Dernière bulle

Que de bruits et de mots pour ne rien dire.

Ah au moins, quand il y a de la beauté ou du style, de l’élégance et de la tenue, des sourires, et que nous nous regardons sans l’ombre d’un doute ou d’une suspicion. C’est comme si nous étions dans le même bain tranquille, au lieu de se sentir pris dans la désolation, et l’amertume, tremblant de froid.

Tout ça pour des os que les hommes se disputent, des lambeaux de tissu, des vanités effroyables, parcourant les réseaux comme des trames de mensonges, cousus de fils qui ne voient même pas leur imposture, et aggravent les malheurs du monde sous des costumes gris et empesés d’autorités fausses.

Chacun pour soi est la loi, quand le donnant-donnant n’a plus aucun sens.

Tout est vol. Vol des corps, des biens, toute est convoitise et méfiance, soupçon légitime à cause des masques posés sur l’amour. Du vivant il ne reste rien que des tentatives d’oubli pour tous ces jours que nous avions à mourir sans fin jusqu’au dernier parti en incinération.

L’argent, le don, le talent
quelle arnaque
créateur de bulles qui éclatent
dans ce monde dément.

Elle et lui
deux filaments de soie
se penchent l’un vers l’autre
et leurs regards qui se croisent
sont l’épée qui traverse la nuit

Où il est question de coupable parfait.

Le pouvoir, l’ordre, les deux pouvoirs exactement, temporel et spirituel. Chef d’état, roi, empereur, patron, et de l’autre côté, pasteur, pape, pope, gourou, etc., ces deux pouvoirs sont effectivement entre des mains d’hommes. Et les femmes y obéissent, et soutiennent cet ordre des choses, ayant une part active, soit par soumission, soit par intérêt. Leur rôle est loin d’être neutre. Il est plus invisible que celui des hommes mis en avant, ayant ces pouvoirs de décision. Emprunter l’habit de ces mêmes pouvoirs, conserve le système. La parité n’y change rien, c’est la même machine mise en place. Strictement la même orientation des choses décidées. Des propriétés, des droits, des morales.

La différence entre une homme et une femme, tient au fait sexuel. Et à celui de la génération. De la décision de s’accoupler, et donc d’engendrer. Ce n’est pas l’homme qui détient ce pouvoir là. On ne peut contraindre l’amour. Où alors on se trouve dans le cas du viol de la femme. L’homme outrepasse ses droits, et réduit la femme à l’objet, à rien par conséquent. Il s’ensuit que l’homme se réduit à rien du même coup. Ou à un rôle secondaire dans la génération. Il n’est que l’élément minuscule de la fécondation. La mère occupant le champ entier de l’amour, de l’innocence, de la pureté offerte, essentielle, du nouveau né. Né de la culpabilité et du désir, des amours mélangés . Né du péché, de la faute, et de l’innocence. Ou de ces ensembles qui jalonnent les existants.

Nul adulte ne pouvant prétendre être Amour pur. Ou amour parfait, sans mentir. Chacun connaissant parfaitement ses parts d’ombres, ses désirs secrets, ses envies, jalousies, ses hostilités, rejets, dégoûts, et désordres intérieurs. Bref, ce qu’on nomme fautes ou culpabilités, conservées dans le secret de son cœur.

Si on examine cette réalité de la culpabilité, c’est le lieu insoutenable de la honte. De sa propre chute qu’on ne peut que vouloir racheter d’une façon ou d’une autre. C’est le face à face avec soi-même, qui fait qu’on puisse s’accepter ou se rejeter, qui nous rend un miroir de nous mêmes supportable ou non. Nul ne peut vivre avec un sentiment de faute. La faute, c’est mortel. Cela ronge. (Pourquoi Narcisse est mort ?)

Voilà pourquoi on aime son fruit innocent. Et on aime rarement la culpabilité chez l’autre. Du même coup on ne l’aime pas avec ses fautes si visibles.

De ces réflexions à demi-vraies, il en ressort cette idée que le couple est toujours pris en défaut. Chose très difficile à racheter du fait que nous trimballons nos défauts et que nous les assemblons dans nos familles et dans nos couples en rejetant toujours la faute sur l’autre. De cela, naissent des violences. Des enfants victimes écrasées, des femmes battues, la brutalité s’exerçant comme réponse à ces désamours, comme une transmission génétique des temps originels.

Ignorant la Raison du temps. Et sa finalité.
Autrement dit : ignorant le pouvoir temporel et le pouvoir de l’esprit. Dans cette ignorance fondamentale, nous laissons la place à des puissances négatives, c’est ainsi.
Nous en constatons les deux faces négatives et oppressives, le côté diabolique des phénomènes.
Perdant de vue l’autre côté, l’autre face angélique ou d’ordre divin, le temps devient chaotique, ou très bordélique.

Voilà pourquoi, de temps en temps, se rendre sur l’autre face du monde, y déposer ses pensées, selon ce qu’on appelle ses prières, fait vraiment du Bien. Cette autre face se trouve aussi au fond du puits, l’universel acceptant les deux extrémités.
Faire du bien, c’est à dire que nous y retrouvons une part de notre pouvoir personnel ne s’exerçant que sur nous-mêmes et rayonnant. Sans contraintes.

Là, on aurait évacué la part négative. Donnant lieu à toutes ces révoltes légitimes par ailleurs, mais butant sur un mur terrible.

Un mot d’amour à ses enfants anarchistes.

Ils disent ni dieu ni maître. Ils ne veulent obéir à rien ou à quoi, sans savoir qu’il est impossible de vivre sans suivre quelque chose, ou obéir au moins à sa conscience, ou à un but, ou un objet qui n’est pas défini, ou encore à la nature, ou à la raison. Or rien de tout cela n’est défini de façon radicale, définitive, et qu’on ne sait jamais. Est-ce l’individu qui doit primer sur le collectif, ou le collectif sur l’individu ? Et au sein de ce collectif, s’il y avait des parts d’ombres, d’intentions non exprimées, d’intentions sournoises et cachées, d’erreurs admises comme vérités, d’ignorances qui ne peuvent pas ne pas être, de défauts ou de faiblesses, de fautes commises, qui ne manquent pas de produire leurs effets, si tout cela n’était pas pris en compte, cela ne peut que dégrader les meilleurs systèmes et organisations. Qui finissent par se disloquer ou se crisper dans leurs certitudes, voulant s’imposer à leur tour. Néanmoins, il faut toujours aller de l’avant dans ses projets, et ne pas se sentir paralysé par la tâche qui se présente.

Le plus difficile étant ce fait simple de rendre meilleur le monde. Ou de rendre meilleur le mauvais sans devoir le tuer, sans faire mal à son tour. Mais le renverser sans le connaître, sans savoir non plus ne donne rien. Il n’est nullement question d’admettre les actes mauvais de ses ennemis. De ceux dont on pense qu’ils sont dans le mal et font mal, ce qui tombe sous le sens, ce qui est évident, comme font les violents. Ou les riches ou les puissants lésant, blessant, privant de vie les plus modestes. Tu peux dire non à tout ce qui te tue, et du même coup tout ce qui opprime le gens. À toutes les formes de sexisme, de racismes, spécismes, toutes formes inhumaines qui séparent les hommes. Et en sens inverse dire oui à tout ce qui unifie les hommes, les rassemble. Voilà pourquoi les hommes cherchent un lieu commun. Une pensée commune et une union.

Mais songe que de l’autre côté c’est exactement le même processus.

Que ceux qui sont dans l’autre sphère à laquelle tu t’opposes ont aussi leurs raisons, leurs motifs et leur conscience leur dictant ce qu’ils en perçoivent, se fondant sur des principes qu’ils admettent, et pour lesquels ils se battent. Évidemment ils font mal. La balance, le rapport de forces étant toujours du côté des plus violents, des plus féroces.

Tout se passe comme si les féroces avaient été un jour des gens victimes de violences et qui ont renversé la situation à leur avantage, et par conséquent ne veulent pas être vaincus à nouveau ou retomber dans la situation des êtres dominés et vaincus. Comme on dit, malheur aux vaincus. C’est le cercle vicieux de l’histoire.

Il faut aller au bout de sa conviction. Un anarchiste ne peut pas vouloir le pouvoir politique, gouverner les autres hommes, leur imposer quoi que ce soit. Il ne peut pas non plus subir, et demeurer esclave des conditions extérieures, mais entre les deux, pour ne pas subir il doit savoir se défendre, et pour se défendre il doit savoir aussi imposer sa loi, et que celle-ci ne soit pas issue d’un arbitraire mais qu’elle soit juste.

Alors voilà, ni dieu ni maître mais qui donc nous indique la loi juste dans un monde criant d’injustices ? Crier l’injustice révélera til le juste ?

Obéir à la Terre, à la nature alors que nous sommes totalement plongés dans l’Artifice ? Obéir à la Science alors qu’elle est entre les mains de savants qui au fond ignorent tout, et ne peuvent qu’ignorer le tout, vu l’immensité de ce tout, l’infinité des liens et relations, ce qui relativise leur savoir, et ne peut en aucun décider pour l’ensemble. Obéir à des religieux qui sont exactement comme des savants, érudits en textes et en sagesses, en prophéties, mais qui sont tout autant dans l’ignorance des phénomènes réels, de ces domaines précis des esprits et de l’esprit, écrit nulle part ? Mais ne se privent pas non plus d’imposer leurs voies au même titre que la science impose ses techniques et autres innovations au services des puissances.

Dans tout cela, il en ressort une chose évidente, et dramatique, c’est le fait des peuples victimes de leurs faiblesses. Le monde ne vivant plus que sous un rapport de forces, un affrontement.

Ce n’est pas un jeu sur lequel on peut parier. Ou alors la vie est un Jeu, un grand jeu dont nous sommes l’enjeu.

Il faut dans ce cas avoir les meilleures cartes en main. Et pour cela il faut se les donner. Recomposer le jeu en distribuant les cartes, ne pas se faire déposséder de celles qu’on a reçu. Entendre, échanger, de là il en sort toujours de la Vérité. Cette dimension verticale qui émerge de l’horizontalité.

Nous pouvons aussi obéir à nos désirs, mais cela demande une certaine prudence, par le feu qu’il contient.

Il reste un peu d’Amour dans le monde. C’est sans doute à cela qu’il convient d’obéir et de suivre.  N’oubliez pas que les méchants se revendiquent aussi de cela, sous ces vocables Autres, venus d’horizons divers et variés, et que leur foi n’est pas plus infondée que la vôtre.

Quel espoir

Comment un ensemble clos peut-il se maintenir en lui-même, tout seul, indépendamment d’un système plus grand ? Il ne peut qu’exploser, éclore, ou imploser, se corrompre. Un système clos est toujours ouvert vers un autre système inférieur ou supérieur, plus petit ou plus grand. Vers un haut ou vers un bas. Lequel des deux va l’emporter ? Comment savoir ce qui est élevé ou ce qui est bas ?
Cela présuppose de connaître l’orientation des choses, et ce vers quoi les choses et les êtres doivent tendre. C’est cette idée d’un bien, jamais défini. Cependant nous le savons tous, selon les souffrances ou les joies.
Ce monde est en révolution, comme une lutte mondiale, assez violente. Pour quel monde, quel modèle ? Que va t’il advenir ? Ou que va t’il en sortir ? Parmi tous les peuples, nations ou états qui luttent en eux-mêmes ou entre eux, que va-t’il se dessiner comme futur viable pour toute la terre ? Viable, c’est à dire vivant, pérenne, libre et ouvert sur des horizons connus, et non sur un abîme et une mort. Tu peux quitter la terre en sachant qu’elle est sauvée du pire, et que tes enfants auront simplement à vivre leurs jours sans que cela s’empire et succombe dans l’irrémédiable.
C’est pour cela que nous devons savoir en quoi consiste le réel, cet ensemble mêlé de raisons et d‘irrationnel, de subjectifs et d’objectifs, de nécessaires individualité et collectivité, d’horizontalité et de verticalité, homme vertical, ensemble horizontal de toutes ces verticalités, ou penchés, peu importe. Sans que l’une l’emporte sur l’autre, le tout formant une croix. Ou une étoile, à plusieurs branches. Croix lumineuse en chacun, autorisant la mise en commun des points de vue, des perspectives, sans trop de divisions, ce qui fait que l’ensemble se tient sans besoin d’alimenter des conflits.
Mais il est bien entendu que cette croix n’est pas signe de mort, mais signe de vie. Que c’est comme l’univers étoilé, en mouvement et en repos.
Sans cela, l’espoir disparu, rien ne se présente devant nous.

Dernier round

Ce n’est pas l’Europe qu’il faut sauver, ni le climat, c’est la Terre. Le moment que nous vivons est grave à tous les points de vue. Que sommes-nous dans cet instant décisif ? L’humanité est une entité Une. Rien n’est fondamentalement séparé. Si un homme vit le monde vit. Si un seul meurt tout le monde meurt. La guerre semble être encore le moteur du monde. Ce n’est pas une apparence si l’on en croit les usines d’armements florissantes et les chefs d’états qui bombent le torse comme aux temps barbares. Si le chimique est un désastre pour le biologique les armes le sont davantage. Mais ces armes ne fonctionnent pas en dehors des hommes qui décident d’exterminer.
Puisque c’est crucial pour la survie de la civilisation – nous dit-on – pourquoi serions-nous tenus d’avoir des projets guerriers vis à vis de n’importe quel autre peuple du monde ? La civilisation serait un mensonge ? Elle n’aurait eu comme finalité que d’accroître sa puissance dans le monde en faisant croire aux citoyens que la guerre n’aurait plus lieu du tout en dedans, entre nous, d’une part, mais ce qui est mauvais entre peuples européens serait bon et favorisé en dehors, contre les autres.
Ce qui veut dire que l’humanité se divise en plusieurs camps au lieu de se sentir un destin unique. Pourquoi cette division d’un être Un initialement en une multitude déchirée ? La question des facteurs qui nous divisent est du même ordre que ceux qui nous rassemblent.
Le serpent est toujours tapi sous les apparences. Langue de vipère, mots hypnotiques, doucereuses paroles, insinuations, Etc. Tous les rôles se trouvent sur scène dans ce théâtre magique-religieux. Rôles ou masques. Possessions, envoûtements. Le mot n’est pas abusif. On est tous possédé par quelque chose de plus grand que nous. Un bon ou un mauvais esprit, qui est la base de la morale.
Le mal a un rôle à jouer, mais nous ne le confondons pas avec le bien. Nous n’avons pas à céder à ses injonctions en faisant mal à notre tour, en disant ou pensant mal. Ce qui peut sauver la terre par conséquent tient à cette volonté de ne plus succomber. Cela relève de toute l’humanité, et non seulement d’une tête. S’il y a une tête, c’est parce que nous l’avons voulue.
En d’autres termes, le mauvais ne tient pas à sauver la terre. Il a d’autres projets, d’autres intentions, incluant sûrement une démence. Il ne tient pas plus à sa vie qu’à celle des autres. De ce fait là, il passe inaperçu.
Nous, la seule chose en notre possession, c’est la reconnaissance. Par là, nous devenons une humanité une et vivante.
Nous pourrions jouir de tout. Ce n’est pas encore ça.
Ce monde, pourrait-on dire cette Bête, essaie de tromper son ennui en s’agitant partout, dévorant, avide pour remplir son vide, faisant croire à l’obligation de ces besoins, et des plaisirs qui en font le sel, tout cela procède d’une profonde stupeur face à l’abîme.
Ne pouvant supporter ce vertige qui s’exprime dans la puissance des éléments, et l’immensité, nous nous créons des espaces repérables, des constructions comme si nous n’étions destinés qu’à cette demeure et rien qu’à celle-ci.
Comme si le tout n’était que dans ce temps d’existence et que nous devions par conséquent multiplier les saveurs de ce temps qui nous est accordé et jouir à fond.
Les hommes sont surpuissants, enfin se pensent tels, et engendrent des monstres, des machines, des immeubles, des médias, des institutions comme des prisons, pour soumettre les êtres de la nature.
Violence et barbarie des civilisations.
Barbare, cela veut dire étranger. Nous demeurons étrangers à
la Vie et à la Vérité. C’est le mensonge qui règne et écrase tout sur
son passage.

Ces trois fois rien qui nous angoissent

S’il n’y a plus rien,
plus rien entre nous, entre eux et nous,
entre les vivants et les morts,
entre elle et lui,
en moi, en toi
s’il n’y a plus rien en Nous,
parce que le Je n’est rien, que la mort n’est rien non plus,
tout cela, comme si l’âme humaine était anéantie,
parce qu’il n’y aurait plus rien entre le passé et le futur,
entre le haut et le bas,
plus de lien entre l’orient et l’occident,
plus de lien plus rien.

Mais ce rien donc nous emporterait dans son néant.
Du néant rien ne sort.
Mais non plus rien de ce qui Est ne peut s’anéantir.
Mais ce qui n’est pas peut succomber.
Voilà, le sens du salut de notre âme.

Songez simplement à cela, si vous êtes mort demain, mort totalement, vous ne pourrez en aucun cas rendre ce monde vivant, voir ce monde-ci ou aucun autre. Tout ce monde serait mort.

Maintenant, ce néant à propos d’univers.
L’infini se propulse dans sa boucle ou en dehors ?
S’il n’y a pas rien, si l’infini est fini, où va-t-il ? Si l’infini est définitif, il ne crée rien ne rajoute rien, il n’y a rien à rajouter, rien à faire.
Autrement dit le créateur ne créerait rien. Tout serait créé avant lui. il serait un sacré fait néant, il n’aurait rien créé de toute éternité. Tout donc ne serait que vaste Néant.

L’être ne se crée pas à partir de rien, mais comme nous, a parfois affaire à des riens, dont il n’a rien à faire.

Rien n’est impossible.
même rien si tout l’est.
Pourquoi exclure ce rien ? Mais bon s’y pencher, non c’est nul, y tomber, c’est le pire. Le Tout inclut donc ce Rien en dehors ou en dedans. le Rien exclut Tout.

Voilà l’idée c’est juste signifier que le nihilisme, ce n’est pas top. Que l’insignifiance non plus, que n’être rien ce n’est pas ce qu’il y a de mieux, sorte de fantôme inexistant, et par conséquent qu’il n’y a que le haut qui nous élève mais à condition d’y avoir accès et de voir.

« Rien » dès lors qu’il n’y a nul être, nulle vie ou nulle âme, silence absolu ou dispersion dans un infini, sans lien, sans mémoire. Bref… sans réponse, un univers sans voix, un univers sans âme.

Laissez donc, ce n’est rien.

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