Ce qui est grave

N’est pas aiguë.
Montrer du doigt un mal manifeste donne l’impression de faire bien, bonne conscience, lave plus blanc. Ainsi le monde continue sa course dans le noir.

On se croit juste parce qu’en un point précis mauvais, on n’agit pas. Mais les causes demeurent malgré les accusations, les procès, les accusations et les prisons. Il est plus difficile de voir où se situe le mal général qui engendre les maux particuliers. Il est dilué dans le monde, dans tous ces minuscules maux passant pour bénins, dans la somme des ignorances et des frustrations, des manques, des jalousies et des pensées qui sont invisibles et semblent ne jamais faire mal.

Ce qui est grave c’est le tout et non la partie, même si c’est la partie qui commet le mal. On arrive à maudire l’individu, ce qui ne risque pas de lui donner de possibilité de rachat après ces mises à l’index. Cela ne fait que porter une condamnation sans appel. Tout le monde le sait, la violence règne. Les meurtriers sévissent. Le monde oublie qu’il est le facteur déterminant des maux. Parce qu’en son milieu il y manque des lumières, et des éclairages sur le sens des choses. Le monde se croit sage, mais il est dans une folie. Dans l’injustice, le déséquilibre.

La vie dans son essence est violente.

C’est en vertu de cela qu’il ne faut pas succomber à la violence.

La vie est chargée de désirs, c’est pour cela aussi qu’il ne faut pas succomber à ses appels.

Elle est surabondante et profuse, ainsi il convient de ne pas vouloir s’approprier tous les biens.

Etc.

Dans cette optique, nous aurions à chercher ce qui pourrait inverser le cours sinistre de choses dans leur ensemble et non dans les maux particuliers. Ceux-ci ont leur importance, de nous révéler l’ampleur des désastres et des causes profondes, des vices cachés, des perversions qui habitent cette terre dans sa globalité, et qui peuvent aussi prendre ses racines dans les interdits et autres formes puritaines, de morales inadéquates. Où ailleurs. Dans la mesure où nous ignorons ce qui est vraiment Bien. Ce qui est grave est l’absence du Bien. Le bien est profondément doux pour soigner toutes ces violences du vivant. Mais voyez, si ce Vivant n’était pas violent, et ferme face à nous, nous serions mous et faibles comme des guimauves, nous serions liquéfiés et dissous dans un océan d’insignifiances.

Les mots sont faibles pour jeter la moindre lumière sur ce qui accable, et meurtrit les innocents.

Revenir à cette notion de faute jamais comprise, sans se mortifier de celle qu’on n’a pas commise.

Mais connaître celle qui bien enterrée ne fait pas d’ombre apparente.

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