Com par hasard

La Chose.
C’est la chose qui fait bien des dégâts dans le monde parce qu’on la prend mal. Nous avalons notre nourriture par la bouche et non par le nez ou les oreilles, nous déféquons par l’anus, nous copulons par le sexe, spécial à l’homme et à la femme, et qui les relie. Organes de reproduction et d’union, ou d’union d’abord et de reproduction ensuite. Dans ce moment, dans cette chose, l’homme ou la femme laisse une part d’eux-mêmes pour rencontrer ou connaître l’autre en ce lieu intime et exclusif respectivement. Cela ne se passe pas à trois. Ni par des organes inappropriés. Faut voir et savoir ce qu’on fait. En ce lieu tout le corps est sollicité, toutes les énergies sont mobilisées, dans cet abandon et cette prise respectives, dissymétriques, de l’ombre et de la lumière, de la caverne et du soleil, intérieur et extérieur, peau et spirituel. Puisque tout le corps est sur la brèche, sang y compris, sentiments, fantômes, mémoires, imaginaires, cerveaux, os et dents, c’est à la fois un oubli de soi, un don et une union mystérieuse, qui ne peut se pratiquer n’importe comment ni sans maturité, qui demande d’être adulte.

Adolescent non, c’est trop fragile psychiquement. Enfant n’en parlons pas, c’est criminel.
Comme un fruit met un temps pour mûrir, nous mettons du temps pour devenir adulte face à la violence contenue dans nos corps et qui, une fois maîtrisée, nous autorise d’y goûter toutes les saveurs. Avant maturité, c’est prématuré. Cela a des effets sur tout le corps, sur tout le psychisme et sur le sang. Impossible que ce soit sans effet.
De tous ces excès et transgressions, de toutes ces unions fausses de nos parents, depuis la nuit des temps, qui ont forcé les choses, contraint les enfants à se marier, les adolescentes à enfanter, il en résulte des montagnes de maux et de frustrations, de manques de saveur des uns vis à vis des autres, dans un désamour abyssal. Et de nombreuses tares héritées. Une Ombre globale sans soleil, un Soleil sans ombre.

S’il reste l’amitié, ça va. Si même nous arrivons à aimer nos ennemis, ça peut passer.
Autrement dit, dans ces conditions nous pouvons cheminer ensemble. Penser en commun, échanger nous entendre et nous réjouir d’être en présence les uns des autres. Les maux s’estompent, ils s’éloignent. C’est de la morale mise en pratique qui n’a pas besoin de faire de la morale aux autres, dans des serments d’hypocrite, des aliénations de mauvais esprit.

Perversions subversions, toutes ces inversions de sens, ne peuvent guère nous éclairer si un phare ne les met pas en lumière en plein jour.
Et vous, quel est votre Phare ? Le Hasard…

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