Réinventer la vie

Oh, rien, pas grand chose, retrouver les sources, le vent, ou la flamme, le pain, non pas pour se vautrer dans l’imbécillité des possessions, mais afin que nous nous sentions pleinement vivre,  aimants, délivrés des angoisses et des tourments, du plomb qui nous barre le chemin. Seul moyen pour endiguer cette mort qui nous colle à la peau et nous flétrit. Nos yeux alors dessillés, nous ne ferions plus de mal, nous n’ôterions plus la vue aux malheureux.

Question d’éternité

Si nous ne sommes que le fruit d’une organisation de plus en plus complexe de la matière, c’est à dire si notre conscience ne résulte que de cela, il semble bien évident et logique qu’une fois retombée en poussière notre conscience se dissout dans l’insignifiance la plus pure, nous serions comme une vague, l’impression qu’une forme émerge à peine dans le flux incessant des océans, allant fatalement s’échouer sur le sable. Ceci, peu réjouissant, ne donne guère envie de vivre. Certains dans ces conditions n’aspirent qu’à être une vague plus grosse que les autres et laisser des marques plus imposantes.

Quelque chose dans toute cette lecture de nos archéologies, histoires, de nos chemins parcourus, des évolutions, nous laisse un sentiment atroce de vide existentiel, que le monde cherche à remplir avec des leurres divers, de la puissance, des constructions qui traversent les millénaires, des objets envoyés dans le vide intersidéral, comme pour crier à d’autres que nous existons bien ici, oubliés de la totalité.

Que tout ça est pitoyable, au fond. Impliquant des actes sinistres. Comme si nous avions perdu quelque chose de fondamental et a fortiori nous-mêmes dans ce bal tragique.

Oublieux des enseignements des maîtres, nous aggravons notre chute. Ne prenant comme moteur que cette progression de la technique, de cette matérialité des choses, qui peuvent dès lors se substituer à notre chose, notre corps n’étant pas nécessaire, n’ayant aucune nécessité autre que de servir la progression des systèmes et des choses.

Si on prend le temps de réfléchir deux secondes à ce que nous sommes et sommes censés faire ici bas, cela se résume en de toutes petites choses, mais qui devraient être bien comprises.

Pour passer.

Si nous passons, nous devons nous retrouver. Le ciel n’est plus vide. Comme dit Rimbaud,  » elle est retrouvée, l’éternité » .

Étonné par ce fait fantastique des temps anciens quand les hommes disposaient de toute la terre à explorer, devant lutter pour trouver leur nourriture, affronter les éléments climatiques, effrayés par la puissance des volcans et du tonnerre, par la nuit et ses cris de fauve, par des montagnes imposantes, la mer impossible à apprivoiser, les froids qui les pétrifiaient, les chaleurs qui les faisaient fondre, et puis la naissance des bébés qui sortent miraculeusement du ventre des femmes. Il est pensable également que nous avions une toute autre conscience que la notre en l’état, du fait des perceptions totalement différentes des réalités. Et par conséquent les premiers hommes n’avaient comme ressources que de chercher en eux-mêmes leur origines, ce qui nous autorise à croire qu’ils conçurent de si beaux mythes, loin d’être idiots. L’éternité est également dans le passé.

C’est pour ça que…

Résoudre un problème sans se poser les questions fondamentales ?

Nous sommes comme des bricoleurs devant une machine compliquée inventée par des ingénieurs ayant rendu le système hermétique, et irréparable. C’est insoluble par nos seules connaissances. Comme si nous voulions lire un disque dur avec nos seuls yeux. Mais la machine dans laquelle nous sommes plongés, cet appareil technique, social, économique, etc, relevant des conditions ne sont pas Tout. Aurions-nous oublié en quoi nous consistons, et ce que nous aurions à accomplir ici bas ?

Rien que de dire le bas implique forcément un haut. Mais nous nous tenons ici, et ne songeons que très rarement aux autres dimensions extérieures, passées, futures ou parallèles, desquelles nous procédons, et qui peuvent nous ouvrir des voies, à condition de s’y ouvrir et de s’y pencher.

Tout cela, relève d’un ensemble de questions que nous ne nous poserions plus, pensant les avoir résolues, ou croyant qu’elles resteront à jamais sans réponse. Mais pourtant il y a toujours quelque chose qui nous interpelle dans les événements du monde et suscitent une foule de questions. mais qui relèvent des effets et non des causes et des fins.

Nous sommes en quelque sorte prisonnier de la terre et là, il s’avère que ce mot n’est qu’une représentation, et non pas son réel, dans le sens où nous ignorons les intentions secrètes contenues dans  la Terre, dans cet Esprit qui a ouvert et donné Vie et ordonné la Vie.

Sommes-nous bien vivant ou des morts en sursis ? je demande cela parce qu’il y a une relation étroite entre la vie terrienne et la notre, comme si nous étions indissociables.

Et puis que signifie être vivant, si nous ne trouvons pas ce monde vivant et empreint de beauté et de vérités ? Si ne se présentent à nous que des formes sombres nous désespérant, nous ennuyant de jour en jour dans nos moindres actes, dans nos relations, si tout est faussé et menteur ?

Dans ces conditions là, il ne resterait que le triomphe des violences, tout serait livré aux forces assassines. Comme un échec de l’Homme.

Voyez ce que cet échec implique à d’autres échelles si l’on songe que nous participons de cette totalité. Inclusion ou exclusion.

Comme quoi la vérité ne peut pas tenir uniquement sous cet angle Physique ni par la seule Science née des questions de Temporalité, contemporanéité, modernité, animalité, machination, etc.

Nature demeure la question. Tout comme Naissance. D’où sommes nous ?

 

Lassitude

C’est lassant cette ignorance volontaire. doublée de mauvaise foi , d’hypocrisie qui imbibe le monde comme s’il était bourré, tout ça dans un grand vide, une béance, et un grand plongeon final qui nous laisse muet

Et puis, il semble qu’au fond, les hommes ne veulent pas vraiment savoir mais ne rechignent jamais à garder leur pouvoir minuscule, leur petit confort intellectuel. La vérité, forcement est pesante, intransigeante, et peut nous effrayer, alors on se berce d’illusions et de rêves.

Avant de s’interroger sur dieu, il vaudrait mieux s’interroger sur ce que nous sommes et en tirer du sens, voir en quoi le mot est porteur de sens, au lieu du néant. et face à notre propre abîme, nous aurions droit à une sorte d’espérance, et de consolation, dans ce monde troublé.

Encore faut -il s’interroger et ne pas faire semblant

après la nuit

Il y a en plus de cette base économe, du temps retrouvé, des hommes qui se reconnaissent, ainsi qu’une conscience et un sentiment de vivre pleinement, sans les stupéfiants. Tout ceci, cette plongée dans son monde intérieur nous ouvre des horizons lointains. alors qu’eux ferment

C’est quelque part le sens de l’art qui se joue, ces millions de fenêtres intérieures, de voix, de signes qui donnent à penser et éprouver le vivant, comme phénomène inouï, et nous révèle à nous-mêmes les profondeurs à atteindre. au lieu de subir ces poids terribles des travaux
et ces misères organisées.

Chez les peuples qui furent nos ancêtres, il y eut toujours cet impératif de considérer le lieu, la terre vivante sacrée, les êtres qui la composent, et donc cette dimension de présence vivante en ces lieux dans laquelle nous nous incluons et qui est nécessaire à notre évolution

Mais depuis le temps que tout a été profané et volé, par des gens qui se disent propriétaires des oiseaux et des arbres, des eaux et des montagnes, méprisant les autres hommes et engendrant toutes les haines.

la noirceur du monde.

Le réel ignoré

Retrouver un peu d’équilibre naturel, redonner de la place à l’arbre, et à ses habitants, y trouver la nôtre parmi eux, afin de mieux nous connaître et se sentir plus calme dans le tourbillon des étoiles, enfin mieux penser. L’économie ne devrait pas être gaspillage ni pillage.

Sans doute avons-nous perdu toute notion de ce que nous sommes censés être et faire sur terre. Nous ne serons jamais vraiment satisfaits dans un monde uniquement orientés vers la consommation qui suppose des servitudes énormes pour ces mains qui produisent et n’ont pas leur dû.

Je lisais un livre sur les peuples indiens. La dimension de génocide est patente. Sauf chez ceux qui ont pu se sauver des violences des colons. Pour l’immense majorité d’entre eux, c’est une misère, tristesse effroyable, une grande perte pour l’humanité. Mais nous sommes indiens.

Tous les peuples de la terre étaient en contact étroit avec les éléments naturels, qui leur révélaient ses secrets. puis nous avons subi les faits de civilisation et de violence qui nous obligé à une adaptation dans la souffrance, mais nous avons beaucoup perdu du vrai, du réel

décroître n’est pas péricliter

Imaginons que les choses se renversent parce que nul ne marche plus dans la combine, ce jeu faussé ou injuste. Les prix de l’immobilier des grandes villes baissent, celui des terres également, on reprend notre économie en main, à notre échelle et dans les pays où nous vivons.

On commencerait par décroître, ce qui n’est ni décliner, ni entrer dans une récession ou s’appauvrir, on ne ferait que transformer nos relations et échanges et productions, on pourrait simplement redevenir plus proches les uns des autres, ce qui offre beaucoup plus que du salaire, dans la mesure où nous pouvons échanger autrement.

La croissance n’étant qu’une bulle en expansion ne menant nulle part, ne faisant qu’une prédation abusive sur les hommes et sur la nature, et dont on ne peut que constater les ravages, le terrible appauvrissement global malgré les chiffres qui voudraient nous prouver le contraire.

Nous pourrions passer à une autre civilisation, moins axée sur la quantité de choses négligeables, mais fondée sur des bases autrement plus profondes et réjouissantes, telles que le temps maîtrisé, la santé mentale et physique, la connaissance de notre planète et des vivants.
Autrement dit nous pourrions passer dans un temps où nous deviendrions cultivés. où nous saurions de quoi nous sommes composés, au lieu de n’être que des outils pour une machine qui nous écrase, nous exploite, nous abrutit dans des tâches absurdes. Bref, nous serions plus libres.

Petite note, du haut en bas de l’échelle, c’est l’esclavage, piège général. L’ingénieur, le cadre n’ont aucun choix, ils en sont réduits à perpétuer le système avec des artifices aberrants et piégeant, dans un cynisme qui forcément les écœure. Et pour laver leur conscience, avec quel or ou quel alcool ?
Le drame humain provient d’une perte des fins de même que celle de nos origines qui donnent du sens à nos existences. Errant, nous cherchons à côté, palliatifs à cette absence de réponse, de l’oubli pour répondre à cet ennui existentiel que l’on fait payer au prix fort aux faibles.
Et signe manifeste de tout ceci, le luxe qui s’affiche sans honte, la puissance des uns face à l’impuissance des masses qu’on mène toujours à l’abattoir.

Tout cela montre la déliquescence du tissu humain, déchiré en autant de voix qu’il y a d’hommes, incapables de s’entendre, chacun emmuré dans ses raisons.

Sur ce terreau fertile et décomposé, la dictature globale est en marche.

 

progression ou régression

Le progrès industriel exprime une régression par ailleurs, une amplification du vide existentiel et de l’humain. C’est logique, plus la machine croit, plus le vivant naturel décroît, dans cette division, pulvérisation des actions, rendues insignifiantes, nous dépossédant de nous.

Quand nous avions idée de marcher nous connaissions tous les pays traversés et leurs gens, le voyage avait du sens, en relation avec la vie sur terre. Désormais on consomme des cartes postales d’une ville semblable à une autre, d’un point à un autre point. Sans épaisseur le point. Tout comme dans un travail on en est rendu à n’accomplir qu’un geste minime, noyé dans un ensemble qui nous échappe.

Aller vite, pour remplir son vide, c’est perdre son temps, il n’y a qu’un temps à remplir, c’est celui de cette vie terrestre, selon son rythme, sa lenteur, son apparente immobilité qui nous autorise à découvrir les étoiles, et leur grandeur. Là, nous avons à découvrir l’inconnu.

Très général, tout ça…

%d blogueurs aiment cette page :