Le silence

Ça dépend lequel. S’il s’agit du silence contenu dans une mélodie, ce temps de pause indispensable qui relie les moments et les signes, s’il est aussi cet espace où nous laissons entrer en nous la voix et mettons en sourdine notre bruit, ce brouhaha intérieur qui nous perturbe, bien sûr, le mot silence dans ce contexte nous élève et nous ouvre la porte.

Le silence des juges, des inquisiteurs, de ceux qui ne cédèrent rien  aux menus peuples, par exemple, ces andins, ou mayas, ces indiens qui furent pillés et dépossédés de leurs terres, ou partout ailleurs la honte des colons se tenait forcément dans le mutisme, et même bien pire. Ces conversions forcées qui furent des péchés contre l’Esprit. Et puis tout est à cette image si on y pense. Tout est menteur. Tout étant menteur, le monde continue sa course sur ce mensonge, parce que s’il reniait son mensonge il s’effondrerait. Comme une ligne de défense qui persiste dans sa ligne. Et qui sait qu’au bout ce ne peut être que pire.
Mais les malins, les rusés, les puissants ne veulent pas perdre la main. C’est leur rôle historique de tenir les rênes et les peuples sous ces jougs, manipulés par ces génies.

Il faut reconnaître un certain talent à ces rois, leurs conseillers, aux princes, aux cardinaux, évêques, généraux et toutes ces hiérarchies qui surent mettre le monde à genoux moyennant quelques bouteilles d’alcool, des lignes de coke, ou de plaisirs hors normes, de transgressions qui firent tirer la langue aux hommes. Et d’interdits, qui poussèrent les hommes à la faute, les rendant encore plus esclaves.

Pourquoi tout cela ? parce que la condition normale n’est pas trop attirante, que le temps y est ralenti, que les hommes ont cette impression d’ennui et de banalité dans ces milieux où effectivement rien ne se passe, ou si peu, qu’il faut du piment, de l’aventure, du salé, et des dangers, qu’il faut aussi aux gens de pouvoirs cette ivresse que leur procure cette domination sur des montagnes. et qu’enfin, là, ils existent.
Mais au fond, qui servent-ils ?
Ce qui est troublant, n’est pas tellement le passé, même si celui-ci fut glauque, avec ces royaumes qui agissaient comme des hordes de bandits à se piller les uns les autres, tout cela avec la caution  des églises et des morales, des textes soi-disant sacrés et des armées de moines et scribes qui servaient aussi les machines, parfois dans un sens de salut, parfois dans un sens de mort. Eh oui, le monde est partagé entre biens et maux.

Non, ce qui est perturbant, ce sont les temps présents où nous avons atteint un stade terminal. Apocalyptique, soit un nouvel âge ouvert vers la lumière, soit une plongée dramatique.

Mais voyez, je crois que nous nous en sortirons, que la porte peut s’ouvrir, malgré le terrorisme des armes atomiques, chimiques et menaces sur les peuples, sous ces dominations des impérialismes et religions historiques .

Ils vont sûrement aimer mes mots, là… les surveillants.

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