Exister. Réponse à Alexandre

Un scientifique affirme que Dieu n’existe pas. Un autre que la Nature n’existe pas. Ils affirment par là leur position, sans plus.
Mettons que Dieu n’existe pas, voyons ce que cela signifie.
D’abord, que veut dire exister ? Exister, se manifester, être présent parmi les choses et objets divers, être visible et constatable au sein des phénomènes, de la même façon que nous paraissons, de façon semblable, exister comme un acteur sur la scène du monde. Effectivement rien dans ce monde ne semble avoir d’existence définie, ou définitive. On ne constate que du fuyant, de l’éphémère, du mouvement. Alors qu’exister voudrait affirmer le contraire, comme une pétrification de la chose donc saisissable, conceptuellement arrêtée.

Ensuite Dieu, nommé ainsi. Que couvre ce mot, plus exactement le Nom propre, comme Jules, ou Jean. A priori, personne ne s’appelle Dieu. Sauf ceux qui empruntent ce pseudonyme sur les réseaux sociaux, ou pour blaguer, par prétention, ou alors si c’est dit sérieusement, si un homme se qualifie de dieu ( minuscule), c’est osé. Et cela n’a pas le même sens avec ou sans majuscule.

Comment savoir dans l’affirmation du scientifique s’il s’agit d’un D ou d’un d ? Vu que c’est par ce mot que l’affirmation est écrite.
Dire « Dieu n’existe pas » est foncièrement différent de « dieu n’existe pas ».
Mettons, pour commencer, dieu avec une minuscule. Ce mot d’usage courant est porteur de sens intelligible. État transcendant d’un être, permanence, immortalité, créateur de lui-même, ayant toujours été. On peut évidemment réfuter que ces qualités puissent exister de façon absolue, mais plus difficilement de façon relative. Chaque homme doté de conscience se sent doué de ces vertus naturelles, au sein des bornes de son existence. Depuis que je suis né, j’ai toujours été. Je me crée chaque jour une part de moi, je ne meurs pas, je reste là, à la même place, et parfois je transcende mon état.
Bon, dieu a du sens et de l’existence, si on le prend, l’accepte dans ce sens là.
Maintenant, qu’en est-il au niveau supérieur ainsi nommé Dieu ? Si c’est l’assemblage de toutes les qualités divines présentes partout, manifestées partout inimaginables et innombrables, on peut encore concevoir cette dimension d’être assez pharamineux, étendu dans tous les horizons possibles de la nature et du cosmos : Je ne suis pas le seul à être dieu, ce serait le signe de mon insignifiance. Par conséquent Dieu se conçoit comme l’agrégation de tous les dieux, ou toutes ces qualités fabuleuses ce qui le qualifient, le font vivre, ou le vivent.  C’est l’idée que Dieu est la somme de tous les dieux. C’est à dire de tous ceux qui œuvrent dans leurs créations respectives, dans les qualités transcendantes, qui pérennisent, etc. tendent vers une unification en eux et hors d’eux, d’un Dieu en personne, puisque les qualités (dieu) des petits dieux que nous sommes n’est pas séparé de notre personne. Nous nous identifions au dieu que nous créons en nous-mêmes. Si j’existe, si tu existes, de même que le Nous, cela fonde l’assemblée de tous ces sujets, c’est un Sujet plus grand. De la qualité, on est passé à l’identité. Tout ça si tout est respecté, si rien n’est faux, menteur ou fondé sur des intentions plus ou moins troubles, cachant des intentions d’autre chose qui nous posséderait à notre insu.

Dire « Dieu n’existe » pas revient en fait à tout s’autoriser. De même que dire « la Nature n’existe pas » . Au nom de ces postulats, Tout est possible, tout création artificielle est possible, et permise. Il n’y a aucun interdit.
En vérité, derrière ces mots se cache la volonté de puissance infinie d’un Dieu… impuissant.
Volonté d’omniscience et d’omnipotence. Volonté de transcendance, qui procède d’une chute ou de quelque chose de perdu. Comme Alexandre qui cache le soleil à Diogène pour que celui-ci se révèle.

Mais en fait on peut affirmer que Dieu n’existe pas, sans que cela soit faux. Il n’existe pas dans notre monde, il n’a pas trop envie, ni besoin d’exister en ce monde, ou en ces mondes, il s’est abstrait de tous les mondes. Il est d’une autre existence, de celle qu’on peut peut-être nommer essence, et peut-être d’un rien où lui seul peut et sait se Tenir. Là, il est mort, donc immortel, éternel. Mais il s’est délivré de Toute existence. Il n’existe pas.

Un jour, j’écrivais le contraire : « Dieu n’existe pas, Il existe. » Elle aussi elle existe.
Des formules contradictoires disent des vérités similaires.

Tout ceci n’aurait pas grande importance si nous savions faire vivre en nous quelque chose qui nous élève et nous sort de ces situations mauvaises où nous nous débattons en vain. On respirerait alors les essences fameuses des bienheureuses et bienheureux. On changerait de postulat dans ces ensembles des sciences. Ou de paradigme. Mais qui nous autorisera ?

Trop drôle, ces gens s’autorisent tout mais n’autorisent pas Dieu à exister. Il faudra compter sur nos seules capacités à lui rendre son existence. Si vous savez comment …

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