Là, où se situe la morale d’un Monde plongé dans le noir.

C’est stupéfiant de songer au fait que la terre avant que nous y vivions puisse être entièrement dédiée à la vie, comme un tout, un corps sain. Certes la Nature sans la présence des hommes n’a guère trop de sens. Cela vit mais sans plus. Comme si il manquait quelque chose. Probablement cette conscience créatrice d’elle-même. Ce miroir. Ou cette dimension du bien et du mal en lutte, afin que quelque chose de déterminant en sorte. Quelque chose né d’une intention la précédant.

La terre est comme un œuf, mais si rien ne vient la féconder, elle ne donnera pas de poussin. Nous sommes issus de ce germe qui féconda la terre, tout comme le poussin est contenu dans le germe. Avant que la terre existât nous étions.

Voyons donc là dedans l’idée d’une chute, ou d’une naissance dans un corps vivant.

Nous sommes comme une idée pure de la conscience. Mais bien entendu, venir dans ce corps en toute conscience, cela ne se peut que pour quelque envoyé, messager et autre ange en mission. Pour nous, cela relève plutôt de la chute, de l’atterrissage en douceur. La douceur, pour une raison facile à comprendre. De l’état d’ange, passer à l’état de bête, le passage est trop rude si nous ne perdons pas un peu de mémoire. Pour pouvoir nous souvenir, et faire connaissance à nouveau avec ce que nous sommes en vérité, il faut une progression, une évolution, du bien et du mal qui nous servent, du bien et du mal que nous servons dans notre inconscience, jusqu’à ce que nous redevions les êtres de conscience, que nous étions.
Mais voyez, étant passés par terre, nous ne serons plus les mêmes. En quelque sorte les dieux sont transfigurés en passant dans ce couloir éminemment vivant, cru et cruel comme nous apparaissent les êtres vivants.

Ceci peut vous paraître absurde. Avoir été comme des dieux puis chuter, pour renaître à nouveau dieux. Cela en valait-il la peine de se faire souffrir si intensément ? Je ne sais.
Mais là n’est pas l’objet de mon mot. Non, il touche plus à cette idée de dégradation planétaire, dramatique depuis toujours du fait de nos agissements. Surpâturages, et aujourd’hui plastiques qui tuent les baleines. Nous sommes bel et bien des ravageurs suicidaires. Ayant une puissance considérable de destruction et de création. Ce qui pour des dieux est assez normal. Les dieux, que ce soient ceux d’ici ou d’ailleurs, ont en toute logique des pouvoirs immenses, ou ne sont pas des dieux.

Pourquoi ne voudrions-nous pas assassiner le dieu suprême, pendant que nous y sommes ou dans notre folie et orgueil le remplacer et prendre son pouvoir ?
Ce tableau ressemble comme deux gouttes d’eau aux règnes qui s’établissent sur terre, nous obligeant à cette lutte du bien et du mal.

Tout se joue dans cette tension entre ces deux objets là. Qui se trouvent dans notre esprit, dans ce que signifie l’Esprit.

Il est possible que nul mot ne modifie rien, que ce ne sont que coups d’épée dans l’eau, et pensées inutiles, si nous demeurons paralysés, ou si nous nous agitons comme des forcenés en continuant nos mêmes actions. C’est comme si nous gardions nos mêmes bagages encombrant pour gravir la montagne, bagages qui nécessairement retombent et font de nous de pauvres Sisyphe éternels.

Les puissants du monde sont clairement possédés par des choses qui les dépassent et leur font commettre des atrocités. Fabricants d’armes et de guerres, industriels troubles et producteurs de tous ces poisons mortels au nom de la raison économique qui se dit pragmatique, religieux diaboliques dans leurs manipulations des consciences en diabolisant ceux qui ne croient pas comme eux, tout en feignant la tolérance et la réciprocité ou l’égalité de leur foi.

Monde plongé dans le noir. Cela mériterait quelques lumières. L’idée d’une nature comme une merveille doit s’imposer, et former la base de tous les enseignements. L’idée aussi qu’elle n’est pas neutre ou ignorante ou indifférente, mais qu’elle se donne sans cesse.  Etc. toutes nos idées étant à revoir, tous nos jugements a priori étant à reconsidérer. Faire table rase, non pas du Vivant mais de nos concepts morts, si nous ne voulons pas échouer lamentablement sur une terre morte.

 

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