Le nom du Père

Au nom de quelle bizarrerie est-il en train d’être escamoté ?

Nous ne disposons que de notre corps pour entrevoir quelque vérité. Même les machines ne peuvent nous rendre la lumière. Il faut que nous la lisions à travers le rendu des machines.

Ce qui suit est très chaotique.

Nous ne savons pas ce qu’est un corps, nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses. Un corps dans le ventre de la mère débute par un œuf fécondé, objet microscopique puis nourri progressivement du sang de la mère qui en forme un fœtus puis un bébé.  Fœtus et mère forment une seule entité, un même corps. Sans rejet pendant neuf lunes

L’enfant naît du sang de la mère, lui-même relié au sang de la terre, sève, soleil, minéraux, eaux, air, lune aussi vis à vis des cycles menstruels. Le sang de la mère relève de l’universel donnant corps à un autre corps. À condition d’être ensemencé. Mais pour que cette semence puisse venir féconder l’œuf, il fallut qu’elle fut attirée, que la semence éprouvât cette sorte de nécessité, comme s’il s’agissait d’un robot, d’un automate, d’une cellule animée par la puissance du désir et de l’attrait. Attirée, aimantée, polarisée, obsédée, tenace. Peu importe. Le désir est automatique.

Mais s’il est automate, il ne répond pas n’importe comment ni systématiquement à toutes les sollicitations. Tout ce jeu de l’amour entre les sexes arrive à engendrer d’autres corps qui sont également sexués. Ce qui crée la génération est marquée par la puissance du désir. Humainement ce n’est pas uniquement animal. Cela relève de dimensions spécifiques à savoir leur sensibilité, leur culture, leur rayonnement ou aura que chacun d’entre nous porte comme son ombre.

La puissance du corps féminin contient cette attraction, à laquelle répond le corps masculin porteur de cette semence comme le vide attire le plein. Et non un corps féminin qui par définition n’est pas porteur de cette semence. Ici on se situe dans cet ensemble de représentation lié au désir, la séduction, par l’image et par la psyché. Si une femme est attirée par une autre femme, cela parle d’autre chose. Cela parle non pas des corps mais des esprits, des consciences, des âmes brisées et fragilisées, affectées par des manques profonds, ce qui dans ce monde très dur, nous indique combien le fraternel pur est mal en point.  Si le vide attire le plein, le désir masculin est aussi rempli d’un autre vide que celui du corps, un vide d’une autre nature, qui attire le plein de la femme. Tout cela à l’image du yin yang.

Il faut voir que la plus grande des séparations se trouve entre féminin et masculin, plus forte qu’entre gens de même sexe. Identité et proximité des miroirs.

L’homme ne donnerait de lui qu’un microscopique élément, cela réduirait effectivement l’homme mâle à un microbe.

Après cela, l’enfant est entièrement fabriqué par le sang de la mère, par ces ensembles de forces universelles de la nature. Cela se passe entre 0, instant de fécondation et 1 moment de naissance,  l’infini étant entre 0 et 1. mettons entre rien et un tout.

La semence n’est pas réductible à zéro. Elle remonte à l’origine de toutes les semences humaines,  ou bien à nos pères les chimpanzés ou autres êtres précédents dans toute la chaîne de l’évolution, protozoaires, amibes, ou micro-organismes quelconques dont nous serions issus, dans cette continuité. Mais si nous remontons plus loin encore, il nous faut un moment originel, que ce soit pour l’homme et sa semence et la femme pour son sang. Impossible de déroger à cette origine. À ce qui précède les univers, et les dimensions respectives de tous les univers qui sont encore présentes, esprits, corps, consciences.

Même si nous reproduisions par scissiparité il faudrait un instant décisif qui crée cette possibilité de scission et formation d’une cellule dupliquée comme cela se passe dans nos cellules diploïdes et les micro-organismes. Dieu se serait coupé en deux, pourquoi ? pour se reproduire ? L’un aurait donné deux, puis des foules entières d’êtres différents, porteurs de cette volonté de reconstruire en eux cette unité être qui se manifeste dans l’union, le désir charnel, et la génération, le maintien en vie sachant pourtant la mort ?

Un homme ou une femme ne sont pas que des ensembles de cellules, des agglomérats cellulaires ou atomiques, complexes. sauf si complexe veut dire tissés du tissu universel. C’est pourquoi la question de l’universel, du moins spécialement pour nous autres humains, nous questionnant reste entière, de même que le sens. Nous sommes amenés à la métaphysique, à ce qui est au dessus, ou en amont .

Si tout n’est qu’une seule et même matière, une matrice, si la matrice s’autoféconde, en fonction de quelle différence puisqu’elle contiendrait déjà la totalité du fait de l’unité fondamentale. Elle s’engendrerait elle-même dans une sorte de boucle, qui vue d’ici, nous parait étrange, vue la différence qu’il y a au sein des existants. Nous serions différenciés de façon strictement illusoire, dans nos corps et uniquement en apparence. Toute différence ne serait qu’illusion. Non seulement nous nous serions du même sexe, mais aussi du même genre.

Or, il apparaît réel que nous avons deux corps très différents autorisant cette naissance d’un autre. Si nous nous nous reproduisions pas scissiparité, nous serions le même d’un corps à l’autre. Si nous nous reproduisons par Union c’est pour Nous retrouver Même dans un autre, ou dans plusieurs autres enfants. (tout ceci de façon plus ou moins consciente, instinctive, ou animale)

Retrouver ce Nous. Et non pas retrouver ce moi séparé de l’universel. Ce qui enfermerait ce moi dans une tragédie sans fin.

Un Rien sépare l’homme de la femme et pourtant nous sommes l’un ou l’autre. Ce rien consiste-t-il en cette semence ? Immatérielle comme le désir.

C’est à dire être attiré puissamment. Vers quelque chose.

Le Sang de la Mère, le Nom du Père, voilà voilà…

les deux sacrés nous rendant conscience d’être quelque chose de relié et non uniquement un corps replié sur lui-même.

Entre parenthèses, si nous étions androgyne à l’origine, nous ne le sommes pas dans notre corps ici sans un certain dommage, sauf si nous sommes pleinement conscient de l’Origine et de la Fin, en quelque sorte si nous sommes Dieu. C’est assez simple à comprendre. Nous n’aurions pas à mourir, vieillir, subir la maladie, éprouver le désir. Rien ne devrait nous manquer. Mais voyez, même dieu et les dieux, éprouvent une sorte de nostalgie des humains qui leur font défaut. Dieux qui nous appellent et auxquels parfois nous répondons positivement.

Bien entendu dieux étant des choses que nous contenons , hein …

Nous , ce Nous étrange inconnu a un Père qui passe par les pères. Mais que sont-ils , que font-ils ? c’est une question

à suivre …

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