Mon amour, que vais-je faire de toi ?

qui doit dicter mes actes, à quelle loi dois-je obéir, quelle lumière dois-je  suivre afin qu’elle me possède et me délivre de tous les morts, de tous mes fantômes qui m’anéantissent, effaçant mon nom, ma mémoire ?

je ne suis déjà plus rien, j’ai déjà perdu la totalité dans cette tombe, entourée de rose, et de serpents minutes, serpents fulgurants qui te foudroie, verbes menteurs, verbes faux sources des désespoirs affreux, où les sangs de nos pères saignent à morts blanchissant les os et les cendres,  dans le puits ténébreux du corps aqueux des océans, d’où sort le feu.

quelle ignominie donc, ces enfers, où tous nous sommes, proie funeste, dévorée par le foie blanc. quel pitoyable jeu de masque sûr sur scène abjecte et vaniteuse, comme un pain moisi et trempé d’eaux souillées, et sombres.

Tandis que sur l’autre rive nous régnons d’impuissance et regardons ce spectacle des accouchements terribles des âmes d’homme, ces âmes des anges déchus, ces anges rendus au démon triomphant.

Quoi ? contempler ? se tenir serein au milieu de cette tempête, de ce tourbillon et gouffre infini du vide, allons, non, ne restons pas là, il n’y a rien. Il n’y a rien à attendre du monde, mais tout accomplir de la voix venue des limbes claires

Comme le héros triste sans Yseult.

Vois, un homme seul dans son malheur, c’est pire qu’un chien noir dans le champ infini des désirs que fauche la mort.

Vois cela ne sert à rien, si tu n’es pas sur le seuil, prêt à faire le pas, le saut dans l’inconnu, soutenu par la main de ton dieu.

%d blogueurs aiment cette page :