Voir

Mettons que tu cherches à voir Dieu. Disons, sa splendeur. Cet état d’émerveillement ou de ravissement. Cela vient parce qu’il fait noir, que cela va mal quelque part, et que tu ne souffres plus de vivre dans ce mal. Tu pries ou fais appel à plus grand, à cet inconnu censé rendre du sens, à l’invisible cause de tout, qui jette une lumière et te permet de supporter ou comprendre le pourquoi. Tu veux la voir, et dès que tu la vois tu ne peux la supporter, tellement elle est intense dans sa lumière. Alors tu l’écris, la dessines, d’abord pour toi afin d’en garder une image et une mémoire, moins crue et violente que celle de Dieu apparu. Ce ne sont pas ces mots et images qui vont révéler Dieu. Tu remets tous les jours ton ouvrage sur la table. tu recomposes ses images. et cela te fais progresser ou croître dans sa lumière, parce que tu l’as vue. Celui qui te lit peut vivre cette même expérience.

Mais au fond cela repose sur quoi ? La foi repose sur quoi ? Sans raison elle est faible, sans amour elle est éteinte, dans la malchance il y a de quoi se décourager complètement. Dans le bruit du monde, c’est quasiment impossible d’entendre sa voix et percevoir sa lumière.

Il reste la Nature. Magique. Regardez les arbres, ils produisent des huiles, des sucres, des protéines, nourrissent insectes, abritent des oiseaux, s’adaptent aux prédateurs, diffusent des airs purs, encaissent les poisons, nous protègent des grands froids et des soleils brûlants, nous donnent leur bois pour nos abris et nous chauffent, bref, les arbres sont arbres de vie. C’est aussi un symbole, à la fois dans sa partie visible et sa partie invisible sous terre, un symbole du vertical, et également rayonnant, dans tous les sens et les horizons.

Certes, on ne peut pas confondre l’arbre et dieu. Mais si on arrache les arbres, si on se trouve en plein désert, quel relation entretiendrions-nous avec dieu ? De même si on abat des hommes, ou les asservit sans leur rendre leur dû. Il y a quelque chose de stérile à se battre pour rien et vouloir à tous prix convertir les autres à nos croyances. Cela ne prouve qu’une chose, c’est l’état d’indigence morale ou mentale qui nous affecte et dont nous allons avoir du mal à nous défaire, dans ces conditions.

Tout nous indique que l’humanité est rendue bien bas. Malgré sa prétention à posséder l’arbre de la connaissance. Et de là, dicter toutes sortes de politiques. Forcément toutes aussi désastreuses les unes que les autres. Dans ces chocs verbaux d’où le Verbe est absent.

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