Porte

Eh bien voyez vous, tout n’est qu’affaire de porte. Ce mot d’ailleurs dit aussi autre chose qu’une ouverture, il dit ce qui porte ou supporte. Si la porte est fermée, que pouvons nous espérer ? Nous ne sommes pas capables d’ouvrir une porte si nous n’avons pas les clefs.
Or tout dans ce monde par les systèmes pernicieux qui ont étés mis en place nous enferme. Prenez ces objets ordinaires auxquels nous sommes confrontés. Une simple serrure d’automobile. Quand il n’y avait nul voleur, il n’y avait nul besoin de clef. Nous pouvions laisser tout ouvert sans craindre aucune intrusion. Mais les circonstances font que tout se complique et tout se verrouille, compliquant la tâche des voleurs, et des volés. Ceux-ci devant concevoir des systèmes de fermeture de plus en plus hermétiques secrets.
Dans le domaine prosaïque des coffres, cela ne porte pas à conséquence. Notre vie n’est tout de même pas en jeu. Mais il est loin d’être insignifiant, il correspond à quelque chose de plus important. Ou à un schéma général des systèmes et des logiques, ou des plans de fabrication. Dans un monde immoral, tout le monde cherchant à se prémunir des voleurs et des effets néfastes de ces prédations, de même que les voleurs cherchent à ouvrir les portes des coffres de plus en plus compliqués, parce que c’est la seule perspective qui s’ouvre à leur yeux, pris dans leurs systèmes de pensée. Entre parenthèses, ces secrets industriels n’existent pas par hasard. C’est bien parce que les hommes se volent les uns les autres que chaque groupe se défend comme il peut face aux autres groupes, dans cette espèce de lutte absurde appauvrissant le monde par la complication des réponses à tous ces maux. Chaque entreprise gardant ses plans et secrets industriels, chacun espionnant son rival.
Bon, tout cela n’est guère élevé, et ne nous enseigne pas sur ces plans mystiques, ou au niveau de notre être essentiel, ni même existentiel, humain, sensible, vivant, des relations et du bonheur de se sentir délivré de certains poids. Si bien que dans cette pesanteur existentielle nous sommes plus malheureux qu’heureux, plus enfermés que libérés. Certains, selon la méthode Coué se persuadent du positif absolu mais sont néanmoins pris dans leur boucle d’impuissance et de désolation. D’autres plus méchants mordent croyant pouvoir s’en sortir de cette façon. Mais ces morsures se retournent contre eux. Tôt ou tard.
Le Ciel bizarrement reste clos, et la Terre continue à vivre dans son enfermement céleste. Jusqu’à ce qu’elle en meure, dans cette boule de putréfaction et surtout de très grand désordre au sein de tous les ensembles censés être harmonieux pour pouvoir subsister. Alors il manque de tout partout, tout s’appauvrit et périt, la nature même étant la proie des flammes, nous ne pourrons pas survivre dans ces conditions.
Disons que « Dieu » nous enferme par le « Diable ». De même que des ingénieurs fabriquent des portes verrouillées qu’eux seuls connaissent et se gardent bien d’en livrer leurs secrets de fabrication. C’est de bonne guerre. Dans cet ordre d’idée, les hommes ont depuis des siècles fermé leur porte à ces dimensions supérieures, ces êtres extras ordinaires qu’ils prirent pour des voleurs et que systématiquement ils jetèrent dans le feu. C’est l’histoire des boucs émissaires, des innocents accusés de tous les maux, et des méchants mordeurs qui ne veulent pas démordre de leurs erreurs. C’est l’histoire des nuques raides des non repentis, des hommes imbus de leurs supériorités enfermés dans leurs certitudes ou leurs raisons. Certes, leurs raisons sont peut-être logiques, justes, exactes mathématiquement ou dialectiquement, comme sur ces échiquiers ou jeu de go, elles ne manquent pas de pertinence dans la conception ou fabrication des systèmes mondiaux qui dominent le monde, mais nulle part ces algorithmes ou ces systèmes d’informations ne sont conçus pour ouvrir la porte des hommes ou des âmes des hommes vers ces dimensions d’ordre divin. La preuve ? Si c’était ouvert le menu peuple aurait du pouvoir. Des pouvoirs. La pauvreté est sans pouvoir. Mais nous ne pouvons pas à la fois vouloir la richesse au Ciel et sur la Terre, il faut opérer un choix. Cette richesse des biens terrestres est un leurre si elle enferme les pauvres dans leur condition. De même cette richesse des biens célestes, des docteurs et des savants, des spiritualistes, si elle perpétue les conditionnements, au lieu de rendre les clefs.
Pourquoi selon vous nous ne pouvons pas régner au Ciel et sur la Terre ?

C’est tout de même assez fantastique qu’un objet aussi vide et élevé que le Ciel puisse nous enfermer, alors que rien sur terre n’est selon toute vraisemblance enfermé, rien dans la nature ne peut être fermé, tout y circule librement.

Alors peut-être faut il envisager quelque chose d’inférieur ? ou d’intérieur ne procédant ni du ciel ni de la terre.

trompette trompée

L’amour ne suffit pas, il n’arrive pas à démêler les fils inextricables dans lesquels nous nous débattons. Si nous n’avons pas la Lumière, si nous ne sommes dans sa Lumière, l’être aimant n’aura plus qu’à quitter cette terre, livrée à ses noirceurs. C’est pourquoi face à ces situations dramatiques, et pour répondre aux prières et larmes des hommes, il arrive parfois qu’un ange nous entende, et vienne nous porter assistance, nous rendre tout ce que nous avons perdu, comme mémoire, et comme force vitale. C’est peut-être assez schématique, mais symboliquement la nature humaine est telle que nous ne pouvons nous dispenser à la fois de l’amour mais aussi de cette lumière, métaphores du père et de la mère, de l’esprit et de la matière, étant entendu qu’il n’y a pas de hiérarchie entre ces deux, puisqu’ils composent précisément le dieu unique ( et ce malgré l’imperfection de l’ image). Nous en sommes le troisième terme. Les hommes ayant quelque peu oublié qu’ils sont dieu.

Les nombres n’ayant pas valeur absolue mais sont des outils nécessaires pour notre entendement. Hé, si nous étions sourds, nous ne pourrions rien entendre des chants d’amours. Nous ne pourrions non plus en exprimer aucun, et perdrions nos faculté créatrices.

Je n’aime pas trop le concept d’intelligence, mais je pense que les anges, et même le moindre élément vivant est plein de cette intelligence aimante bien entendu. Fusion des deux, du cœur et du sang. Le sang alimente le cœur, le cœur stimule le sang et donc le corps entier. Au sein du cosmos c’est le même processus. Il y a un centre cœur et il y a tous les êtres vivants qui donnent vie au centre, tout cela dans un cercle adorable.

Dans ce sens c’est de l’amour universel qui vit.

Mais tu sais… nous en sommes encore là. Et nous avons besoin d’élaborer en nous ce Chemin. Nous ne pouvons pas nous passer du mental nous serions comme un canard sans tête. Tu as raison dans cette idée (formule) que le mental ne doit pas primer sur le cœur. De même que les mots ne doivent pas masquer le sens.

On ne peut pas penser que le mental soit « noir » ou soit un mur sur lequel on bute, il n’est pas mauvais, il est juste trompé.

Par qui donc le mental, ou l’esprit, est trompé ?

paumés ou pommés ?

On veut nous imposer cette image des anciens humains comme étant inférieurs, brutes épaisses, mal dégrossis, peu raffinés, mais en réalité on ne sait strictement rien de ce qu’ils pouvaient éprouver, ressentir, souffrir et par conséquent de leur état d’âme, de leurs joies et de leurs peines. Orgueil des modernes, qui croient qu’avec leurs automobiles ou leurs smartphones, ils transcendent l’espace et le temps et sont des dieux ou pour le moins leurs égaux. Ils méprisent largement alors tout ce qui ne brille pas comme eux, sous leurs beaux habits, et le luxe qu’ils gaspillent.

Assis sur des montagnes de livres, ou des tas d’or, ils écrasent la vie humble et simple, ils pérorent sur les ondes, dans les ministères, au sommet des tours vitrifiées, imposant leur règles du jeu morbide.

Même les religieux qui passent pour si bon et pieux. Parce que, sauf preuve du contraire, nul dieu ne se présente plus parmi nous. Ne se présentent que des horreurs en masse élevées au rang de nécessité, comme des élevages en batterie de pauvres anges-poulets, simple illustration d’un modèle concentrationnaire des êtres vivants qui, dès que nous en faisons connaissance s’avèrent affectueux et bien innocents, adorables à leur échelle.

Qu’est-ce que c’est que cette saleté imprégnant donc les mentalités, fabriquant des dogmes, des obligations vestimentaires, des murs infranchissables où souffrent tant d’âmes humaines et animales, toute la terre même, ou pour préciser l’image, la Mère et par conséquent le Père, Être indissociable.

Je crois que nous sommes face à un choix. Soit nous voulons vivre, soit nous voulons mourir. Rien n’est imposé. Le mort ne rencontre que du mort, ce qui n’est pas grave. Le vivant rencontre le vivant.

Il s’y tient. Et là, il trouve ce vivant adorable et en redemande jusqu’à plus soif, même en des lieux reculés du passé. C’est sa façon de voyager…

Il y a dans l’évangile de Thomas des magnifiques énigmes. Tout comme dans de nombreux textes. Mais de ces mots nous ne pourrions en faire des religions, des objets de croyances, sans tromper grandement ceux qui avalent ces mots sans que cela suscite en eux un sentiment fabuleux du Mystère.

Alors, dans ce monde paumé, qui nous trompe énormément ?

le plus vieux métier du monde ( suite )

Quand on ne dispose d’aucun outil on observe ce qu’on a sous la main, ce qui se présente et peut faire son office. Les cailloux ne manquent pas et même les silex prêts à l’emploi. Il ne fallait pas être un grand génie pour se servir.

Que les hommes abusèrent d’emblée de leur supériorité physique pour attacher les femmes ne fait guère de doute, connaissant la nature cavaleuse des belles amazones. Des moins belles également, mais expertes dans leur domaine. De là seraient nés le machisme d’un côté et la ruse de l’autre.

De là ces mythes du serpent s’insinuant dans nos rapports conjugaux mal conjugués.  Comme ceux-ci sont  génétiquement et culturellement transmis, ils se retrouvent intacts comme aux origines, et font encore polémique, divisant les frères en clans hostiles.

Cela peut sembler anecdotique.

Tiré par les cheveux ?  pourtant ce biface, cette pierre comme un Janus, a sûrement servi à quelque chose aux hominins en plus des guerres que les frères se firent de tous temps  et dont la guerre du sexe n’est pas la moindre, vu les enjeux et les fortunes que les hommes engloutissent pour se payer ces prostitués mâles ou femelles, ou se les aliéner dans des liens parfois douteux, drôles d’alliages, d’alliances et de mariages de fortunes et de fiefs.

Ce n’est pas pour rien que luxe et luxure sont mots jumeaux.

Sans tout cela nous serions restés paisibles comme des gorilles chastes, des orangs-outangs méditatifs,  ou des bonobos lubriques, comme des dauphins sensuels surtout joueurs.

D’ailleurs cette idée du Jeu est ancrée chez les hommes, plus que celle de jouissance à tout prix. Pour que la jouissance prit telle importance, ce fut pour oublier la souffrance.

le plus vieux métier du monde

Non, ce n’est pas ce qu’on croit. Ce n’est pas un métier. Le premier problème des hommes c’est de couper les cheveux, non pas en quatre. D’abord, trouver une lame, quelque chose de coupant, de tranchant, afin de se raser, d’endiguer le flot ininterrompu des tifs et de la barbe qui ne cessent jamais, même chez les morts. Tout cela sans arracher ni tirer femme ou ma thèse par les cheveux. Imaginez, ça pousse sans fin, ça s’emmêle et abrite toutes sortes de parasites, de saletés, de puces, d’odeurs nauséabondes. Impossible à sectionner sans outil précis. Les hommes, guère plus bête que les singes capables d’inventer casse noix, perches de pêche, outils divers, ont sur toute la terre fabriqué ce biface de silex tranchant, dont personne ne connaît l’emploi exact, sauf que des thèses s’opposent.

Les hommes n’avaient rien de coupant sous la main de façon immédiate pour résoudre cette malédiction originelle, qui ne frappe nulle autre espèce animale.

C’est un peu comme les lapins. Si ceux ci ne passent pas du temps à ronger quelque aliment dur, leurs dents croissent et finissent par les entraver. Bref, si nous étions démunis de lame nous serions empêtrés dans nos poils, comme nous le sommes actuellement avec les algues envahissant les îles, ou les plastiques débordant des usines dans les mers.

Sauf que ces phanères nous collent à la peau, de même que si nous ne pouvions nous couper les ongles, cela deviendrait des griffes nous meurtrissant, nous blessant les pieds et les mains, cela horriblement.

Il est tout à fait possible que les premiers hommes furent très doux, mais nous étions surtout très nus à cause de cette couverture pileuse surabondante. Handicapés par notre corps. Le biface existe depuis des millénaires, et est universel chez les hommes. Est-ce que ce sont les écailles qui furent employées, ou le biface lui-même qui le fut ? Comment savoir et trancher ? Il est possible aussi que cet outil premier put servir d’arme. Mais cela suppose que de doux les hommes devinrent méchants et violents. Tout cela ne cesse de surprendre, si on compare les humains avec les primates qui sont très affectueux, mais ne sont pas affectés par ces problèmes de pilosité.

Il semble évident que le passage de doux à violent n’est pas évident. Surtout dans un monde assez cruel avec ses bestioles armées de crocs et de griffes, ses trompes et autres défenses, de mammouth exterminés.

Pourquoi ?

les nombres distraits

Le nombre n’a pas d’existence propre, il n’en possède qu’en notre esprit, cerveau ou conscience, ou sur nos doigts quand nous comptons dessus. N’ayant pas d’existence, il n’a pas de sens en lui-même, il n’a de sens que celui qu’on lui donne, comme un outil incontestable. Pourtant tout ce que la science déploie est fonction des nombres, des grandeurs, des volumes, longueurs, poids, vitesses, dans des séries infinies d’équations, de relations qui se veulent objectives, alors qu’elles ne peuvent en dernier ressort que se trouver dans le mental de ceux qui posent leurs calculs, qui en tirent des résultats, et des applications, effectivement rendues objectives et probantes, si on veut. De ces effets pratiques on déduit une réalité objective aux nombres et quantités. À qui l’on donne un pouvoir d’efficience, mais ce ne sont pas eux qui rendent le monde et les phénomènes objectivement vrai, ils montrent une possibilité.
En dehors des nombres, les choses n’ont de réalité objective que leur matière et leur esprit, tout cela leur conférant du sens. Orientant le mouvement. Les nombres ne sont que des entités fantômes dont nous nous emparons pour générer de l’objet, et leur assigner un sens. Engendrer un modèle et une matérialité particulière.
Certains rétorqueront que le réel contient des dimensions, des structures, des nombres, comme le rayon du cercle, et des constantes telles que Pi, ou le nombre d’or, ayant une réalité incontestable, et déterminant l’ordre des choses. Distance de la terre au soleil, position d’un électron sur son orbite, masse critique, nombre d’Avogadro, comme des réalités incontestables. Comme si les nombres étaient la grille qui autorise la lecture de tout ce qui existe.
Il y a donc un paradoxe absolu du réel, entre l’inexistence du nombre en soi et l’existence qu’il produit des phénomènes en eux-mêmes. De là à attribuer aux nombres une vertu magique créatrice objective, c’est limite. Ce ne sont pas les nombres qui sont créateurs, ou facteurs de ceci ou cela, mais ils ne se peuvent pas sans eux. Ils n’ont de valeur que d’outils entre les mains d’acteurs. Comme ils n’ont pas d’existence il n’y aurait aucun problème, aucune conséquence à les employer ?On peut tout grâce à eux, mais on peut aussi faire très mal, ou très bien. Dans ce sens, la science est neutre, et la nature semble indifférente aux usages qu’on fait d’elle.
On peut très bien, par exemple, produire des machines encore plus monstrueuses, construire des immeubles encore plus gigantesques ou miniaturiser les systèmes de plus en plus. Ces usages vont nous restituer du sens.
Il peut y avoir un abus, et ceci nous touche de près dans nos existences qui en deviennent dépassées par tous les excès manifestes. Et la puissance. Armes, machines, moyens de communication, fortunes inimaginables, comme si tout était possible.
Impression étrange que le modeste homme est réduit à rien. Pris entre des mains assignant un sens sans considération de la personne et de son éventuel destin. Étrange savoir ignoré des savants désormais, comme si la méga machine fonctionnait toute seule, sans possibilité pour un seul de décider de quoique ce soit, mais devant se plier à tous ces modèles.
Dans la mesure où c’est le possible qui donne la mesure. Système bouclé. Système insensé.
C’est un piège conceptuel, un piège de la liberté. Les nombres ne nous laissent nulle liberté et nous autorisent tout.
La question serait de savoir ce que nous allons trouver en fin de parcours, comment allons-nous nous retrouver, dans quelle essence ? Nous ne sommes pas du tout nés des nombres. Rien, nul animal, nul être n’est réductible à ses suites de nombres, même s’il les contient virtuellement, si des nombres en composent l’architecture, même si l’univers est bâti sur les nombres. Ce ne sont pas les nombres qui manient la truelle.
Le nombre est seul identique à lui même. Nul objet n’est identique ; il n’y a que l’un qui soit absolu ment identique à lui-même, comme une œuvre d’art. Œuvre unique.
Ceci n’est peut-être pas très important, au fond.

De tout cela, nulle raison ne suffit.

Domestique

Les études en anthropologie nous montrent comment les choses ont évolué, dans quel sens elles sont allées. Si on peut appeler sens ce qui est insensé, dément, atroce. Songez donc aux premiers hommes assez libres, forts, mobiles, connaissant un nombre impressionnant de plantes, et de moyens de subsistance au sein des milieux qu’ils occupaient, se portant généralement plutôt bien, ne proliférant pas excessivement, conscients de la mort et de la maladie, en somme des sociétés heureuses, véritablement vivantes. Ils chevauchaient sur les plaines et les montagnes, ils nageaient, ou naviguaient sur des radeaux de bambous ou de paille, toujours en osmose avec les milieux. Homme et Nature confondus.
S’il pouvait leur être montré l’image de notre civilisation d’hommes domestiqués, assignés à des tâches incroyables de gens rivés à une tâche unique face à une machine, à longueur de journée, puis devant trouver un temps de repos, un sommeil difficile à atteindre sans somnifère, des hommes sujets aux angoisses, des cités gorgées de fumées et de bruits, des prisons remplies, des hôpitaux pleins à craquer, des boites-usines, où les gens redemandent leurs chaînes pour pouvoir survivre, eh bien ces barbares non domestiqués, ces nomades réels archaïques pourraient tomber des nues face à ces spectacles horrifiques, qui nous semblent normaux.

C’est peu de dire que le monde est mort, dans ces conditions. Par opposition à ce qui est monde vivant, monde naturel. Nous perdons la Nature, nous perdons notre humanité. Nous perdons notre humanité, par conséquent nous perdons notre nature, et ce qu’elle recouvre, comme Vie.

Ne pensez pas qu’il y a quelque chose de bien dans ce mouvement de domestication des hommes à leur chaînes, pour un salaire ou une fortune ou un confort augmentés. C’est uniquement une perdition. Une disparition programmée de l’Homme, s’il ne se réveille pas et ne renverse sa vie.

Il y a quelque chose de terriblement pernicieux à la base, ou un sommet qui n’est pas cru, pas perçu. Par conséquent il n’est pas intériorisé, et nous sommes dans une pauvreté totale de Sens.

Tout le monde peut arguer que ces esclavages ont un sens caché, une liberté secrète, sont un sacrifice pour ceux qu’on aime, et pour lesquels on produit toutes ces choses et modèles de civilisation. J’ai du mal à accepter cette idée que le mal dans ses profondeurs soit pour sauver quoique ce soit, nous nous y enfonçons de plus en plus, nous perdons les lumières et l’obscurité devient totale. On s’étonne que la haine ressurgit. On juge ensuite cette haine comme criminelle. Sans voir ce qu’elle signifie de dramatique, et de lutte face à la mort et au néant.
Non qu’il faille admettre le crime et la haine, mais renverser son flux noir. Ce qui est très lourd à porter pour celui qui agit dans ce sens et sauve le perdu, l’âme plombée dans sa nuit.
D’où cette pensée christique.
Il s’agit donc de plus que de parole ou de textes, plus que toutes théories savantes où il s’agit de soutien dans l’être, au bord de son anéantissement. Dites qu’il y a du savoir inclus dans ces questionnements et ces réponses appliquées aux êtres vivants, et non seulement des hommes, mais à cet ensemble vivant et terrien.
Pour l’heure nous ne pouvons encore toujours pas agir au niveau au cosmos en entier. Heureusement, parce qu’avec cette mentalité démoniaque, nous assisterions à un néant absolu, plus concevable que nous pourrions le croire de prime abord.
Disparition du sujet, fusion de l’objet dans celui-ci, réduction de tout atome à zéro. Mise en abyme absolu de l’être-poussière.
Suis-je fou de penser cela : Penser que certains hommes croient qu’il est meilleur s’il n’y avait rien plutôt que quelque chose. Croyance que dans le rien toute souffrance est effacée. Tout mal serait effacé de même que tout bien qui donne au mal sa puissance. Ou que dans le néant seul tout serait parfait. Ne pouvant plus subir naissance et altération, doute ou effroi, angoisse, etc.
Cela commence par quelques signes avant coureurs, un homme qu’on assassine, puis un peuple qu’on extermine, et des armes qui prolifèrent, une mort programmée de la terre, ou du moins pour le cas où elle ne voudrait pas se plier à ces injonctions terrifiantes d’un pouvoir absolument parfait. Dément dans sa volonté de puissance.
Je me demande ce que le Christ vint faire ici si ce n’est pour nous ramener à la vie et à la sagesse, à la raison. Et même pour sauver aussi la Maison Éternelle des Dieux, des Anges et Archanges. Avec lesquels nous sommes forcément reliés, puisque nous sommes ces êtres-là, une fois que nous passons le seuil.
J’ai bien conscience des contradictions et faiblesses de ce qui précède. Du manque de présence effective des entités divines et de transcendance qui ne passe pas par les mots, ces tentatives boiteuses d’explications qui ne disent rien au fond, et ne disent pas mieux qu’une bouche.
Bouche monstrueuse de Moloch. Silence. Cri.
Délivrance attendue et espérance. Ce n’est pas celle-là qu’il faut ouvrir. Porte des cieux qui doivent s’ouvrir. Lumière.

redoutable doute

Ce qui pourrait légèrement modifier le cours des choses tient à bien peu de choses en vérité. Cela ne demande pas des efforts surhumains, ni à des aménagements techniques, économiques ou politiques décidés en haut lieu, cela ne tient qu’à nous, à la base. Mais dans leurs principes les bases sont largement faussées. Il couve toujours une part d’ombre, difficile à détecter.

Prenez le moindre fait divers. Analysez le. Voyez où se trouve le mal. Là vous ne pourrez plus porter de jugement aussi catégorique sur ce qui l’engendre. Le mal se sert du bourreau, qui tient sa main sacrificielle et effectivement terrible. Ceci ne peut pas être racheté par la condamnation, sauf si nous étions Dieu.

Le monde se croit innocent dès lors qu’il trouve un coupable.

C’est le monde qui est mal, avant la personne. C’est le peu de bien commun qui cause du malheur dans le monde, c’est cette absence de mise en commun de tous nos biens, qui est facteur de toutes ces divisions, déchirures et fêlures en conséquences. Aggravant les situations et les désordres dans le monde, pris dans sa boucle d’enfer.

Certains pensent que les maux peuvent se résorber avec des positions d’élus, de sièges pourvus, pourvus qu’ils soient porteurs des bonnes étiquettes et des programmes ad-hoc, mais à mon sens c’est insuffisant si n’entre pas en jeu une dimension de conscience et de reconnaissance des uns et des autres, tendus vers une finalité jamais écrite de façon stricte et fermée, mais qui doit en premier lieu être comprise et lumineuse pour tous, sans exception. Irrationnelle si vous voulez, ce qui suppose de dépasser les niveaux des apparences et des plans concrets dans lesquels nous baignons en croyant qu’ils sont les seuls, et seuls à être porteur de sagesse, ou de vérité.

Par exemple, le communisme politicien, est aussi aberrant que la capitalisme en place, ou les mensonges d’un libéralisme. Par contre tout pourrait être vrai dans un communisme conçu à la base, non pas comme unique mise en commun des biens matériels mais comme mise en commun de tous les biens et des pensées. Ce qui refonde les liens entre nous, et élimine les murs et autres jugements moraux aveugles.

Tout n’est donc qu’affaire de Parole. De Sens retrouvé de celle-ci qui puisse se diffuser sans qu’a priori nul ne sache de quelle bouche elle provient, puisqu’elle est à tous, et qu’elle a des effets salvateurs, ne condamnant rien, mais laissant la Justice divine opérer.

Mais là, je vois bien que peu d’entre nous sommes capables d’aller jusqu’au bout de cet Esprit des choses. Je mentirais si j’affirmais que cela est totalement évident, alors qu’il faut à chaque épreuve faire acte de foi, et chasser tous les doutes qui nous font reculer, comme face à un serpent redoutable.

Voyez donc. Si cette parole pouvait circuler librement, combien les systèmes pourraient changer et se mettre en place des organisations qui correspondent. Et non l’inverse, c’est à dire organiser les systèmes, si la parole et la pensée ne sont pas clarifiées.

Il y a un ordre qui doit être respecté.
Respecté ne veut pas dire imposé par arbitraire, mais qui s’impose de lui-même sans que nul ne le force.

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