Fortuna

Supposons. À l’origine sur cette terre les hommes se souvinrent d’où ils vinrent. Mais comme les mots leurs manquaient, et pour cause, puisqu’ils n’existaient pas, ils dessinèrent des formes, évocatrices des sons.
De plus en plus compliqué de s’y retrouver dans ces labyrinthes, ce dédale verbal. Les fondements des cultures, simplement des sociétés ou groupes humains, petits ou gros, sont toujours des mythes, des mutismes dessinés, des courbes, des danses, correspondances entre forme et son. Plus que des raisons, plus que de la logique, que les équations ou les nombres. La géométrie est très moderne.
Aucune importance.
Untel sous les tropiques dresse un totem, pendant que d’autres lèvent des pierres ou des montagnes de symboles, ou des Vénus callipyge . Chacun y faisant référence au sein du clan, comme pour cimenter le groupe, et qu’il ne se disperse pas, ni se dispute en son intérieur.
Ici on croit à ceci, là on croit à cela. Tout le monde cohabite sans trop de conflits.
Mais dès lors qu’un seul pique l’os à son voisin, tout déraille. L’os, ou la nourriture. C’est probablement là que commencent les bagarres, plus que sur des luttes de croyances. Certains hommes sont dépossédés des moyens de leur existence. Il s’ensuit des luttes féroces pour la survie, des rapports de force. Mais comme la force est stérile sans la ruse, les hommes se sont attaqués aux fondements symboliques de leurs ennemis. Tout cela se passant par le truchement du langage. Des dessins respectifs. Des desseins, comme on dirait du dasein. Être là. Parce qu’on se souvient d’où on vient et on pense savoir où on va.
Comment en est-on arrivé à manipuler les hommes avec les mythes et religions, et surtout pourquoi ? Sans doute afin de garder une certaine cohérence interne au groupe. Peut-être en vue d’en tirer des larges profits ? Dans ce cas, cela voudrait dire que l’ennemi est conçu comme étant intérieur au groupe, ennemi toujours prompt à te piquer ton os. Et que seule la ruse arrive à l’en dissuader à défaut de la force.
C’est pour cela que le sabre est toujours associé au goupillon, la noblesse au clergé. Cette histoire des Puissants étant tellement compliquée, dédaléenne, demandant des études et des moyens pour y comprendre quelque chose, et encore… Ce n’est jamais garanti que nous y arrivions. D’ailleurs, le faudrait-il ?
Que faut-il pour pouvoir simplement vivre ? Nul ne peut se suffire de pain ni de logement, de ces biens matériels indispensables. Nous avons tous besoin de voir plus loin que cela. De trouver au-delà quelque chose qui nous soutienne dans notre foi.
La Raison est bonne, mais incomplète. L’Imaginaire de même.
Sans doute faut-il les deux et jongler avec ces deux là…
Je songe à ce mythe de Fortune. ( très prisée des Romains )

À notre époque on dirait la thune…

Fortuna ou Fortune (Fortuna, ae en latin), est une divinité italique allégorique de la chance. Son nom dérive du latin « fors » qui signifie « sort ». Elle est identifiée à la Tyché grecque et était peut-être à l’origine « porteuse de fertilité » (du latin « ferre », porter, apporter).
Hésiode la fait naître d’Océan et de Téthys. Mais selon Pindare, c’est Jupiter et l’une des Parques qui lui auraient donné le jour. ( wikipédia)
Fortuna représente le destin avec toutes ses inconnues. Son nom dérive de « ferre » (porter, apporter)

%d blogueurs aiment cette page :