Ce facteur de misère — Un œil pour deux

Rien n’est normal dans l’existence, tout est fou. De l’insignifiant faire naître du signifiant, du silence extraire de la parole, ou de la pensée, ou de la conscience de soi, de la poussière faire sortir un être ayant une sorte de cohérence,se mouvant, se nourrissant, produisant, souffrant et capable de rire ou de pleurer en…

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Songez donc, les univers engendrent un être capable de se poser des questions et trouver des réponses sur les univers, un être nouveau, innocent, nu comme un ver, un miroir fragile, sensible, éphémère, faible et puissant. Ne serait-ce qu’un rêve ? ça passe si vite, et ça ne passe pas non plus, le temps présent dure toujours, toujours là, jamais là.

Les hommes semblent ne pas savoir qu’ils sont investis de pouvoirs sidérants, stupéfiants à la fois par leur grandeur et par la bassesse. Ce qui est assez logique, puisque cette totalité contient les extrêmes et que nous contenons la totalité. Nous penchons d’un bord à l’autre. sans jamais savoir si ce que nous produisons est bien ou mal, de façon radicale. C’est sûr, nous ne pouvons supporter cette idée de vivre en faisant mal. Disons en pleine conscience de ce mal, ou d’une action dont nous ne sentirions que cette face négative, sans une impression que ce mal porte un bien, même douloureux. Ou alors nous serions un véritable démon dans ce monde, un super monstre de mort. Un bourreau éternel.

En somme les hommes sont « grands », mais ils ne le savent pas. Fameux, fabuleux, excessifs, fantastiques comédiens. Faisant semblant. Jouant des fictions de passions amoureuses, qui prennent chair réelle, qui s’incarnent dans leurs chairs et les propulsent par ces jeux d’émotions où se révèle parfois La transcendance.

Ces pouvoirs (politiques religieux scientifiques médiatiques financiers juridiques artistiques…) habités par des ambitieux expriment en arrière plan cette grandeur. Mais ces personnages ne le savent guère plus que l’homme moyen…

Mais la vie n’est pas une fiction, ce n’est pas tout à fait une comédie, ça l’est uniquement par analogie, par ces jeux de représentations qui se produisent en nous. Nous sommes plus souvent le jouet de ces images que l’acteur de ces images. Nous vivons plus dans l’imaginaire que dans le réel, parce que le réel est plus insupportable que le fictif, que le film du réel est autrement plus douloureux que le cinéma. Même si ce dernier est porteur de leçon fabuleusement belles ou tragiques, nous menant dans des sommets d’émotions.

Non, ce qui importe donc, c’est ce qui se trame dans le réel intérieur, bien présent. Beauté, Vérité par delà les masques.

Selon les formes exprimées.

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