De quelle nature est la conscience

De temps en temps des pensées nous reviennent, non pas neuves, mais y repenser simplement. Comme par exemple, ce fait tout de même étrange, ce phénomène dit du big bang, d’où tout notre univers procéderait. Puis de proche en proche, dans un processus qui se compliquerait, se complexifierait de plus en plus donnerait naissance à de la conscience…
j’avoue ne pas adhérer à cette vision des choses, j’aurais plutôt tendance à penser qu’il fallût une conscience précédent le phénomène pour que celui-ci se manifeste. Sans doute fallût-il aussi que cette conscience soit distante du lieu où elle s’incarne, qu’elle soit en-dehors du système qu’elle mit en œuvre, mais là, ce n’est pas la conscience qui œuvre et se projette ou s’inscrit dans ces formes , ce ne peut être que des êtres déjà existants, hors du corps où ils opèrent.

Que peut-il y avoir en dehors des univers visibles ?

Mettons : Si nous étions présents avant le big bang, nous sommes encore quelque part présent dans cette réalité ou ce rêve, peu importe comment nous le nommons. Nous ne sommes pas là, soumis aux lois de la métamorphose et de la mort. Mais cette « entité » n’est pas nécessairement reliée à ce que nous sommes aujourd’hui, du moins pas de façon consciente. Il existe un lien subconscient ou inconscient. Ou alors nous ne serions de façon définitive uniquement identique à notre corps.

Bon, voilà l’idée des dieux. Dieux qui sont créateurs de Nature. Créateurs, dans le sens d’inspirer la nature, mais non pas en vue de finalité obscure, d’intentions troubles et destructrices comme les font les hommes, mais bien en connaissance de cause et de fin.

Ce qui reste toutefois toujours sidérant, c’est cette rupture effective entre le grand et le petit, entre la dimension de l’éternel, et le temporel.

Pourrions-nous imaginer qu’en ce petit où nous sommes se joue l’avenir du grand ?

Difficile d’assimiler esprit et conscience comme une seule chose. De même la Matière et l’Esprit. Il y a comme une distance entre ces deux mots, deux images en notre conscience.

N’empêche que nous sommes bel et bien retenus dans nos corps, ou plus exactement par nos corps, ayant vécu diverses métamorphoses et transformations, littéralement disparues dans les temps, mais qui auront effectué quelque chose de cette vie, de ces épreuves, du moins essayé de retrouver le fil qui nous conduit d’où nous venons, étant passés par le filtre de cette existence et qui sait, de plusieurs…

Là, il s’agit probablement de l’Esprit qui passe.

Passant, nous aurions une plus vive conscience de ce qui nous guette, des dangers et des issues, des moyens pour faire refluer les forces négatives, et voir en quoi celles-ci nous concernent directement et trouver les moyens pour remédier aux drames.

Double je

Tout le problème des hommes vient du fait que nous prenons nos corps comme une fin en soi, et non comme un moyen pour atteindre un plan plus vaste, plus élevé. Certes le corps est précieux, indispensable, c’est la moindre des choses qu’il se porte bien, et soit en harmonie, qu’il reste en forme et ne se détériore pas. Mais notre corps n’existe pas indépendamment de tous les corps, et de leurs accords dans le monde. Nous voyons bien que tous les accrocs qui se déroulent sous nos yeux sont vecteurs de dégradations et disparitions de la vie autour de nous. Comme si nous n’arrivions pas à endiguer les flots négatifs et cherchons toujours un responsable de tout cela. Or cette responsabilité est collective. Elle tient à la façon dont nos ensembles se tiennent entre eux. Dans la division, il s’ensuit que des forces malignes s’immiscent et aggravent les processus destructeurs et perturbateurs, nous sommes pris dans une mauvaise boucle, que nous cherchons à compenser avec d’autres artefacts et inventions, et systèmes qui se rigidifient et de temps en temps se renversent. Dans l’union, les choses peuvent sembler aller mieux, mais c’est également un autre possible piège. Tout est fonction de l’esprit qui anime cet ensemble, de la pensée qui la soutient. Si un Corps formant société agit selon le même principe d’une fin en soi au lieu de penser ce corps comme un moyen, les choses seront plus lourdes à modifier. En quelque sorte, c’est fonction de la philosophie dont se dote l’ensemble que les choses sont ou ne sont pas bonnes. Fonctions des représentations, des images et des croyances, et alors là, la partie est rude, l’inertie des groupes est forte. L’habitude, les mœurs, les langues, tout concourt à produire du sens, et le penser comme étant normal.

C’est parce que la vérité est délicate, et que la vivre est douloureuse. Comprenez, il faut dans tous les cas mourir. et accomplir ce pourquoi nous sommes, chacun ayant ses motifs propres, sa raison d’être, qui est loin de toujours résonner avec celle des autres. Et quand il s’agit de corps qui s’opposent à d’autres corps, des empires à d’autres empires,  des histoires à d’autres, tout cela sous des mots qui sont étrangers, il est tentant pour les puissants d’imposer un ordre unique, sur la base d’un consensus faible des multitudes, et de mener les troupeaux à la baguette, ou à l’abattoir.

Voyez, deux idées s’opposent dans le monde, seulement deux. Idée n’est pas le mot, entité serait plus juste, si on conçoit ce qui règne. Seulement voilà, l’idée de transcendance divine toujours conçue comme ne nous appartenant pas, et rejetée hors de nous, laisse la place vacante pour des pouvoirs autoritaires qui abusent bien de leur transcendance trompeuse, des masques en quelque sorte régnant par la terreur, la peur de perdre notre vie.

Tout ceci est donc une question d’identité, de ce que nous sommes et serons et avons été.

Quand je dis je, je parle d’un je bien au dessus de moi. Mais j’appartiens aussi à ce je double. Certainement différent du votre, et aussi qui vous ressemble, Parce qu’en ultime ressort il n’y en a qu’un qui nous réunit.

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