L’illusion entretenue

L’illusion, je me demande ce que c’est. Cela ne peut pas être le fait des nos perceptions, parce que nous savons que nos sens sont limités, nous n’avons qu’un champ assez restreint.

Il me semble que l’illusion se situe à un autre niveau. tout comme on dit « il se fait bien des illusions s’il croit que …  » Cela relève de la croyance ou de la confiance que nous donnons aux choses. Cela relève d’une sorte de jugement, et d’entendement liés à notre pensée, à notre esprit. Difficile d’affirmer que tout n’est qu’illusion, qu’il n’y aucune réalité, aucun réel qui est sous le phénomène, sous le fait. Le fait passe, disparaît, mais demeure la trace heureuse, ou malheureuse, la blessure ou le sentiment de joie, cette impression forte dans notre psyché, qui constitue notre histoire personnelle. Et encore plus fortement dès lors que nous évoluons sur cette immensité, nous voyons que nous ne sommes pas rien.

Au contraire même, plus nous mesurons la grandeur des choses, plus nous sommes happés par ce réel inimaginable, par la puissance qui s’y dégage, et où nos corps font figure de microbe, mais où nos souffrances sont à l’échelle des univers, de proche en proche selon les gens. Pour la majorité des gens la réalité quotidienne vécue est déjà assez lourde à porter, travaux, solitudes, deuil, maladies, tout cela est vraiment accablant, formateur de l’âme, balancée entre le chaud et le froid.

Tout cela ne nous dit pas où se situe l’illusion. Elle se tient au niveau des mots, des échanges et des relations fausses entretenues par les croyances, comme un abus de la confiance naturelle des gens, un abus de pouvoir, une usurpation.

De là, il en ressort des sociétés endormies, mortes, ou sous drogues. Si vous trouvez que l’idée de la drogue est abusive, voyez la masse de trafic que cela engendre, de morts, et de consommateurs qui finissent par se détruire. La liste des poisons stupéfiants est longue et c’est dramatique, c’est une véritable plongée au plus bas, dans une boucle infernale. D’ailleurs la frustration est conséquente, à tous les niveaux où l’on se penche.
Il reste bien sûr des sages , hommes et femmes, des aimants, des savants qui sont capables de saisir où se situent les causes de ces maux  mais les états, les pouvoirs ne veulent pas entendre parce que cela renverserait beaucoup de positions privilégiées.

Alors « on » entretient l’illusion et les discours plutôt fumeux afin de ne pas susciter angoisse et ou révolte. Mais voilà, à force de mentir au monde, le monde dans sa sagesse et sa volonté de survivre à toutes ces horreurs, se réveille. C’est forcément douloureux mais c’est salvateur. Nous serions passés d’une  lecture illusoire des faits à une lecture réelle, mais non réaliste des faits. Le réalisme est une belle illusion entretenue, comme le pragmatisme.

Le réel, alors c’est quoi ?

bah, tous ces mots de potaches, ces généralités, je me demande à quoi ça sert. Peut-être à mettre au clair en moi quelques minuscules idées.

1 Thought.

  1. L’illusion est une « peste » d’ignorance. Nous ne savons jamais que nous sommes dans l’illusion tant que celle-ci n’est pas balayée par une Connaissance, Re-connaissance, basculement ? On pressent que La Vie n’est pas qu’une somme d’individus dans des espaces-temps différents. A quoi cela servirait-il dans le fond ? Je n’ai jamais pu comprendre que la vie se résumait à être une succession de points linéaires. Peut-être qu’un jour, en nous, Quelque Chose dit : c’est exactement Cela. Alors, nous commençons à tirer une sorte de fil d’Ariane, ou bien, est-ce lui qui nous tire ? On ne peut pas tout dire et tout résumer en quelques lignes. Mais, je sais qu’un moment tout est beau. Quelque Chose s’unifie en La Beauté. La Beauté est partout. Elle donne un sens à toute chose. Elle est Cohérence, jubilation, vision en Une Perfection Sage. Même si Le Monde semble chaotique, il est une intelligence qui nous révèle un sens. Alors, il naît cette Reliance qui nous donne à aimer. D’où cela vient-il ? « Je » se pose beaucoup de questions, et finit par comprendre que se poser les questions c’est avoir les réponses. Et là, nous savons que ce n’est pas le « je » du moi, mais un « je » infini d’infinitude… ( c’est vraiment illimité !…)

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