Comme une Fête

À quoi ça sert de vivre si c’est pour mourir ? À quoi ça sert d’aimer ou de penser pour que tout s’éteigne ? N’aurions-nous une âme un jour pour ne plus jamais rien voir ?
Qu’est-ce qui fait qu’un jour notre âme a pu voir, ou se réveiller, se sentir vibrer, vivre en phase avec les mondes ? Notre âme ne serait-elle que fantôme errant et hasardeux, fantasme de notre cerveau, processus électrique et chimique d’ atomes et cellules composant un semblant d’unité, une illusion, dans un univers aussi illusoire destiné à disparaître dans un trou noir ?
Trou noir certes, absolu si l’on sonde les confins des univers. Mais tout cela nous échappe fatalement. Nous n’y sommes absolument pas, même si nous pouvons le concevoir ou le penser. Le penser met une distance entre le néant et nous. Le néant est infini, seul infini indiscutable.
Sauf qu’en son sein, existent tous ceux qui existent et se maintiennent en leur être. Ce qui fait que l’être se maintient dans le néant sans rien lui devoir, mais ne doit qu’à lui-même le fait d’être.
Alors ne posons que l’être parmi tous les êtres existants. Et voyons comment tous les êtres peuvent y puiser leur énergie. Énergie, ou Amour, ou Volonté de vivre.
Les Dieux mêmes sont confrontés à ce réel. S’ils aiment ce n’est pas par amour propre, c’est par cet amour du Jeu, pluriel et infini Mystère. Autant dire un immense plaisir qui se déroule en eux et hors d’eux. Bonheur, extase. Comme une Fête.

Dans cet ordre d’idée, toutes les œuvres servent l’ Oeuvre plus grande qui nous fait grandir, la mort tombe d’elle même.

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