se venger de quoi ?

Quand tout est devenu compliqué, nous ne trouvons plus de raison de vivre. Vivre serait quoi exactement ? faire la part entre l’effort et le plaisir, le travail et la fête, effectuer les échanges afin qu’ils soient justes, tout cela devrait aplanir le chemin. S’il y a les biens matériels, il y a aussi ces biens moraux sans lesquels nous sommes fous. Autrement dit, le monde ne se gouverne pas en fonction des biens matériels sans la partie morale ou spirituelle, ceci réciproquement. Retrouver quelque existence plus simple devrait être à l’ordre du jour des politiques et des religions. Les biens essentiels relevant à la fois du matériel et du spirituel, devenus l’un et l’autre inextricables, entortillés dans des sacs de nœuds où nul ne comprend plus rien, mais subissant anormalement les lois des plus violents. Les effets de tout cet imbroglio se font sentir dans les dégâts des eaux et des feux, des disparitions diverses et des faits divers tragiques.

Avoir du plaisir à faire des efforts, en sachant pour qui et pour quoi nous travaillons, avoir du temps libre ensuite pour faire la fête, c’est à dire rendre grâce à tous, aux chances que nous avons, et savoir celle que d’autres n’ont pas. Cela, les anciens savaient mieux que nous de quoi il s’agissait. Ils connaissaient le prix à donner aux choses, n’ayant pas grand chose. Ils avaient la nuit noire, le froid plutôt sévère, la pesanteur et dureté des pierres, les maux nombreux, mais ils connaissaient aussi l’autre versant des fêtes et communions.

Je n’idéalise pas les temps anciens. Mais leur pauvreté n’était pas la même que la nôtre. Leur richesse non plus. Est-il possible de penser ou croire qu’ils étaient plus libres que nous le sommes, dans la mesure où ils étaient plus proches et plus liés les uns aux autres, parfois dans le mal, parfois dans le bien ?

Alors que sous nos pas, la terre se dérobe nous laissant sombrer dans l’indifférence aux deux ou hurler avec ceux qui veulent la vengeance ?

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