Nature

Bien entendu tout est Nature. Des profondeurs de la matière à ses confins infinis où se perd notre regard, il semble évident que nous ne pouvons y échapper, que nous ne sommes au fond rien de plus ni de moins que Nature. Qu’il suffit donc de penser cela pour que toute question soit d’emblée résolue. Penser ou se laisser penser et saisir par cette lumière, comme le sucre se dissout dans le bol de café.

Dès lors que nous l’admettons, rien n’a plus d’importance, tout est égal. Que sont ces hommes balayés par des tsunamis, écrasés par les cendres des volcans, ou irradiés par ces usines envoyant ses fumées toxiques, cela relève des mêmes choses et faits de Nature, ou d’une fatalité contre laquelle nous ne pouvons rien ?  Homme comme fétu de paille insignifiant, livré à la probabilité des nombres, des chances ou malchances, et encore, très relativement parce qu’on pourrait affirmer que les malheureux ne connaissent pas leur chance. Bref, tout ceci est spécieux.  Néanmoins, signifie quelque chose. Comme si chacun s’accrochait à ses mots et les défendait mordicus, sans savoir vraiment ou sans vouloir savoir plus, ou penser autrement. De même que celui qui est en extase relève de la même insignifiance que les victimes des bombardements, si nous nous arrêtions là. Ces extases ne seraient dès lors qu’un confort très éphémère pour supporter la mort malgré les prouesses des sciences et les greffes d’organe.

Qui a raison ? Qui a tort ?

L’être brisé que rien ne vient relever, c’est comme celui qui est saisi d’angoisse sans avoir les mots pour exprimer ses larmes. Il demeure comme une âme défunte et sans voix. Dans le silence assourdissant des morts qui l’accablent.

Homme tel un roi déchu, aussi nu qu’un ver. Tandis que d’autres se croient protégés par leurs robes et beaux habits.

Ainsi donc, la Voix malgré les apparences ne passe pas. Et l’humanité reste prise dans son extrême pauvreté matérielle et spirituelle.

À moins de suivre les naturalistes comme guide, exclusivement ? ben voyons…

La conscience n’ayant dans ce cas plus d’objet, ne nous appelant plus, à dépasser notre condition, à nous élever ou nous relever des abysses. Les arts sont tous aussi grands et sublimes les uns que les autres, à l’échelle des cendres.

et le je ne vaut plus la chandelle.

Combien d’hommes ne pouvant plus supporter cette condition mettent fin à leurs jours parce que justement la lumière ne passe plus et que tout leur apparaît comme univers clos ? la nature ne leur disant plus rien, le mot ayant perdu tout sens.

 

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