si celle-ci nous plaçait sur le sommet de la montagne. Pratiquement divinisé. Rendu à l’état de figure transcendante. État sublime. Ou toute puissance du fortuné.
Sans doute faut-il voir que l’argent n’est qu’une parole. Rien d’autre. Tout va à l’argent. Tout le sert. Comme entité indépassable. Arts, sciences, techniques, productions de biens, d’armes, de feux, malgré toutes les catastrophes qui ne seraient que des destructions créatrices prometteuses d’un ordre supérieur en cours d’élaboration. Incontournable selon la raison et selon l’irrationnel. Donc absolument imparable. Infaillible.
Évidemment on peut en douter. Mais déconstruire l’ensemble construit et caparaçonné à mort, cela a un coût, celui de notre vie engagée. Autant dire celui de notre âme. Que nous sommes seuls à affirmer, qui ne se prouve nullement dans le monde, mais demeure pour toujours dans sa profonde tombe.
L’art aussi n’est que parole, signification éphémère de l’éternel. Renouvellement permanent des discours qui nous fondent ou nous soutiennent dans la certitude ou la foi, comme des images sacrées, pures. C’est comme un bloc de béton, un mur inébranlable, sur lequel viennent se buter nos doutes, craintes, hésitations, divisions existentielles, incapacité formelle à transcender la force objective mise en place, et que nous amplifions dès lors que nous nous soumettons à ses diktats.
Ce qui achève le relatif humain, le naturel, le faillible, l’imparfait et l’altéré.
Tandis que le temps est éternel. Immortel. Comme l’or, imputrescible symbole.
C’est probablement pourquoi les hommes sont fascinés par ce métal. Et y croient.
Ce n’est pas par consensus qu’ils y croient. Mais par atavisme. Cela provient de la nuit des temps. Et ceux qui se sont opposés à cette icône furent très mal vus du monde. Exclus, bannis, maudits.

S’il y a du vrai dans l’or, c’est uniquement dans l’Age d’Or.
Par opposition à l’âge des brutes, des bêtes, des démons, des larves et des possessions. Des corruptions, l’age de nos morts assoiffés d’or.

Voyez, l’âme humaine n’est pas en ordure, mais en or d’où ?

Allez mon doudou…

 

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