D’âme Pierre, d’angle Terre.

Ah ces histoires de patrimoines, matrimoines à couper en deux comme une poire. Faut pas déconner c’est sérieux. C’est de la mémoire, et de la dignité, comme on honore ses morts, afin de ne pas se disperser, ou se dissoudre dans l’oubli. D’ailleurs, tout ceci relève de l’irrationnel, du rationnel mêlé de symbolique, plus que de l’objectif, du saisissable. Comme l’Alsace coincée entre France et Allemagne, ce qui donna lieu à bien des choses étranges, des naissances et des souffrances. C’est comme le monde à l’heure actuelle, partagé entre désirs de modernité et nature sauvage en voie de disparition. Coupé en urbain et rural. Ce dernier crevant à petit feu sous le joug des techniques, et des constructions sans limites. Les hommes engloutis par les ondes, les bruits des machines, les animaux en péril, sans exceptions, sauf ces illusions de jardin dans les villes mais qui n’abritent plus rien, sauf de nombreuses maladies et des équilibres impossibles à trouver à cause d’ignorances et de destructions. Véritable choc entre la prétention à la culture et aux pouvoirs, à cette forme de transcendance d’homme, et la nature, c’est à dire le donné initial par dieu ( si vous voulez ).

Vous ne sauverez pas vos cités si la nature devient inhumaine. Inhabitée, déserte d’homme. C’est exactement comme si vous vous sépariez de votre passé. Dans vos villes artificielles, croyant acquérir les sommets du divin, vous en perdez la base, les racines. Certes, l’inverse non plus ne serait pas bon si nous étions restés à l’état de nature brute, animale, mais cela n’existe à peine, les hommes ayant toujours eu de la culture, depuis longtemps, même aux temps dits primitifs. Chants, danses, dessins, rituels liés à Éros et Thanatos, les dieux étant présents dans l’imaginaire des hommes. En quelque sorte, il y eut toujours de l’art, et du savoir, des pratiques techniques, des magies de guérisons, des connaissances des plantes et des animaux, des saisons, etc.

De nos jours, dans ces immeubles et boites urbaines, il y du bon et du mauvais. De même qu’il y a des pays et terres propices et d’autres nocives. Mais dans les machines, il n’y a pas grand chose, que du jetable, du mort. Les outils n’ont de sens que leur utilité. Ils prolongent la main. Les outils ne peuvent être pris comme fins de façon absolue. La conception de l’outil peut être une fin pour le concepteur, fin très relative, loin d’être négligeable.

La ville et ses outils se prennent pour la fin absolue, mais c’est une impasse. Le monde y est dramatiquement prisonnier et très opprimé. Pour des valeurs, de l’or et des luxes inconsidérés. avions, paquebots, campings cars, beaux habits. Les hommes sont engloutis dans la matière. Ils en perdent l’esprit s’ils n’ont que cette dimension de l’esprit de la matière, matrice qui les retient otages. Comme dans Matrix ils doivent se soumettre à cet ordre Matériel qui les surplombe, jusqu’à leur mort. Ils ne sont qu’outils pour cette matrice. Comme les cellules dociles et serviles du corps. Ils n’ont par conséquent pas de destin propre, pas de destin hors de la matrice matérielle. Il n’y a plus de deus ex machina, il n’y a plus de dieu, servant les hommes, ce sont les hommes attachés aux objets logiques, au logos, à la raison, les hommes sont devenus des objets périssables au sein des univers, servant la machine. Tout, dans ces conditions, ne se situerait ou se déroulerait en ce temps d’existence éphémère et mortelle, qu’on tente de prolonger les plus possible, à travers ces transhumanismes, et cryogénisations, comme on momifiait les rois d’Égypte. L’éternel n’est pas là.

C’est ici qu’apparaît la ruse ou le plan divin. Absent il laisse régner les hommes. Ceux-ci pensent gouverner les mondes. Mais c’est en vérité le bas qui règne, les bas fonds, pour ne pas dire les enfers. Ou les dimensions inférieures pour être plus explicite. Aussi invisibles que les dimensions supérieures, mais elles nous tirent vers le bas au lieu de nous élever. La Nature, reprise en son sens premier est un Don de Dieu oublié, qui nous paraît normal, comme un héritage de nos parents. Un don venu du Haut. Certains parmi les hommes ont rendu grâce à leurs Dieux, par toutes ces œuvres créées, comme des prières et des créations de beau, et ces recherches de vrai. La nature n’est pas une abstraction. C’est la Mère, en somme. Et qu’engendre-t-elle, s’il n’y a personne ?

Voilà, les hommes arrivent à un moment de leur existence où des choix cruciaux s’imposent. Il ne s’agit plus de pondre des théories ou des plans sur la comète qui risquent de s’avérer stériles. Mais il s’agit de concilier à fois le Père et la Mère. Matière et Esprit. Je l’ai déjà dit, Eros et Gaïa. Enfants de Chaos.
De la Pierre ? Alors il s’agit d’une pierre non pétrifiée. d’une pierre spirituelle, ou animique, pierre d’Âme, ou pierre d’angle formée de masculin et de féminin. De passé et de futur, qui embrassent les éternités.
C’est comme la propriété. Nous laissons une maison mais elle nous appartiendra pour toujours. Nous laisserons notre corps mais il sera toujours en son lieu de mémoire.
C’est comme cette différence essentielle entre la vie et la mort. La mort est enfouie sous les décombres des poussières, la vie se situe devant nous.
Qu’allons faire de nous ? Des poussières ou des Vivants ?

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